Logement : l'ascenseur s’impose comme un critère clé
À mesure que la population vieillit, l’ascenseur s’impose comme un équipement central du logement, bien au-delà du simple confort. Selon le baromètre 2026 Ipsos-BVA de la Fédération des Ascenseurs, cet équipement devient un critère déterminant d’accessibilité et de choix immobilier, alors même qu’une large partie du parc français reste vieillissante et coûteuse à moderniser.
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Avec la perspective d'un Français sur trois qui aura plus de 60 ans d'ici 2030, la mobilité au sein de l’habitat n'est plus une option, mais une condition de l'autonomie. L'ascenseur se hisse ainsi dans le trio de tête des équipements indispensables pour rester chez soi, juste derrière l'adaptation des salles de bain et des sanitaires, selon le baromètre Ipsos bva 2026. Selon Florence Bigé, présidente de la Fédération des Ascenseurs (pour laquelle l’étude a été réalisée), "l'ascenseur quitte le champ du confort pour entrer dans celui de la politique du grand âge. Il devient un levier concret du maintien à domicile et de la maîtrise des dépenses publiques". D'où la volonté de la fédération d'"interpeler les acteurs des politiques locales de l'habitat et du grand âge".
L'exigence de fiabilité est telle que 88% des usagers considèrent désormais la labellisation de l'installateur comme un critère de choix déterminant. Si les normes de construction ont longtemps réservé l'ascenseur aux immeubles les plus hauts, 56% des Français jugent aujourd'hui cet équipement indispensable dès le premier ou le deuxième étage. Pour 39% des répondants, sa présence est même devenue un critère décisif lors d'un achat ou d'une location immobilière, un chiffre qui grimpe à 62% en Île-de-France. Cette pression des usagers pousse à une remise en question des modèles architecturaux. "Les attentes des Français évoluent plus vite que les normes, souligne Florence Bigé. L’ascenseur devient un critère d’attractivité du logement, y compris dans les immeubles de faible hauteur."
Cependant, cette dépendance croissante se heurte à la réalité d’un parc vieillissant. Face à cette situation, 91% des Français préconisent une rénovation lourde pour les appareils dépassant les 40 ans, et 94% considèrent le remplacement des machines vétustes comme une priorité absolue dans la rénovation globale des bâtiments. La question du financement devient alors centrale. Pour sortir de l'immobilisme, 80% des citoyens se disent favorables à une provision annuelle obligatoire pour anticiper ces travaux, tandis que 85% des copropriétaires souhaitent intégrer l'ascenseur dans les plans pluriannuels de travaux.
Les résultats de ce sondage, souligne la fédération, "interrogent directement les politiques locales de construction, de rénovation et d’attribution de logements, notamment dans les territoires urbains denses et les centres anciens".