Municipales : la transition écologique, "préoccupation centrale" des élus, selon une nouvelle étude

Neuf maires ou élus municipaux sur dix (87%) se disent préoccupés par le changement climatique et sept sur dix (69%) en font une priorité du prochain mandat, selon une enquête du Shift Project dont les résultats ont été publiés ce 12 février.

À l’unisson des électeurs pour lesquels l’environnement reste une "préoccupation majeure" (lire notre article), une large majorité des 3.000 élus municipaux ou d’intercommunalités – dont 1.000 maires – interrogés par le Shift Project dans une enquête dont les résultats ont été publiés ce 12 février résistent au "backlash" (retour de bâton) écologique. Plus de 99% des répondants déclarent avoir perçu au moins un effet du changement climatique sur leur territoire, selon cette consultation menée par le groupe de réflexion, de juin 2025 à janvier 2026. Les élus du sud-est et du sud-ouest sont ceux qui en perçoivent le plus les effets (canicules, inondations ou sècheresses).

Près de 90% des répondants considèrent avoir pris en compte la transition énergétique lors de leur mandat. Cet engagement dépasse largement les préférences partisanes : 85% des répondants se positionnant à gauche ou très à gauche déclarent l’avoir prise en compte et cette proportion monte à 88% pour les répondants au centre, à droite ou très à droite. Les élus ruraux (86%) et péri-urbains (87%) se sentent aussi impliqués que les élus urbains (91%), contredisant l’idée selon laquelle la transition serait avant tout un sujet de citadins.

Des préoccupations concrètes

Les élus locaux agissent d’abord par pragmatisme, pour des raisons concrètes, souligne l’enquête. Les deux premières motivations qu’ils mettent en avant sont l’amélioration de la qualité de vie et de la santé des habitants (77%) et la diminution des dépenses énergétiques (75%). La contribution à l’effort de neutralité carbone arrive en quatrième position (55%). Par contre, l’attractivité du territoire (21%) et la création d'emplois non délocalisables (17%) sont nettement moins cités par les répondants. 

Ces motivations majoritaires se traduisent par un plus fort soutien et par un engagement en faveur d’actions concrètes permettant des bénéfices en termes de confort et d’économies d’énergie : rénovation des bâtiments de la collectivité et des logements (93%), développement d’infrastructures nécessaires à la mobilité active et aux transports collectifs (83%), contre 74% pour le suivi des émissions de gaz à effet de serre de la collectivité et du territoire.

Freins à l'action

Mais la majorité des élus interrogés se disent en butte à des obstacles. Le premier frein à l’action qu'ils identifient tient au manque de moyens de la collectivité (59%), suivi par des freins plus personnels comme l’accumulation des urgences quotidiennes (57%) et le manque de connaissances ou de compétences (41%). La crainte de l’impopularité ou du risque électoral figure parmi les freins les moins cités par les élus (respectivement 7% et 4%), et devient marginale dans les communes rurales. Les maires expriment aussi une frustration forte devant l’instabilité réglementaire : subventions modifiées, règles révisées, conditions d’éligibilité mouvantes.

Malgré tout, les élus ne demandent qu’à en faire davantage. Seuls 4% des répondants indiquent ne pas souhaiter engager ou accélérer la transition climatique et énergétique sur leur territoire. Pour agir plus, ils citent comme besoins prioritaires de la documentation et des retours d’expériences concrets (46%), des formations courtes (44%), de l’expertise technique accessible et des outils de communication pour convaincre la population (39%). "En croisant les résultats, on constate que plus les répondants estiment avoir un bon niveau de connaissances sur les enjeux climatiques et énergétiques, plus ils sont nombreux à mettre en place des actions d'adaptation ou d’atténuation", relève le Shift Project.

Il subsiste aussi des besoins de dialogue et de compréhension mutuelle entre les élus et leurs électeurs, note l’organisme. 39% des répondants déclarent ignorer la façon dont la population juge leur action en faveur de la transition. C’est particulièrement vrai dans les communes rurales. 35% des répondants estiment que leur action en faveur de la transition est jugée adaptée par la population. Les associations environnementales, les entreprises et les artistes font partie des acteurs identifiés par les élus pour jouer le rôle de relais auprès de la population.

Enjeu prioritaire du prochain mandat

La transition énergétique et climatique est pour les élus locaux une "préoccupation centrale" et est considérée comme un enjeu prioritaire du prochain mandat, souligne l’étude. 87% d’entre eux se disent préoccupés par le changement climatique et 70% par la dépendance nationale aux énergies fossiles. 53% des élus municipaux citent la préservation de l’environnement comme l’un des trois enjeux prioritaires de leur mandat, et cette proportion monte à près de 70% pour le prochain mandat, qu’ils se représentent ou non. Cet enjeu arrive devant la revitalisation des centres-bourgs (41%), la fiscalité (34%) ou la sécurité (29%), et ce quelle que soit la préférence partisane ou le type de territoire des répondants. Lorsqu’ils se projettent vers les enjeux du mandat à venir, les deux thématiques qui vont le plus gagner en importance sont la préservation de l'environnement (+17) et les transports (+15).

Enfin, 89 % des répondants pensent que la transition énergétique et climatique des territoires doit faire partie des priorités du ou de la prochain(e) président(e) de la République.

 

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