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Lycées professionnels : Jean-Michel Blanquer ne suit pas la Cour des comptes

Dans une réponse au récent référé de la Cour des comptes sur l'adaptation de la voie professionnelle, le ministre de l'Éducation nationale rejette plusieurs préconisations des Sages. Selon lui, toute réorganisation doit se faire à l'échelle territoriale.

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, n'entend pas suivre les recommandations de la Cour de comptes visant à adapter la filière du lycée professionnelle et le fait savoir dans sa réponse rendue publique mi-mars.  
Par un référé du 10 janvier 2020 adressé au ministre, le magistrat financier relevait que les effectifs de la voie professionnelle avaient "diminué de manière continue et accentuée depuis 2010", que "le public scolarisé [était] resté en difficulté scolaire" et qu’il "[était] davantage issu de milieu défavorisé, voire très défavorisé".
Dans ses recommandations, la Cour des comptes suggérait tout d'abord de "déterminer des référentiels ministériels de réduction des surcapacités constatées, fixer un seuil minimal d’ouverture ou de maintien des structures dans la voie professionnelle et mettre en place des outils d’aide à la décision". En cause notamment, certaines formations aux débouchés faibles qui continuent d’afficher des capacités d’accueil élevées en "raison de l’existence des personnels enseignants".
Dans sa réponse, Jean-Michel Blanquer fait valoir qu'"un référentiel national ne semble pas pertinent pour répondre à la diversité des situations". Pour le ministre de l'Éducation nationale, "la fermeture d'une section peut remplie mais 'insérante' ne se pose pas dans les mêmes termes selon que la même formation est proposée à quelques kilomètres de distance ou qu'elle est la seule offre proposée dans le département". "L'élaboration d'outils partagés d'aide à la décision incluant l'ensemble des variables" lui apparaît en l'occurrence "plus adaptée".

Concertation avec les régions

Le ministre de l'Éducation nationale est également revenu sur la deuxième recommandation de la Cour des comptes qui vise à "contractualiser entre l’État et les régions une programmation pluriannuelle opérationnelle coordonnée de la carte des établissements et de la carte des formations" et à "regrouper les établissements de moins de 500 élèves".
Sur ce point, Jean-Michel Blanquer indique qu'il a commencé ce travail de pilotage de l'offre de formation professionnelle par secteur et précise que "l'organisation des familles de métiers constitue à terme un levier majeur d'évolution de la carte".
Mais il ajoute que le pilotage de l'offre de formation et de l'implantation des lycées publics relève de la compétence déléguée aux recteurs des régions académiques par le ministre. Aussi, il estime que "c'est à l'échelon territorial que la négociation est la plus pertinente avec la région : les nouvelles mesures de la transformation de la voie professionnelle convergent vers cet objectif aussi bien en termes de mise en réseau des établissements, via les campus, que des contenus de formation comme le développement des 'colorations' des formations via les stages, périodes de formation en milieu professionnel (PFMP), scénarios pédagogiques de mise en situation professionnelle". Et Jean-Michel Blanquer d'illustrer ce point de vue par un exemple : c'est à l'échelle régionale que la mise en œuvre du rééquilibrage de la spécialité "gestion-administration" s'est opérée en concertation entre les recteurs et les conseils régionaux.

 

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