Transports - PLF 2015 : les députés votent une hausse de la taxe sur le gazole pour les poids lourds pour compenser l'abandon de l'écotaxe

Les députés ont finalement voté dans la nuit du 20 au 21 octobre, dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2015, l'élargissement aux poids lourds de la hausse de la taxation sur le gazole, applicable aux automobilistes au 1er janvier. Le "péage de transit poids lourds" ayant été enterré par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, un mécanisme de compensation a en effet dû être trouvé in extremis. Cette hausse est, comme pour les automobilistes, composée de deux augmentations distinctes : d'une part, deux centimes, votés l'an dernier dans le cadre de la taxe carbone, dont les camionneurs devaient être initialement exonérés. Et d'autre part, deux autres centimes votés cette année pour compenser le manque à gagner après l'abaissement du périmètre de l'écotaxe, ensuite abandonnée.
"Il n'était pas juste fiscalement que les transporteurs routiers ne participent pas à cet effort alors qu'ils sont responsables de l'essentiel de la dégradation d'usure du réseau routier", a souligné l'écologiste Eva Sas, auteur de l'amendement voté sur cette hausse. Cet amendement rapportera 332 millions d'euros qui seront transférés à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf). Le péage de transit poids lourds, qui devait succéder à l'écotaxe, aurait dû rapporter "540 millions d'euros en régime de croisière", selon le secrétaire d'Etat au budget, Christian Eckert.
La hausse de deux centimes d'euros votée cette année pour les automobilistes rapportera 800 millions d'euros pour l'Afitf. "Le coût pour les ménages qui ont un véhicule diesel est entre 15 et 30 euros par an", a relativisé la rapporteure générale du Budget Valérie Rabault, face aux critiques de l'opposition.
"Il faut financer les infrastructures de transport", a souligné Christian Eckert pour qui l'abandon de l'écotaxe est "un peu l'histoire d'un fiasco collectif". Le secrétaire d'Etat au budget a évoqué les autres pistes de financement complémentaires. "La contribution des sociétés concessionnaires d'autoroutes nous semble possible mais une taxe sur leurs bénéfices nous paraît compliquée. Il y a d'autres pistes, les investissements qu'elle pourrait prendre en charge..., nous nous sommes donnés un mois pour essayer d'arriver à un consensus", a-t-il souligné en n'excluant pas une "dénonciation des contrats". Le ministre a aussi évoqué comme piste l'interdiction de circuler sur certaines routes nationales pour les camions en transit.
 

 

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