Transports / Réforme territoriale - L'UTP invite les régions à se saisir de leurs nouvelles compétences pour revoir le système de transport

L'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) estime que la nouvelle répartition des compétences représente pour les régions une opportunité de revoir en profondeur leur système de transport. A condition de bien s'y prendre.

Dans une note de position adoptée le mois dernier par son conseil d'administration, l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) résume l'enjeu en une phrase : "Le transfert prochain de compétences dévolues jusque-là aux départements et leurs responsabilités de chef de file de l'intermodalité offrent aux régions une opportunité historique de revoir le système de transport pour le rendre encore plus efficace."
Ce point de vue sur le volet transports de la réforme territoriale, les opérateurs de transport public ne sont pas les seuls à le partager (voir par exemple notre article du 22 décembre 2015). Les conséquences de la réforme territoriale - loi Maptam et loi Notr - sur l'organisation des transports urbains, départementaux et régionaux de personnes sont attendues et surveillées de près. Avec le besoin pressant de clarifier les choses : aux régions les transports ferroviaires en TER, les transports scolaires (voir notre article du 22 janvier) et interurbains ; aux intercommunalités le transport urbain, via une loi Notr qui consacre leur poids sur ce terrain.

Compétences élargies à moyens constants

Cette note de position de l'UTP souligne le fait que les nouvelles régions vont être amenées à "opérer des choix structurants pour optimiser et rationaliser l'offre de services et le parc de matériels". Leurs compétences ont été élargies mais à moyens constants. D'un côté de nouveaux développements sont donc possibles, de l'autre il y a un risque de perte de clientèle "notamment au regard de la concurrence multimodale de plus en plus vive : véhicules particuliers, autocars en libre accès, covoiturage". Pour s'en sortir, il est essentiel, selon l'UTP, de "rendre le temps du diagnostic". Sur ce point, la détermination des élus régionaux sera tout aussi essentielle. L'UTP propose de les aider et soumet dans ce document quelques pistes.

Une approche au plus près du terrain

L'UTP préconise "une recomposition des dessertes en fonction des dynamiques territoriales". Recomposition qui "devra s'affranchir des anciennes limites administratives infrarégionales, prendre en compte la réalité des déplacements dans les bassins de vie actuels et veiller à assurer la continuité des liaisons inter-régionales afin de garantir l'attractivité des modes de transports publics". L'organisation professionnelle recommande aussi d'intégrer "une dimension prospective prenant en compte les enjeux capacitaires et de développement durable des différents modes de transport". Pour coordonner les politiques conduites en matière de mobilité - offre de services, information aux voyageurs, tarification et billettique – elle souligne l'importance de réaliser un schéma régional de l'intermodalité. Pour trouver le bon niveau d'allotissement, "adapté aux contextes géographique, démographique et économique", une approche au plus près du terrain est aussi préconisée.

Liberté tarifaire : tirer profit de cette opportunité

Les régions bénéficient désormais d'une liberté tarifaire. Qu'en feront-elles ? L'UTP leur conseille de repartir de là pour construire des "stratégies ciblées selon les publics, tout en veillant à augmenter la part des recettes issues des voyageurs". Très concrètement, les opérateurs calculent qu'aujourd'hui, "les prix des titres de transport combinés, voire intégrés, entre plusieurs échelons territoriaux sont systématiquement moins chers que les prix cumulés de chaque titre". Conclusion, "les offres intermodales ont tendance à tirer vers le bas des tarifs déjà peu élevés". Avant d'élaborer leurs grilles tarifaires intermodales, mieux vaut analyser, ajoute l'UTP, les besoins des voyageurs en termes de services et de titres. Si elle plébiscite la mise en œuvre d'une tarification solidaire, elle déconseille, en revanche, d'opter pour la gratuité totale des transports publics, qui "n'est pas la meilleure forme d'équité sociale et reste incompatible avec les enjeux de développement durable et l'évolution des finances publiques". Enfin, elle formule des recommandations en termes de billettique et de numérique, ce "puissant vecteur d'intégration des différents modes de transports".

 

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