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Transports - LGV Lyon-Turin : un appel des parlementaires pour des "avancées concrètes"

Comme nous l'avions annoncé le 6 novembre (lire notre article ci-contre), les parlementaires concernés par le projet de tunnel ferroviaire Lyon-Turin se sont réunis au Sénat ce 7 novembre pour lancer un appel aux chefs d'Etat et de gouvernement français et italien leur demandant des "avancées concrètes" lors du sommet franco-italien du 3 décembre prochain à Lyon. Ils réclament à François Hollande et au président du Conseil italien Mario Monti de "procéder dès que possible à la ratification et à la mise en oeuvre de l'accord" bilatéral signé le 30 janvier 2012 à Rome, permettant le lancement des travaux définitifs de la ligne à grande vitesse. Celle-ci vise à diminuer de moitié le temps de trajet Lyon-Turin, qui se fera en 1 h 30, et à mettre Paris à 4 heures de Milan contre 7 actuellement. Elle est aussi considérée comme un "maillon-clé" du corridor méditerranéen s'étendant du sud de l'Espagne à la frontière ukrainienne et figure dans la liste restreinte des projets prioritaires du réseau central européen pré-identifiés par la Commission européenne pour un soutien fort sur la période budgétaire 2014-2020, ont rappelé les parlementaires.
L'accord du 30 janvier dernier a fixé les modalités de réalisation du nouveau tunnel de base prévu sous le Mont-Cenis, long de 57 kilomètres, reliant les gares de Saint-Jean-de-Maurienne en France et de Suse en Italie. Il devrait coûter à la France 2,1 milliards d'euros sur 10 ans, selon La Transalpine, le comité de promotion de la liaison ferroviaire, réunissant collectivités, entreprises et associations installé à Lyon. Au total, la France et l'Italie devraient financer 60% de la section transfrontalière du Lyon-Turin, la Commission européenne les 40% restants, une fois les orientations budgétaires sur 2014-2020 votées à Bruxelles. Mais dans un référé rendu public le 5 novembre, la Cour des comptes a estimé le coût total prévisionnel de la LGV à 26,1 milliards d'euros et recommandé de "ne pas fermer trop rapidement l'alternative consistant à améliorer la ligne existante".
Cette infrastructure est "essentielle non seulement pour le développement durable et l'avenir industriel de nos régions [...], pour sécuriser les capacités de franchissement des Alpes mais aussi [...] pour la croissance et l'emploi dans l'Europe du sud", estiment de leur côté les parlementaires dans leur appel. Ils demandent également à la France et à l'Italie de décider lors du sommet de Lyon d'utiliser "au maximum le financement européen déjà disponible", pour poursuivre les premiers travaux et fixer le "calendrier des travaux principaux".