Morgan Boëdec / MCM Presse pour Localtis

Mobilités - Besoin d'innovation des collectivités : une plateforme pour éviter de réinventer la roue

Transport mobilité durable

Smart city

Opérationnelle depuis le 20 mars, la plateforme French Mobility s'adresse aux collectivités qui souhaitent expérimenter des actions de mobilité en s'inspirant de projets qui ont ailleurs réussi, et donne à l'ensemble une nouvelle visibilité. Plus de 300 projets y sont déjà référencés.

Top départ pour cette plateforme gratuite qui recense les bonnes pratiques et constitue l'un des piliers du plan d'action French mobility (France mobilités), dévoilé l'été dernier lors du salon européen de la mobilité. Aux côtés d'autres acteurs, des collectivités (régions Centre et Occitanie, communautés d'agglomération Versailles Grand Parc et de communes du Grand Pic Saint Loup, Métropole Aix-Marseille-Provence, Ville de Paris, Régions de France) avaient été sollicitées en amont pour réfléchir à de nouvelles formes de soutien public à l'innovation dans la mobilité. L'idée d'une plateforme a émergé et fait l'objet d'un groupe de travail dédié. Le timing de livraison est respecté et même en avance pour être calé sur l'examen en cours du projet de LOM au Sénat. Prochaine étape, un retour d'expérience prévu à la rentrée, et d'autres fonctionnalités à terme pour l'enrichir.

Ses objectifs sont multiples. Il y a celui de faire connaître des solutions innovantes de type transport à la demande ou de mobilité inclusive testées dans des territoires mal desservis (ruraux et périurbains), où elles apportent une réelle valeur ajoutée, et de mettre en contact leurs parties prenantes (renforcement d'une "communauté d’acteurs"). Ce qui manque, relève le ministère des transports, ce ne sont pas les expérimentations mais "une vision d’ensemble qui permette de capitaliser, d'échanger, d'apprendre des erreurs et des réussites" en vue de ne pas reproduire les premières et de dupliquer ces dernières. Le site est donc nourri par les relevés d'appels à projets (AMI French Mobility) - les deux lancés en 2018 (53 collectivités lauréates) et un nouveau prévu à la fin mars - qui aident à identifier des collectivités en besoin d'accompagnement.

La plateforme s'insère donc dans un projet global et ramifié dont d'autres branches sont en développement (stratégie de labellisation, création d’un fonds de soutien, logique de marque, etc.). Y sont référencés des projets lauréats de l'AMI évoqué, par exemple celui de l'agglo de Saint-Dié des Vosges (projet PUM2A de développement des mobilités actives autour d'un pôle urbain dans un contexte rural de moyenne montagne vosgienne) ou d'autres comme celui des communes des Alpes-Maritimes de La Colle-sur-Loup et Tourettes-sur-Loup (bouquet de services sur le lieu de vie pour réduire la dépendance aux déplacements individuels). Y figurent aussi en bonne place les plateformes de mobilité inclusive du réseau associatif Wimoov, des projets de startups... La plateforme est en effet ouverte et alimentée par d'autres acteurs d'un foisonnant écosystème : entreprises, opérateurs, acteurs associatifs, organismes publics, etc. Selon le ministère, "plus de 70 territoires et 320 porteurs de solutions sont référencés sur cette plateforme qui a vocation à s’enrichir en permanence".

Elle donne aussi des informations sur le soutien à l’ingénierie et les cellules régionales d’appui aux projets de mobilités en territoires peu denses portées par le Cerema, l’Ademe et la Banque des Territoires. A ce stade, ces cellules d'appui sont en construction, avec pour régions pilotes l'Auvergne, Rhône-Alpes et Pays de la Loire. Leur lancement est prévu à la mi-2019, leur déploiement complet en 2020. Selon le Cerema (voir cette interview), la plateforme, ses contenus et fonctionnalités, a bien été co-construite avec divers acteurs dont des collectivités, et pensée pour répondre à leurs besoins. Et elle a vocation à devenir un support pour cet accompagnement en ingénierie des territoires. 

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