Formation : optimiser l’accompagnement des candidats grâce à des outil digitaux performants

Face aux ratés de la formation professionnelle, encore mal appréhendée par les actifs faute d’un accompagnement individualisé, les acteurs publics et privés misent sur la digitalisation pour créer des outils capables de proposer quasiment du sur-mesure.

Tant les formations professionnelles que les projets de reconversion professionnelle donnent peu de résultats probants sans un accompagnement personnalisé des personnes concernées. C'est le constat dressé par des participants d'horizons divers, à l’occasion d’un webinaire, organisé le 18 juin par Bayes impact et Nesta, avec le soutien de J.P. Morgan et Mastercard. Et "la crise a d’ailleurs mis en lumière ce fort besoin", a souligné en introduction Carine Seiler, la haut-commissaire aux compétences qui a ajouté que "l’on ne réussira pas les grands défis (monter en compétences, transition écologique…) sans cet accompagnent des actifs eux-mêmes".

Pourtant, les dispositifs ne manquent pas (bilan de compétences, compte personnel de formation, conseiller en évolution professionnelle, transition pro…), mais de nombreux écueils parasiteraient toujours le lien en offre et demande. Comment les surmonter ?

Un passeport compétences en projet 

Carine Seiler a suggéré de "descendre à une maille plus fine que celle des métiers", à savoir celle des compétences, de manière à "élargir le champ des possibles à partir des compétences acquises et pas seulement d’un métier". "Il faut que les actifs prennent conscience de leurs acquis", a-t-elle insisté, "une formation ne devrait plus commencer sans état des lieux des acquis afin d’ajouter des briques à ses compétences".

C’est tout l’enjeu du "passeport compétences", deuxième étape du dispositif Mon compte formation et partie la plus innovante, sur lequel planche actuellement la Caisse des Dépôts. Toute la pertinence de l’outil sera de renseigner l’intégralité des diplômes et formations de chaque actif ce qui implique de récupérer les données auprès de quelque 2.300 certificateurs. Ce passeport devrait simplifier les démarches des candidats car "toute la difficulté des personnes est d’arriver à identifier leurs compétences et leurs acquis pour se projeter", a constaté Pierre Blanchet, responsable du passeport compétences et de l’accompagnement des usagers à la Caisse des Dépôts. Aussi, "le passeport compétences répondra à cet objet : vous êtes à ce niveau, voici le gap pour aller où vous souhaitez".   

Diagoriente : une plateforme adaptée aux attentes des jeunes

Une innovation d’approche mais aussi technologique grâce à la digitalisation des process qui ouvre le champ des possibles. Mais si la gestion de la data et le bon usage du numérique jouent un rôle essentiel, encore faut-il savoir les mobiliser à bon escient, notamment pour cartographier ces compétences. La solution développée pour les jeunes par Diagoriente, start-up de l’État, est à ce titre exemplaire. Au terme de 8 ans de travaux autour de la valorisation des compétences transversales identifiée à la suite de 200 entretiens menés avec des jeunes en parcours accompagné d’insertion (Garantie jeunes), les porteurs du projet ont "compris ce que ces jeunes attendaient du dispositif et comment ils envisageaient une application numérique à leur service au cours de cet accompagnement vers l’emploi", a expliqué le directeur Pascal Chaumette.

La démarche s’est concrétisée en 2020 par la création de la plateforme Diagoriente qui s’adresse à tous les jeunes s’interrogeant sur leur orientation, et utilisée désormais par 166 missions locales, ainsi que des écoles de la seconde chance ou encore l’Epide. "Diagoriente offre deux types d’approche : à partir d’un repérage des compétences et pour apporter une aide aux choix", a ajouté Pascal Chaumette, soulignant que tout en ayant de fortes attentes, les jeunes en insertion n’avaient pas confiance en eux, car "cela leur rappelle des parcours chaotiques". Conséquence : ils s’interdisent d’aller vers formation et emplois.  

"Construire soi-même son parcours"

Parmi les initiatives optimisant l’accompagnement des candidats grâce à un outil digital performant, Bayes impat (ONG qui invente de nouveaux services technologiques pour aider les administrations dans la gestion des emplois et des compétences) a de son côté créé la plateforme "jobflix". Celle-ci guide les actifs dans leurs projets de reconversion en indiquant par département les métiers qui recrutent, ceux qui présentent peu de concurrence ou qui offrent un bon salaire "accessibles avec un bac+2 ou moins", mais aussi les moyens d’y accéder. L’objectif consiste aussi à "faire prendre conscience aux particuliers de l’existence de financement (CPF) et mettre en œuvre des opportunités d’emploi", a fait valoir Joanna Beaufoy, responsable contenu et bénéficiaires de Bayes impat.

Carine Seiler a enfin rappelé que de nombreuses initiatives mobilisant les data étaient également mises en œuvre dans le cadre du PIC (plan d’investissement dans les compétences), les Edec (engagement de développement de l’emploi et des compétences) et même à Pôle emploi qui travaille, en partenariat avec le gouvernement, à l’élaboration du Rome (Référentiel métiers et compétences opérationnel) 4.0.

"Tout l’intérêt des dispositifs digitaux est de permettre à chacun d’avoir accès à l’information, et donc de construire soi-même son parcours", a convenu la haut-commissaire aux compétences. "L’expert ne détient plus seul l’information. De prescripteur il devient passeur."

 

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