Occitanie : accords de financement sur le premier tronçon de la LGV Montpellier-Perpignan et sur la sauvegarde des petites lignes ferroviaires

Un protocole d'intention de financement pour la construction de la première phase, entre Montpellier et Béziers, de la nouvelle ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan a été signé ce 22 janvier à Narbonne en présence du Premier ministre. La région Occitanie et dix autres collectivités vont apporter à ce stade 816 millions d'euros au projet. Un autre protocole de financement entre la région et l'État portant sur 15 petites lignes ferroviaires a également été signé le même jour.

"Un outil essentiel au désenclavement du sud de la France" : c'est ainsi que Matignon, la préfecture de région et la région Occitanie qualifient la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier Perpignan dont la première phase, entre Montpellier et Béziers, a fait l'objet d'un protocole d'intention de financement signé ce 22 janvier à Narbonne en présence de Jean Castex (dont le déplacement dans l'Aude a par ailleurs donné lieu au renouvellement du "plan Littoral 21" - voir notre article de ce jour). "Regardez la carte de la grande vitesse en France, qui est une des grandes forces de notre pays (...), on voit ses manques", a déclaré le Premier ministre. Citant les avancées concernant la LGV entre Toulouse et Bordeaux et celle entre Marseille et Nice, le chef du gouvernement a affirmé vouloir "reprendre la marche en avant de la grande vitesse (...) pour tout le sud de notre pays", en donnant "un coup d'accélérateur" aux projets en cours. "Ils sont absolument indispensables, j'en ai depuis toujours la conviction", a-t-il insisté.

60% des Français vivant à plus de 4 heures de train de Paris sont en Occitanie

"Tous les territoires comptent, il n'y a pas de territoires de seconde zone, comme il n'y a pas de Françaises ou Français de seconde zone. Nous n'acceptons pas l'assignation à résidence, nous voulons la mobilité pour toutes et tous", a déclaré pour sa part Carole Delga. La présidente de la région Occitanie a rappelé que 60% des Français vivant à plus de quatre heures de train de Paris résident en Occitanie.
Alors que la ligne LGV Barcelone-Perpignan existe depuis 2010, le Montpellier-Perpignan est aujourd'hui le chaînon manquant pour relier les réseaux LGV français et espagnol. La "ligne nouvelle Montpellier Perpignan" (LNMP) - nom officiel du projet - "jouera un rôle majeur dans le désenclavement du territoire en facilitant sa connexion avec Paris et l'Espagne, (...) et permettra notamment de relier Perpignan à Paris en 4h20 contre 5h10 aujourd'hui", selon la région Occitanie.

Première phase de la LGV Montpellier-Perpignan : 40% des financements apportés par les collectivités 

L'ensemble des collectivités locales partenaires ont validé le protocole d'intention de financement de la première phase du projet entre Montpellier et Béziers (une cinquantaine de kilomètres), s'est félicité Carole Delga qui a rappelé qu'elles financeront, à égalité avec l'État, 40% du coût total de ce tronçon, qui s'élève à un peu plus de 2 milliards d'euros, l'Europe intervenant à hauteur de 20%. Sur les 816 millions d'euros correspondant à la part des collectivités locales, la région apporte près de 335 millions d'euros. Les autres contributeurs sont les départements de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, Montpellier Méditerranée Métropole, Sète Agglopôle Méditerranée, les communautés d'agglomération Hérault-Méditerranée, Béziers-Méditerranée, le Grand Narbonne, Carcassonne-Agglomération ainsi que Perpignan Méditerranée Métropole.
À terme, la ligne reliant Montpellier à Perpignan devrait coûter un peu plus de six milliards d'euros et la région Occitanie mobilisera au total 41% de la part relevant des collectivités. 
L'État prévoit un "horizon 2030" pour la mise en service du tronçon Montpellier-Béziers et souhaite un "démarrage des travaux en 2033" pour la phase 2 qui finalise la liaison à grande vitesse Montpellier-Perpignan. Proposé par la région Occitanie et les collectivités locales et prévu par la loi d'orientation des mobilités (LOM) de décembre 2019, un établissement public local permettra notamment de porter le financement et de participer à la maîtrise d'ouvrage du projet. Cette société sera créée par ordonnance "avant avril 2022", a indiqué Matignon. Ouverte le 14 décembre dernier, l'enquête publique se déroule, elle, jusqu'à ce 27 janvier. La déclaration d'utilité publique devra ensuite intervenir dans un délai de 18 mois après sa clôture, soit au plus tard le 27 juillet 2023.

15 petites lignes ferroviaires à régénérer

Un autre protocole de financement a également été signé ce 22 janvier entre l'État et la région au profit de 15 petites lignes ferroviaires. Sur des besoins estimés à 1,6 milliard d'euros par SNCF Réseau, la région Occitanie financera 800 millions d'euros. 
"Au-delà des 257 millions d'euros de financement des lignes de desserte fines par l’État, sa participation complète sera fixée dans le courant de l’année 2022 dans le cadre des négociations du CPER 2023-2027", ont indiqué les signataires. En contrepartie de l’engagement financier de la région Occitanie, la SNCF crée aussi une équipe entièrement dédiée à la réalisation du programme et au maintien de la performance du réseau, l’Agence Plan Rail – une première en France.

Un premier cas de transfert total de lignes de l'État à la région 

Les 15 lignes de desserte fines du territoire concernées par ce protocole relèvent de trois catégories.  Sur deux lignes (Brive - Rodez et Foix - Latour-de-Carol), les travaux de régénération seront entièrement financés par SNCF Réseau à partir de 2023.
Deux autres lignes (Montréjeau - Luchon et Alès - Bessèges), qui étaient fermées au trafic de voyageurs depuis plusieurs années, seront désormais gérées par la région Occitanie qui financera la totalité des travaux de régénération et assurera le pilotage des travaux en direct. Il s'agit du premier cas de transfert de lignes à une région depuis l'adoption de la LOM - le ministre délégué chargé des transports a acté ce transfert le 9 septembre dernier. Pour Montréjeau - Luchon, la région prévoit d’engager 67 millions d'euros pour débuter les travaux cette année, avant une ouverture commerciale courant 2023. Concernant Alès - Bessèges, après la concertation préalable au printemps 2021, la région prévoit de mobiliser 66 millions d'euros avec pour objectif un démarrage des travaux en 2024.
Les autres lignes concernées par le protocole signé ce 22 janvier seront co-financées par la région (66,5%) et l’État avec SNCF Réseau (33,5 %) à travers le CPER. Il s'agit des lignes Le Monastier - Mende - La Bastide, Villefranche-de-Conflent - la Tour de Carol (Train Jaune), Perpignan - Villefranche-de-Conflent, (Nîmes) Saint-Césaire - Le Grau du Roi, Carcassonne - Limoux, (Toulouse) Empalot - Auch , Tessonnières - Rodez, Tessonnières - Capdenac,  Saint-Sulpice - Mazamet, Saint-Denis-près-Martel - Lamativie et Figeac - Bagnac.
D’autre part, deux lignes interrégionales - Béziers - Neussargues (Aubrac) et Nîmes - Clermont (Cévenol) - feront l’objet d’un protocole d’accord entre les régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes et l’État.

 

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