Hébergement - Plans territoriaux de sortie de l'hiver : les associations s'inquiètent de l'écart entre les objectifs et la réalité

Une circulaire du 4 janvier 2013 précisait les modalités de mise en oeuvre des "projets territoriaux de sortie de l'hiver" (PTSH), ainsi que les premières mesures, issues de la conférence contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale, en faveur de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal-logées (voir notre article ci-contre du 16 janvier 2013). Cette circulaire fixait au 15 février la transmission aux ministères concernés (Logement et Lutte contre l'exclusion), par les préfets de région, de ces plans territoriaux, qui constituent la principale novation du plan Hiver 2012-2013.
Comme Localtis l'avait alors souligné, ce calendrier paraissait très serré. Dans un communiqué du 11 février, le Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal-logées - qui regroupe une trentaine d'organisations, dont la Fnars, Emmaüs, le Secours catholique, ATD Quart Monde, la fondation Abbé-Pierre, l'Uniopss... - s'inquiète à son tour d'un possible retard. Il avait d'ailleurs déjà fait état de ce risque en novembre dernier (voir notre article ci-contre du 26 novembre 2012). Selon le collectif, "force est de constater que la dynamique ne s'est lancée sur les territoires qu'après la publication de la circulaire du 4 janvier 2013". Afin de suivre les avancées de cette démarche, le collectif a donc mis en place un "compte à rebours", basé sur un échantillon d'une vingtaine de départements. Celui-ci fait apparaître des résultats "peu encourageants". Ainsi, si une réunion de lancement des PTSH a bien eu lieu dans la majorité des départements de l'échantillon, "elle ne remplit que partiellement les objectifs de concertation et de recensement des besoins et de l'offre disponible". De nombreux acteurs sont absents de ces réunions dans les deux tiers des départements (logement d'insertion, santé, justice, asile, ainsi que les personnes accueillies elles-mêmes). Le collectif estime que la méthodologie est satisfaisante dans sept départements seulement, tandis qu'elle est "floue ou incomplète" dans dix autres départements.
En outre, le "compte à rebours" montre que "si le diagnostic des besoins est engagé sur la majorité des départements enquêtés, leur périmètre ne concerne pas l'ensemble des situations de mal-logement, mais principalement les personnes mises à l'abri dans le cadre du dispositif hivernal". Une situation qui s'explique à la fois par les délais très courts et par le fait que la circulaire du 4 janvier "reste très centrée sur les publics mis à l'abri dans le cadre du plan hivernal".
Le collectif souhaite donc attirer l'attention de l'Etat sur "l'inadéquation entre les objectifs des PTSH et leur réalité". Il espère également que "les faiblesses pointées par son compte à rebours seront prises en compte dans le cadre du suivi du plan de lutte contre la pauvreté". 

 

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