Salon des maires - Mobilité en territoire peu dense : un second AMI distingue sept pays et intercommunalités 

Le 20 novembre, au salon des maires, sept territoires d’expérimentation de nouvelles mobilités durables (TENMoD) ont été distingués dans le cadre du second appel à manifestation d’intérêt TENMoD porté par l’Ademe. 

Conçue comme le pendant opérationnel de la loi d'orientation des mobilités (LOM), enfin adoptée par le Parlement (voir notre article du 20 novembre ), l'initiative French mobility-France Mobilités est portée par des équipes pluridisciplinaires (État, collectivités, entreprises, start-up, associations, experts, incubateurs, pôles de compétitivité) et vise, entre autres, à répondre par un appui financier aux besoins de porteurs de projets souhaitant déployer des services, financer des études ou recruter des chargés de mission. Si cette marque collective commence à s'ancrer dans les esprits, son AMI doit encore gagner en attractivité. Au salon des maires, le secrétaire d’État chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari est venu en renfort pour en dévoiler les lauréats, choisis parmi la vingtaine de structures intercommunales qui y ont répondu. 

Des lauréats à géométrie variable

Ce second AMI - le premier a distingué il y a un an une vingtaine de collectivités de toutes sortes avec une aide oscillant entre 40.000 et 100.000 euros par projet - ciblait des territoires périurbains pour y "améliorer la continuité territoriale des mobilités avec les pôles urbains et les bassins d’emplois". Sept projets portés par des territoires ruraux ou peu denses, parfois jeunes car issus de fusions de communautés, bénéficieront d'une aide atteignant 100.000 euros.

Le critère de faible densité de population donne des résultats variables : de 26 hab/km² dans une communauté de communes corses (CC de L’Île-Rousse-Balagne) à fort relief distinguée pour son projet de relier des villages éloignés par des lignes de transport électrique ou de transport à la demande (TAD) jusqu'à 85 hab/km² pour une immense communauté urbaine des Yvelines de 405.000 habitants (CU du Grand Paris Seine & Oise), où alternent de grandes villes, des communes intermédiaires, une quarantaine de bourgs ruraux et où se pose l'enjeu de jonction entre eux mais aussi d'accès aux futures gares Eole. 

Focus sur un projet de maillage atypique

Parmi les projets retenus, celui sus-cité de la CU GPS&O est le plus lourd financièrement (4 millions d'euros, avec appui du département et aide AMI de 100.000 euros). Issu d'une réflexion toujours en cours sur le projet de territoire, il vise à mailler ce dernier d'une centaine de plateformes physiques implantées sur des parkings existants et proposant des services de mobilité (covoiturage, bus, TAD) ou services du quotidien (paniers frais, dépôts de pain, relais colis, market place associés, foodtrucks) auxquels les habitants n’ont aujourd'hui pas facilement accès (absence de commerce de proximité).

Trois de ces "hubs multiservices" dont le coût moyen est évalué à 50.000 euros et l'emplacement mûrement pensé par la CU avec les maires concernés, sont quasi opérationnels depuis la rentrée, notamment à Gaillon-sur-Montcient en plein cœur du Vexin, Mantes-la-Jolie et Ecquevilly près d'un parc d’activité. "Chaque hub a sa spécificité et des fonctions hyper-locales. L'un, à Bouafle le long de l’autoroute A13, sera ainsi très tourné vers les navetteurs", éclaire Mathieu Lafarge, chargé de mission au sein de cette collectivité qui veut parfaire le modèle économique d'un tel déploiement et l'outil numérique à construire autour (plus d'informations sur ces projets). 

Contrer l'autosolisme

Une autre communauté de communes, Haut Val de Sèvre (Deux-Sèvres), a été distinguée pour son projet (Altern’Actif) se concentrant sur les trajets domicile/travail majoritairement effectués en voiture, malgré une offre TER "satisfaisante mais qui ne permet pas d'accéder aux zones d’emplois, ce qui engendre des difficultés de recrutement". Le but est de créer des dessertes en navette entre les zones d’activités, les zones habitées et les gares "pour favoriser aussi l’utilisation du train par les actifs domiciliés et entrant sur le territoire". En pays de Falaise (Normandie), la communauté de communes également retenue (aide AMI de 75.000 euros) nourrit l'ambition de faciliter la mobilité des publics rencontrant des difficultés en s'appuyant sur le tissu associatif pour créer divers services (auto-partage de véhicules électriques, projet de garage social, travail sur la non mobilité via la planification ou le télétravail).

Les trois derniers territoires retenus, celui du Pays de Lumbres (Pas-de-Calais), de Centre Ouest Bretagne (Mobili'COB) et la très rurale Champagne Picarde (Aisne) planchent sur l'évolution de leur TAD, la flexibilité dans les horaires de transport en commun, la coordination entre les échelons de collectivités concernées (pays-EPCI-communes), les usages partagés de la voiture (covoiturage, autopartage, auto-stop organisé de type Rezo Pouce), la transformation de stations d’autopartage existantes en stations mettant plus largement et également à disposition des vélos, ou encore des solutions alternatives de ramassage scolaire (pédibus, vélobus).

 

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