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A Mérignac, le label Terre de Jeux sera un tremplin pour développer le sport

La commune de Mérignac (Gironde) fait partie des premières communes labellisées Terre de Jeux. Si l'accueil de délégations étrangères lors des Jeux olympiques 2024 est un objectif pour elle, elle entend aussi profiter de l'occasion pour développer plus encore le sport sur un territoire déjà dynamique en la matière.

L'essentiel est de participer. La devise de Pierre de Coubertin, créateur des Jeux olympiques modernes, est plus que jamais d'actualité. Pour preuve, alors que Paris accueillera les Jeux olympiques d'été en 2024, ce sont des centaines de collectivités qui se sont demandé depuis des mois : comment participer à la fête ? Le Cojo (comité d'organisation) leur a fait une place en proposant, en juin 2019, le label Terre de Jeux. En novembre dernier, à l'occasion du Congrès des maires, les noms des cinq cents premières villes labellisées étaient dévoilés. Parmi elles, Mérignac, commune de 70.000 habitants aux portes de Bordeaux.

Quand la lettre du Cojo présentant le label Terre de Jeux est arrivée en mairie, la décision a été vite prise. "Nous avons tout de suite adhéré au projet", témoigne Cécile Saint-Marc, adjointe déléguée au sport. Il faut dire que le sport est une affaire importante à Mérignac. La commune compte une quarantaine d'associations sportives, dont le Sport athlétique mérignacais, plus important club omnisport de France hors région parisienne avec ses quelque 7.500 licenciés et ses 100 champions de France répartis dans 70 disciplines. Et même si ses 128 installations sportives sont "un peu vieillissantes" d'après une étude réalisée lors du présent mandat, voire même insuffisantes au vu du nombre d'habitants en hausse, Mérignac s'enorgueillit encore d'avoir été pionnière dans le football féminin, avec une équipe créée dès les années 1970, et de briller en handisport, à travers une équipe de cécifoot comptant plusieurs joueurs de l'équipe de France.

Complémentarité métropolitaine

Si devenir Terre de Jeux était donc une évidence pour la municipalité, il a toutefois fallu composer aussi harmonieusement que possible avec les autres communes de la métropole bordelaise également désireuses de participer à la grande fête olympique. "Nous avons eu des réunions avec nos homologues de façon à ne pas entrer en concurrence dans nos propositions d'accueil de tel ou tel sport. Nous avons joué sur la complémentarité de façon à ce que le plus de villes de la métropole puissent être impliquées. Cela aurait été idiot de nous concurrencer", explique Cécile Saint-Marc. Et alors que Talence, qui organise depuis 1976 l'une des plus importantes réunions de décathlon du calendrier mondial, s'est naturellement positionnée sur l'athlétisme, Mérignac a choisi le hockey sur gazon, la gymnastique – avec une toute nouvelle installation – et la natation – un stade nautique d'intérêt métropolitain capable d'accueillir des compétitions internationales étant attendu pour 2022.

Pour les collectivités, l'un des principaux intérêts du label Terre de Jeux est en effet la perspective de figurer dans le catalogue des sites d'entraînement dans lequel les délégations étrangères piocheront au moment de préparer leur séjour en France, quelques semaines avant les Jeux mais aussi, pour certaines, bien en amont. Pour attirer ces délégations, Mérignac va donc s'appuyer sur son savoir-faire en matière sportive, mais pas uniquement. La deuxième commune du département en termes de population dispose d'autres atouts dans son jeu : la présence sur son territoire d'un aéroport international, de nombreux hôtels ainsi qu'un encadrement médical adapté. La ville a en effet noué un partenariat avec la Clinique du sport de Mérignac. "Faire venir des délégations étrangères, c'est un moyen de faire connaître Mérignac, de développer les opportunités économiques pour nos hôteliers", plaide Cécile Saint-Marc.

Animer le territoire

Mais la finalité de l'équipe municipale est bien plus large. "La motivation principale est le développement du sport et l'animation du territoire pour les Mérignacais, pour découvrir et développer la pratique sportive", pointe l'élue. Pour cela, la Journée olympique du 23 juin prochain sera un rendez-vous important. Elle permettra de proposer de nombreuses animations aux scolaires, en lien avec les associations sportives. Ces dernières seront par ailleurs réunies dès le 15 février prochain à l'occasion des Assises du sport de Mérignac. Le but de cette rencontre ? Inviter les clubs à coconstruire l'offre destinée aux Mérignacais, aux autres associations et aux sportifs hors structure.

S'il est encore trop tôt pour déterminer quel budget sera consacré à toutes les animations organisées autour du label Terre de Jeux, la mairie a déjà confié à un agent du service des sports et de l'animation le soin de faire le lien avec les écoles et les clubs à travers les Etaps (éducateurs territoriaux des activités physiques et sportives) dont il est chargé. Une plus large communication vers l'ensemble de la population aura lieu dans un second temps.

Dans ce tableau qui se dessine peu à peu, une inconnue demeure toutefois : l'accompagnement du Cojo. "Pour l'instant, on ne sait rien de précis, confie Cécile Saint-Marc. On nous a promis que des médaillés olympiques viendraient à la rencontre de la population. On espère un coup de pouce financier, des aides humaines ou matérielles des fédérations sportives ou de leurs ligues régionales qui pourraient nous apporter leur soutien pour l'organisation de manifestations." Malgré cette incertitude, Mérignac est bien sur la ligne de départ, prête à s'élancer, fidèle à l'idéal de Coubertin.

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