LGV Bordeaux-Toulouse : les collectivités opposées à un financement public-privé

Les collectivités engagées dans la réalisation du projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse ont martelé ce 21 janvier leur préférence pour un financement entièrement public. Lors d'une conférence de presse, la Société du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (SGPSO) a présenté les résultats de deux études confiées à des cabinets indépendants, Deloitte et FCL Gérer la Cité, comparant les hypothèses d'un portage exclusivement public et d'un portage de type partenariat public-privé (PPP). 

Pour la SGPSO, un PPP retarderait notamment une mise en service de la ligne à grande vitesse (LGV) de 18 à 24 mois. "Le recours à un partenariat public-privé serait un choix perdant et un mépris pour des populations entières", a jugé Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie, chargé des modes de transport. "La solidarité doit jouer, car nos territoires souffrent depuis cinquante ans d'un sous-investissement chronique", a-t-il ajouté.

Ces études ont pris comme postulat un chiffrage à 14 milliards d'euros, inscrit au plan de financement signé en 2022, mais contesté par le collectif LGV Non merci. Ces opposants disent que l'enveloppe a été estimée en 2020 et que les dépenses engagées depuis le début du chantier ont déjà dépassé de 10% le budget initialement prévu sur cette phase de travaux.

Comme devant les sénateurs en octobre dernier (lire notre article) Dominique Bussereau, qui a présidé la conférence France Ambition Transports, a plaidé dans un entretien au journal Sud-Ouest pour une ouverture du projet à des capitaux privés. "Si on veut avancer sur ces projets, il faudra faire appel" au PPP, assure-t-il, précisant que "sans l'intervention des financeurs privés, nous n'y arriverons pas."

"Opposer à ce chantier structurant l'argument des contraintes budgétaires pour justifier un PPP est un non-sens", lui a rétorqué mercredi dans un communiqué la présidente de région Occitanie Carole Delga, estimant qu'un tel financement public-privé "se traduirait par un surcoût faramineux". "Reculer sur ce projet serait une faute politique et climatique majeure", a-t-elle fustigé.

La ligne nouvelle Sud-Ouest (LNSO) doit relier, en 2032, Toulouse à Paris en trois heures et dix minutes, gagnant une heure sur l'itinéraire actuel. Un embranchement doit rallier Dax à Bordeaux en 20 minutes de moins qu'actuellement et, un jour, permettre des liaisons directes avec l'Espagne.

 

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