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Face au risque d’un péril jeune, l’Etat met 6,5 milliards d’euros sur la table

Après avoir rencontré les partenaires sociaux mardi, le Premier ministre, Jean Castex, et la ministre du Travail, Élisabeth Borne ont présenté ce jeudi 23 juillet à Besançon le plan "1 jeune, 1 solution" complétant les autres mesures d’ores et déjà prévues pour tenter de limiter la casse en matière de chômage des jeunes à la rentrée. Aux 3,5 milliards d’euros consacrés par an à la formation des jeunes, l’Etat y ajoute 6,5 milliards sur les deux prochaines années.

L’arsenal déployé par le gouvernement est à la hauteur de l’enjeu : ne laisser aucun jeune sans solution. "Protéger l’avenir des jeunes est l’une des priorités du gouvernement. J’ai donc souhaité leur consacrer le premier volet du plan de relance", a indiqué Jean Castex qui a annoncé une enveloppe de 6,5 milliards d’euros pour la période 2020/2021. "Fruit d’un dialogue mené́ avec l’ensemble des partenaires sociaux", ce plan plutôt exhaustif fixe trois priorités comportant chacune d’entre elles une série de mesures visant à proposer des solutions adaptées à chaque situation.

Ainsi, pour faciliter l’entrée dans la vie professionnelle des quelque 750.000 jeunes qui doivent arriver sur le marché́ du travail à la rentrée, en complément du plan en faveur de l’apprentissage, qui a été élargi aux contrats de professionnalisation, il est prévu une compensation de charge de 4.000 euros pour tout jeune recruté par une entreprise entre août 2020 et janvier 2021. Cela concerne l’ensemble des contrats de travail de plus de 3 mois des jeunes de moins de 25 ans, jusqu’à 2 Smic.

Cette "compensation de cotisations" sera de 1.000 euros chaque trimestre pendant un an maximum. Une prime équivalente sera versée aux entreprises qui accueillent un jeune en volontariat territorial en entreprise (VTE) vert. Mais pour François Asselin, "si vous n'avez pas d'activité, même si vous avez des aides, vous n'aurez pas d'embauches", a prévenu le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) pour lequel "beaucoup dépendra de l'efficacité du plan de relance attendu fin août".

Formation et orientation vers les secteurs stratégiques et d’avenir

Par ailleurs, 100.000 missions de service public supplémentaires seront créées en plus des 140.000 initialement programmées en 2020. Pour soutenir l’emploi associatif, les moyens du Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire (Fonjep) seront renforcés afin de créer 2.000 emplois supplémentaires (1.000 en 2021 et 1.000 en 2022). 2.500 jeunes seront orientés vers des emplois dans le monde du sport dans le cadre de l’action de l’Agence nationale du sport (ANS) qui représente jusqu’à 40% du coût moyen du salaire, le montant de l'aide pouvant atteindre 12.000 euros par an sur deux années.

Le deuxième axe porte sur la formation et l’orientation vers les secteurs et les métiers d’avenir. Dès 2020, 100.000 nouvelles formations qualifiantes ou pré-qualifiantes seront proposées aux jeunes sans qualification ou en échec dans l’enseignement supérieur. Elles seront concentrées sur des filières stratégiques et d’avenir : transition écologique ; numérique (au travers notamment du Pass numérique vers l’emploi avec un objectif d’atteindre 5.000 formations certifiantes en 2020 et le double en 2021) ; soin et santé (plus de 6.000 infirmiers et 10.000 aides-soignants formés en 2021) ; secteurs prioritaires du plan de relance impactés par la crise (tourisme, industrie, agriculture, agro-alimentaire…).

D’ici à la fin de l’année 2020, chaque jeune de moins de 25 ans sans qualification pourra accéder via "Moncompteformation" à une offre de formation qualifiante ou préparant à la qualification adaptée à ses besoins, intégralement financée par le service public.

Décrocheurs et jeunes éloignés de l’emploi

Par le biais du Plan d’investissement dans les compétences, un programme de 4 mois porté par l’Afpa proposera des "parcours personnalisés" aux décrocheurs scolaires de 16 à 18 ans afin de "redonner à 35.000 jeunes d’ici fin 2021 la capacité́ de se projeter", en leur faisant découvrir des métiers. Des solutions d’accompagnement concernent également les lycéens notamment les bacheliers exposés à la crise et les étudiants. Il s’agit de créer 10.000 formations universitaires supplémentaires à la rentrée et 11.700 dans les lycées en BTS,  en CAP d’un an, et d’accueillir 4.800 élèves bénéficiaires du CAP en 3 ans.

Enfin, le troisième et dernier volet concerne les jeunes éloignés de l’emploi avec comme objectif de "construire 300.000 parcours d’insertion sur mesure" au travers du renforcement de diverses formules déjà existantes : 60.000 Parcours emploi compétences (PEC) en 2021 en plus des 20.000 initialement programmés ; 60.000 nouveaux Contrat initiative emploi (CIE) en 2020 et en 2021 ; 35.000 jeunes en insertion par l’activité économique (IAE) ; 50.000 places (+50%) en garantie jeunes pour les plus vulnérables ; doublement sur deux ans de l’accompagnement intensif des jeunes mis en place par Pôle emploi s (241.000).

Les acteurs locaux sollicités

"La méthode de construction de ce plan est fondée sur le dialogue et la concertation avec les partenaires sociaux, les entreprises et les territoires", a souligné de son côté Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. "Nous l’avons pensé́ ensemble et en avons imaginé́ les déclinaisons précises et concrètes dans les entreprises et les territoires."

Le gouvernement qui souhaite que les outils nationaux soient adaptés aux spécificités locales compte ainsi sur les élus locaux pour définir les modalités de déclinaison territoriale de ce plan, mais aussi sur l’ensemble des structures de l’emploi pour mettre en place des "plans d’actions partagés". "Dans chaque région, précise le texte de présentation, le conseil régional, l’Etat et les partenaires sociaux définiront, avec les acteurs économiques, les secteurs prioritaires vers lesquels faire porter l’effort de formation et promouvoir les mesures, notamment dans le cadre des pactes régionaux d’investissement des compétences." Des partenariats avec les réseaux d’intervention auprès des jeunes devront également être construits de manière à garantir que chacun d’eux aura accès à une solution adaptée à ses besoins.

 

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