Municipales : listes, communes sans candidat… ce qu'il faut retenir de la publication des candidatures
904.000 candidats se répartissant entre plus de 50.000 listes seront en lice lors du premier tour des élections municipales, le 15 mars, selon des données du ministère de l'Intérieur publiées le 28 février. Celles-ci font par ailleurs état de 68 communes sans candidat et d'une légère progression de la part de femmes en tête de liste.
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Au total, 904.042 candidats répartis entre 50.478 listes prendront part au scrutin, indique le ministère de l'Intérieur, qui inclut les 7.321 candidats au renouvellement des conseils d’arrondissements de Paris, Lyon et Marseille, figurant sur 234 listes. Selon l'AFP, le nombre total de candidatures "est stable comparé au premier tour de 2020". 902.465 candidats avaient alors été comptabilisés.
Le délai pour se porter candidat expirait le 26 février à 18h et le ministère a publié dans la nuit du 27 au 28 février la liste complète des candidatures.
Par ailleurs, ce sont 68 communes qui seront dépourvues de liste de candidats à l'élection, a indiqué la Place Beauvau. Ce résultat était très attendu. Nombre d'élus municipaux sortants et candidats aux prochaines municipales avaient en effet pointé ces derniers mois le casse-tête de la constitution de leurs listes. C'était le cas de 51% d'un millier de ces élus interrogés à la fin de l'année dernière pour le Sénat. Ils mettaient principalement en avant la difficulté de convaincre les habitants à s'engager dans un mandat et l'obligation de composer des listes paritaires (voir notre article sur l'enquête). Dans les communes de moins de 1.000 habitants, les élus ayant répondu étaient même 61% à juger que la constitution de leurs listes avait été épineuse. Dans ce contexte, les exemples de quelques communes dépourvues de liste de candidats à l'élection avaient été médiatisés ces derniers jours.
Une seule liste dans les deux tiers des communes
Finalement, ces communes sans candidat seront moins nombreuses qu'en 2020 : on avait alors compté 106 communes dans cette catégorie (avec, il faut le souligner, un mode de scrutin qui, dans les communes de moins de 1.000 habitants, permettait la présentation de candidatures individuelles).
Ces 68 communes dans lesquelles aucune liste ne se présente à l'élection se répartissent dans 44 départements. Parmi eux, certains départements comptent jusqu'à cinq communes sans candidature (Doubs et Haute-Saône). Il y en a quatre en Haute-Marne et dans la Loire.
Dans près de 23.700 communes, soit plus des deux tiers du total des communes, les préfectures ont enregistré le dépôt d'une seule liste. C'est un résultat qui va sans doute susciter de nombreux commentaires. Déjà lors d'une réunion que la délégation aux collectivités a tenue début février, des sénateurs évoquaient la question de ces communes, pointant dans ce contexte un risque de désintérêt des électeurs pour le scrutin. Peut-être que les électeurs se déplaceront cette fois-ci parce que le mode de scrutin est nouveau, mais ce sera moins le cas lors du suivant, redoutaient-ils. On peut en outre craindre que la fin du panachage dans les communes de moins de 1.000 habitants (possibilité pour l'électeur de rayer des noms sur une liste) générera de l'abstention - qui plus est, donc, en présence d'une seule liste.
48,7% de femmes parmi les candidats
Dans 8.800 communes (soit une sur quatre), les électeurs devront départager deux listes candidates.
A l'opposé, la concurrence est vive dans certaines communes. 13 d'entre elles voient s'affronter au moins 10 listes. Le record revient à Montpellier et Strasbourg avec un total de 13 listes dans chacune des deux villes.
Avec la généralisation du scrutin de liste paritaire, la part des femmes parmi les candidats est en progrès. 51,3% d'entre eux sont des hommes et 48,7% sont des femmes. Proche de 50%, le nombre des femmes demeure toutefois inférieur à celui des hommes parce que le nombre de candidats sur les listes est souvent impair, avec de surcroît une tête de liste qui est plus souvent un homme.
Trois têtes de liste sur quatre sont des hommes
Ainsi, la position de numéro un revient à un candidat de sexe masculin dans trois cas sur quatre. En 2020, cette position était occupée par 23% des femmes.
Au passage, cette donnée a son importance, car elle augure de l'élection par les conseils municipaux d'un nombre sensiblement supérieur d'hommes pour le fauteuil de maire – même si pour les listes victorieuses, la position de tête ne garantit pas d'être désigné à cette fonction.
On rappellera que durant le mandat actuel, la proportion de femmes demeurait en retrait par rapport à celle des hommes dans les conseils municipaux : début 2022, 42,2% des élus municipaux étaient des femmes, selon le ministère de l'Intérieur. Et seulement deux maires sur dix.
La liste des candidatures peut encore évoluer pour corriger des erreurs de saisie ou en cas "d'utilisation, par les candidats, de leur droit de rectification des données personnelles", mais aussi en fonction d'éventuels recours devant les tribunaux administratifs.
Près d'une centaine de députés veulent devenir mairesParmi les candidats têtes de liste aux municipales, on compte de nombreux députés cette année. L'AFP a tenté de les recenser, arrivant à un total de 95 députés qui sont engagés dans le scrutin à cette place. Même certaines figures bien installées choisissent de quitter l'Assemblée, briguant parfois de petites villes. A l'instar de Paul Christophe, président du groupe Horizons, qui entend retrouver la ville de Zuydcoote (Nord), près de Dunkerque. Il avait été maire entre 2008 et 2017 de cette commune de quelque 1.800 habitants. Renouer avec un mandat local qu'elle a déjà exercé – en l'occurrence entre 2014 et 2017 –, c'est aussi le souhait de Véronique Louwagie (LR). La ministre du Commerce dans le gouvernement de François Bayrou est candidate dans la ville de L'Aigle (8.000 habitants dans l'Orne). Sa collègue Christine Pirès Beaune n'a, elle, jamais été maire. Mais la députée socialiste a été par le passé directrice des finances, puis directrice générale des services de Riom (18.000 habitants, dans le Puy-de-Dôme). C'est dans cette ville que la députée, experte des questions de finances locales, est candidate. S'ils sont élus à la fonction de maire, ces candidats devront renoncer à leur mandat de député, incompatible avec une fonction exécutive locale. Mais les intéressés assurent qu'ils n'auront pas de regret, les fonctions locales leur paraissant plus concrètes que celles qu'ils occupent actuellement. |