Transports - Lutte contre la fraude dans les transports en Ile-de-France : la Cour des comptes pointe un "échec collectif"

La lutte contre la fraude dans les transports urbains en Ile-de-France est un "échec collectif" estime la Cour des comptes dans son rapport annuel publié le 10 février. Si elle relève au premier chef des deux transporteurs, la SNCF et la RATP, elle implique également les services de l'Etat. La Cour appelle donc les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités.
L'Etat doit s'investir dans la lutte contre la fraude dans les transports urbains en Ile-de-France, qui ne peut être de la seule responsabilité des opérateurs, juge la Cour des comptes. "L'échec constaté en ce domaine n'est pas seulement celui des entreprises, mais aussi celui de l'action publique, relèvent les sages de la rue Cambon. Il porte le risque que le phénomène de fraude ne s'amplifie et ne déborde de ce fait sur des enjeux plus larges de sécurité publique."
La Cour souligne que "l'importance de l'enjeu financier de la fraude ne doit pas réduire la lutte contre cette dernière à un enjeu commercial à la charge des entreprises concernées (SNCF et RATP notamment, ndlr), comme cela a manifestement été le cas jusqu'à présent". Le coût annuel de la fraude est estimé à 366 millions d'euros en 2013 (un million d'euros par jour) en Ile-de-France, mais il est sans doute plus élevé, selon la Cour des comptes. Elle recommande donc à l'Etat, "dans un cadre interministériel élargi, associant tous les ministères compétents, (d')apporter les réponses juridiques permettant de lever les obstacles au recueil d'identités et d'adresses fiables lors des verbalisations".
La Cour des comptes salue par ailleurs, dans ce même rapport, "les progrès accomplis depuis 2010 dans l'organisation et le fonctionnement des transports ferroviaires en Ile-de-France", mais souligne que "beaucoup de voyageurs (...) estiment que ce réseau n'offre toujours pas une qualité de service satisfaisante". Mais ils vont devoir s'armer de patience car la situation ne va s'améliorer tout de suite. "Le retard accumulé sur l'entretien du Transilien est tel que l'état de certaines portions de lignes va continuer à se dégrader jusqu'en 2020, estime la Cour. C'est seulement en 2025 qu'on devrait retrouver le niveau d'aujourd'hui, lequel est déjà loin d'être optimal." En conséquence, elle juge "nécessaire de veiller à ce que la politique d'encouragement à l'usage des transports collectifs n'ait pas pour effet d'accroître le trafic sur les tronçons ferroviaires déjà saturés et de dégrader encore (la) qualité de service".
Pour les Sages, il faut "maintenir la priorité absolue donnée à l'entretien et à la maintenance du réseau Transilien", mais aussi "accroître la part du coût des transports financée par les voyageurs".

 

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