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Forêt - L'ONF se prépare à décliner son nouveau contrat d'objectifs

L'Office national des forêts a présenté le 12 janvier ses grandes lignes d'action pour 2016. Principal chantier des prochains mois : décliner de manière opérationnelle le nouveau contrat d'objectifs et de performance pour 2016-2020 adopté par son conseil d'administration le 17 décembre dernier.

Conclu à l'issue de négociations difficiles le 17 décembre dernier (lire notre article ci-contre), le nouveau contrat d'objectifs et de performance (COP) pour la période 2016-2020 entre l'Etat, l'Office national des forêts (ONF) et la Fédération nationale des communes forestières (Fncofor) va entrer dans les tout prochains mois dans sa phase opérationnelle. "Nous allons maintenant le décliner avec les organisations syndicales et à travers des plans d'action pour disposer d'une feuille de route concrète en juin 2016", a assuré le 12 janvier Christian Dubreuil, directeur général de l'ONF, lors de la présentation à la presse des grandes lignes d'action de l'Office pour cette année. Si aucune des onze organisations syndicales de l'ONF n'a signé le COP, dix d'entre elles ont toutefois accepté de négocier le prochain projet d'établissement, a annoncé le directeur général de l'ONF.

Fort renouvellement des effectifs

La question de l'emploi avait cristallisé de fortes tensions ces dernières années, suscitant un grave malaise social au sein de l'établissement. Entre 2001 et 2015, les effectifs ont diminué de 22%. Le prochain contrat entend mettre fin à cette érosion. Les emplois seront stabilisés, passant de 9.113 en 2016 à 9.313 en 2020, avec notamment un recours accru à l'apprentissage. L'ONF va aussi devoir relever le défi d'un très fort renouvellement de ses effectifs : environ le quart de son personnel, soit près de 2.500 personnes, va partir à la retraite entre 2016 et 2020 et 5.000 personnes d'ici dix ans. Le contrat prévoit d'anticiper ces évolutions, notamment à travers le développement de dispositifs d'alternance et la création de viviers.
Pour la mobilisation des bois, le nouveau contrat est à la fois "ambitieux et raisonnable", estime Christian Dubreuil : l'objectif de 16 millions de mètres cubes (Mm³) de prélèvements inscrit dans le précédent contrat n'ayant pas été atteint, il a été fixé cette fois à 15 Mm³ à l'horizon 2020 (6,5 Mm³ en forêt domaniale, 8,5 Mm³ dans les forêts communales). L'Office veut parallèlement développer la production de bois façonné, essentiellement par contrats, pour sécuriser davantage l'approvisionnement de la filière : l'objectif est d'atteindre 50% des volumes commercialisés en forêt domaniale en 2020. Toutes les essences seront concernées, y compris les qualités intermédiaires de chêne traditionnellement vendues sur pied. Pour les forêts des collectivités, l'objectif de production de bois façonné a été fixé à 30% des volumes commercialisés en 2020.

Mélange d'essences

Après que l'accord de Paris sur le climat a réaffirmé le rôle essentiel des forêts dans la lutte contre le changement climatique, le nouveau contrat précise que les pratiques sylvicoles doivent être orientées vers des essences mieux adaptées, capables de fournir du bois de qualité et d'assurer une meilleure fixation du CO2. "La forêt française est aujourd'hui constituée à deux tiers de feuillus et à un tiers de résineux, on ne changera pas fondamentalement ces caractéristiques mais il faut prêter plus d'attention à la question de sa régénération et de son renouvellement, souligne Christian Dubreuil. Face au changement climatique, il paraît nécessaire de faire évoluer les essences en introduisant plus de mélanges. Il ne faut pas avoir de tabous."
L'ONF s'engage aussi à relever son niveau d'investissement. Il prévoit d'investir 100 millions d'euros par an pendant 5 ans pour la gestion des forêts (travaux de régénération des peuplements et de développement des infrastructures routières), pour les équipements d'accueil du public en forêt et pour son activité propre (matériels d'exploitation, informatique, véhicules, immobilier…). Les investissements seront financés aux trois quarts par autofinancement, a affirmé Christian Dubreuil qui a aussi rappelé que l'ONF peut désormais participer aux futurs appels à projets du fonds Chaleur de l'Ademe et bénéficier de crédits supplémentaires du fonds européen agricole pour le développement rural (Feader).

 

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