À Mauléon, de nouvelles activités pour l’expérience "zéro chômeur longue durée" (79)

Publié le
par
Emmanuelle Stroesser
dans

Emploi

Economie sociale et innovation

Deux-Sèvres

La ville de Mauléon fait partie des dix territoires engagés dans le programme "Territoires zéro chômeur longue durée" (TZCLD). Depuis la création de l’entreprise à but d'emploi, plusieurs types activités sont testées : certaines prennent de l'ampleur, d’autres sont abandonnées, d’autres sont en devenir. Toutes sont non concurrentielles, car inexistantes localement, et porteuses de sens pour la collectivité.

Mise en place en 2017 dans le cadre du programme TZCLD, avec le soutien de la ville de Mauléon (8 499 habitants), l'entreprise à but d'emploi (EBE) Esiam présente un bilan plutôt encourageant.  En 2019, l’EBE compte 79 salariés, grâce à l’évolution de ses activités et de son chiffre d'affaires : 80.000 euros en 2017, 200.000 euros en 2018. Ces 79 salariés sont tous des anciens chômeurs de longue durée, désormais en CDI, à temps choisi, et une dizaine ont déjà retrouvé un emploi en dehors de l'EBE. Élus et partenaires ont fait preuve d’imagination et creusé tous les sillons pour défricher des pistes d’activités. Tour d’horizon deux ans après le lancement.

Économie circulaire avec le démontage de portes et fenêtres et la lombriculture

Si l'activité Bois et palettes fait partie de celles qui rapportent le plus - avec la commande de caisses sur mesure par des entreprises ou la construction de petits poulaillers pour les particuliers -, d’autres activités ont toute leur place. 
Le démontage de portes et fenêtres est une autre activité développée par l’EBE, notamment parce qu’elle s’intègre assez naturellement dans une économie circulaire locale. La plupart des fenêtres étaient en effet généralement envoyées en déchetterie par les artisans qui payent pour l'enfouissement. "L’EBE Esiam fait payer le même prix à l'artisan, mais avec l’objectif de démanteler le bois, le PVC et, le vitrage", explique le maire de Mauléon, Pierre-Yves Marolleau, également président du comité local qui pilote l'expérimentation (voir encadré). Une entreprise locale réutilise le PVC. La ferraille est revendue. Le vitrage est lui refondu grâce à une convention avec un industriel. Pour le bois, c'est un peu plus compliqué, mais l'EBE trouve des débouchés notamment avec un atelier et chantier local d'insertion, les chantiers Peupins, qui fabrique du mobilier à partir des cadres de fenêtres. Par ailleurs, L'EBE, qui traite déjà les déchets verts de la commune de Mauléon, a acheté à l’été 2018 un terrain pour y développer sous serre la lombriculture en vue de fabriquer du compost.

Tri et recyclage textile, un bilan contrasté 

Si le tri de vêtements pour le compte d’une entreprise d'insertion a été très vite arrêté, le tri des tissus et leur réutilisation pour la confection de petits objets vendus sur le site Emmaüs s’est révélé bien adapté pour les salariés les plus fragiles, quoique moins rentable que d’autres activités.
"Certaines activités nécessitent davantage d'encadrement que prévu et le directeur ne peut tout superviser en même temps. La priorité est d'installer les activités qui peuvent se mettre en place aisément et rapporter suffisamment pour embaucher rapidement", souligne l’élu. Raison pour laquelle, un projet de terrain de camping écologique a dû être reporté. 

Une surprise : les services à la personne sur mesure, une niche prometteuse

Les porteurs du projet s'étaient interdits d’empiéter sur le secteur des services à la personne, pour ne pas concurrencer des services existants. Ils ont revu leur jugement lorsque l'ADMR - réseau associatif de services à la personne - a sollicité l’EBE pour développer un service complémentaire, et pallier les absences de ses personnels. Désormais, l’EBE met à disposition de l'ADMR des personnes qui peuvent intervenir à la demande au domicile de personnes âgées. "Ce partenariat évite à l’EBE d’être en situation de concurrence, tout en permettant à l’ADMR d’offrir un service de meilleure qualité", apprécie le maire. Le comité local reste vigilant et veille à ce qu'une demande d'intervention ait toujours été effectuée au préalable auprès de l'ADMR ou de Familles rurales. 
Autre exemple du caractère complémentaire des activités :  une laverie a été aménagée dans un local prêté par la mairie pour répondre à la demande ponctuelle des chambres d'hôtes et gîtes du territoire. "L’unique pressing existant à Mauléon ne pouvait faire face à ces pics d’activité" précise l'élu.

Deux ans après le lancement de l’expérimentation, le maire de Mauléon "réalise que beaucoup de sillons restent à creuser. Il faut laisser libre cours à son imagination sans se mettre de limite… sauf celle de la concurrence locale". Désormais, le territoire a ouvert une brèche et creuse toutes les idées. Parmi les dernières en date, celle de la collecte de polystyrène.

Vigilance du comité local Zéro chômeur longue durée

Le comité local veille à ce qu'aucune activité n'entre en concurrence avec une activité existante. Il valide également la liste des personnes qui sont embauchées par l'entreprise à but d'emploi. Y siègent la Maison de l'emploi du bocage bressuirais, à l'origine du projet avec la commune, Pôle emploi, la Direccte, les conseils régional et départemental et les acteurs locaux, représentants d'associations, de chefs d'entreprises, d'agriculteurs et les élus. En tout une vingtaine de personnes.
 

Esiam, entreprise à but d’emploi

37 rue de Nantes
79700 Mauléon
esiam@esiamebe.net

Joël Lecharles

Président

Commune de Mauléon

Nombre d'habitants :

3242
Place de l'Hôtel de ville
79700 Mauléon

Christophe Boutin

Directeur de l’Esiam
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