Municipales : la prime au sortant et au local reste de mise

Une grande majorité de Français ne considèrent pas l'étiquette politique du maire comme un critère très important de leur choix électoral, selon une étude Ipsos-BVA-Cesi pour le Cevipof, la fondation Jean-Jaurès et le Monde publiée ce lundi 9 mars.

8% des Français seulement jugent important que le maire soit "de la même sensibilité politique" qu'eux alors que 64% évoquent son honnêteté, 52% le fait qu'il tienne ses promesses et 32% qu'il connaisse bien ses dossiers dans les critères pour lui faire confiance.  Alors que certains partis, comme le RN ou LFI, semblent enclins à nationaliser le débat, 76% des personnes interrogées disent se déterminer sur des enjeux locaux plutôt que nationaux. Avec en arrière plan le fait que 63% se disent "extrêmement attachés" à leur commune (mais seulement 31% "optimistes" quant à l'avenir de cette même commune).

Parmi les premières attentes, le maintien de services de proximité (45%), la sécurité et "tranquilité publique" (44%), la préservation de l'environnement (37%), la baisse des impôts (30%), la revitalisation du centre-ville ou centre-bourg (29%). Quant aux "tâches" jugées prioritaires, arrivent en tête la défense des "intérêts des habitants de la commune auprès des autres collectivités locales et de l'État", la mise en œuvre d'un "vrai programme d'actions pour lequel [le maire] a été élu", la publicité et la transparence des débats avant la prise de décision.

Quelque 88% des Français tiendront en outre compte du programme présenté par les candidats et le même nombre de la connaissance qu'ils ont de leur commune. Ils seront 79% à s'attacher à la personnalité du maire et 72% à celle de son équipe, ce qui rejoint le fait que, comme dans de précédentes enquêtes, le niveau local reste plébiscité par les Français.

Quelles fusions ?

La "prime aux sortants" reste forte : 61% souhaitent la reconduction du maire sortant de leur commune.  En sachant que pas moins de 72 % des sondés jugent le bilan de leur municipalité "excellent" ou "bon". On relèvera au passage que la moitié des sondés a eu l'occasion de rencontrer son maire (le plus souvent dans la rue, chez les commerçants, lors d'un événement public... avec alors un fort taux de satisfaction quant à cette rencontre).

Répondant à des questions plus directement politiques, 45% des sondés classent une future gestion par LR comme "une bonne chose", contre 42% par le RN et 39% le PS. De quoi y voir une possible percée du RN qui dirige à l'heure actuelle un nombre limité de communes. Derrière, une gestion durant les six prochaines années par les Écologistes comme par le bloc central représentent "une bonne chose" pour 38% des Français. En queue de peloton, La France insoumise convainc 18% des personnes interrogées.

Au deuxième tour, 36% des sympathisants de gauche se disent favorables à une fusion des listes de gauche quelle que soit la configuration et 33% de plus seulement pour éviter la victoire d'une liste d'extrême droite ou de droite. Parallèlement, 38% des sympathisants de droite et d'extrême droite sont favorables à une fusion des listes quel que soit le résultat du premier tour, 21% de plus pour contrer une liste de gauche et 20% encore pour contrer une liste LFI. 

Enquête réalisée en ligne du 27 février au 5 mars sur un échantillon représentatif de 10.927 personnes inscrites sur les listes électorales. La marge d'erreur est située entre 0,3 et 0,9 point. 

 

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