Nouvelle-Aquitaine - une plate-forme met en relation industriels et établissements de santé pour répondre à la demande d'équipements de protection

La région Nouvelle-Aquitaine a créé une plate-forme listant les entreprises en mesure de fabriquer des équipements de protection pour les soignants et plus, largement, le grand public. Parmi plus de 400 fournisseurs inscrits, plusieurs ont déjà fourni du matériel à des hôpitaux, des Ehpad, des supermarchés, ou se sont associés pour des productions nouvelles.

Le fameux bottier de Dordogne, Chamberlan, s’est mis à fabriquer des masques alternatifs pour le grand public. C’est là une des nombreuses initiatives de reconversion des lignes de production en Nouvelle-Aquitaine.

Le 24 mars, la grande région Sud-Ouest a pris les devants en lançant une plate-forme numérique recensant les industriels néo-aquitains prêts à relever le défi de la crise sanitaire pour parer aux besoins les plus pressants : masques, surblouses, gel hydroalcoolique, visières, respirateurs.

L’idée, qui a germé dans l’esprit du président, Alain Rousset, a été mise en musique en un temps record – quatre jours entre la prise de décision et l’ouverture - par l’Agence de développement et d’innovation (ADI) de la région. " Nous avons fait appel à un opérateur, Proximum, qui a mis à disposition gracieusement sa plate-forme de B to B ", relate Alain Rousset.


Fournir Ehpad, hôpitaux, centres d’action sociale et… supermarchés


Au 20 avril, 409 fournisseurs étaient inscrits, pour 247 "demandeurs". Parmi les fournisseurs de solutions figure une majorité d’entreprises du textile, mais pas seulement : fabricants de matériel aéronautique, d’emballages, de parfums, spécialistes de l’impression 3 D, prestataires logistiques…

Quant à la demande elle provient pour moitié, des établissements sociaux, sanitaires ou des professionnels de santé : Ehpad, centres intercommunaux d’action sociale, cliniques, centres hospitaliers région, CHU de Poitiers… avec d’autres comme la grande distribution. Ainsi, la société de textile Adishatz, à Capbreton (Landes) s’est lancée dans la confection de masques en tissu et a déjà honoré une commande de l’hypermarché Leclerc de Saint-Vincent-de-Tyrosse. A Montardon (Pyrénées-Atlantiques), l’entreprise Kiwami, spécialisée dans le matériel de triathlon, a réalisé des masques de protection à la demande de l’hôpital de Pau, de trois Ehpad, du réseau de transport palois Idelis et d’Eiffage construction.

L'agence de développement pour veiller à la qualité des produits

Autre illustration : PLiM, une PME installée dans la Vienne et les Deux-Sèvres, qui fabrique des protections féminines, s’est reconvertie dans la production de masques chirurgicaux de niveau 1. Elle s’est rapprochée de l’ADI Nouvelle-Aquitaine et de la plate-forme pour un appui à la labellisation de ses masques. " L’ADI reste le "réacteur" de l’opération qui sécurise les contacts, en vérifiant auprès des instances normatives que le matériel fabriqué est conforme ", pointe Alain Rousset.

Tous les jours, l’équipe de l’ADI Nouvelle-Aquitaine contacte les inscrits à la plateforme pour les informer des demandes de rendez-vous et les inviter à mettre à jour leur profil.  Au total, 900 contacts ont été pris entre structures inscrites sur la plate-forme depuis sa création. Certains ont donné lieu à des rendez-vous en visio-conférence, pour échanger voire conclure des commandes ou nouer des partenariats.

Début avril, le CHU de Bordeaux a observé une pénurie de valves trachéales pour ses respirateurs. Alerté, le laboratoire de recherche I2M a contacté des entreprises et la plate-forme de l’ADI. Cinq industriels ont rejoint le projet et créé un prototype en quelques jours. Dès que le feu vert de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sera obtenu, 30 000 valves seront produites en urgence pour le CHU.

Conseil régional Nouvelle-Aquitaine

Hôtel de Région, 14 rue François-de-Sourdis
33077 Bordeaux cedex

Caroline Doucet

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