PLF 2020 : le budget des Sports dopé par les Jeux olympiques

Le budget du ministère des Sports va connaître une nette hausse en 2020. Si les crédits de l'Agence nationale du sport, qui financent le sport pour tous dans les territoires, restent stables, ceux des ouvrages olympiques s'envolent.

À en croire le projet de loi de finances (PLF) pour 2020 rendu public le vendredi 27 septembre, le ministère des Sports bénéficiera l'an prochain d'un budget "en hausse". Avec 710,42 millions d'euros de moyens d’intervention, il s'agit, selon le dossier de presse du ministère d'"un niveau inédit depuis 2006 avec +9,8% d’augmentation, soit un peu plus de 65 millions d'euros (à périmètre constant)". Dans le détail, cette hausse spectaculaire dans un contexte de réduction des dépenses publiques appelle des commentaires.

La part la plus importante de ce budget (297,16 millions d'euros, soit 42% du total) est constituée des moyens de l'administration centrale. Ici, on note que le budget 2020 intègre à nouveau la masse salariale des quelque 1.600 conseillers techniques sportifs (CTS) détachés auprès des fédérations, ce qui représente 120,84 millions. Des moyens "en légère hausse" en faveur des Creps (centres de ressources, d'expertise et de performance sportive) et des écoles nationales dépendant du ministère (117,36 millions) et un budget de fonctionnement de près de 59 millions pour la direction des sports complètent cette part.

Dotation stable pour l'Agence nationale du sport

L'autre "gros morceau" du budget du ministère des Sports est constitué par sa contribution à l'Agence nationale du sport (ANS). Pour 2020, celle-ci bénéficiera de 284 millions d'euros de l'État. Cette manne, à périmètre constant là encore, reste inchangée car le budget 2019 de l'ANS, créée en avril dernier, prenait en compte des engagements passés du CNDS dont elle a pris la place.

Le volet "haute performance" de l'ANS devrait s'établir à 90 millions d'euros. Il comprendrait notamment la dotation aux fédérations sportives (61,1 millions), mais aussi 9 millions dédiés aux équipements structurants nationaux accueillant des compétitions internationales ou encore 6 millions pour le soutien du haut niveau régional.

L'enveloppe dédiée au développement des pratiques sportives pour tous serait dans ce cas de 194 millions d'euros. 68,1 millions iraient au soutien aux clubs et associations investis dans les projets sportifs fédéraux (PSF) et les structures territoriales hors PSF. 48,25 millions seraient investis pour financer 5.070 emplois structurants dans 4.500 clubs et 3 millions pour l’apprentissage. Quant au soutien aux équipements sportifs territoriaux, il serait de 45 millions d'euros. Cette dernière somme comprenant notamment 15 millions destinés à financer l’appel à projets "Aisance aquatique" pour soutenir la rénovation ou la création d’équipements aquatiques et 7 millions fléchés vers les contrats de convergence en outre-mer. Soit un solde de 23 millions d'euros pour soutenir les projets d'équipements territoriaux hors piscines et outre-mer.

ANS : une ventilation des crédits à définir

En matière de fléchage des crédits de l'ANS toujours, 2 millions d'euros devraient être consacrés à "encourager la performance sociale du sport". Les associations qui oeuvrent pour l’inclusion par le sport bénéficieraient alors pour la première fois de financements du ministère des Sports, lequel précise que son appel à projets lancé cette année connaît un "succès sans précédent" : 800 dossiers ont déjà été déposés et sont en cours de traitement.

En ce qui concerne le budget de l'agence, il faut enfin noter deux choses. D'une part, la ventilation annoncée par le ministère s'appuie sur celle de 2019. Conformément aux statuts de l'ANS, la répartition des crédits pour 2020 "sera construite avec les parties prenantes de l'agence", à savoir le mouvement sportif, les collectivités territoriales et les entreprises. Dans ces conditions, les précisions apportées par le ministère sur la ventilation des différentes enveloppes peuvent apparaître aujourd'hui prématurées. Par ailleurs, le dossier de presse du ministère précise qu'il s'agit de "crédits publics hors apports des partenaires et ressources privées". En effet, les statuts de l'agence prévoient que les autres partenaires, et notamment les collectivités territoriales et les entreprises, peuvent contribuer à son budget. Pour l'heure, aucune autre institution que l'État ne s'est manifestée pour abonder son financement.

Le budget des équipements olympiques doublé

Si les crédits de l'administration centrale et ceux de l'Agence nationale du sport restent stables à périmètre constant, d'où vient la hausse de 65 millions d'euros du ministère des Sports pour 2020 ? Tout simplement d'"une montée en charge sans précédent" du financement des infrastructures en perspective des Jeux olympiques de Paris en 2024. Les équipements sportifs structurants, qu'il s'agisse de sites de compétition ou de sites d'entraînement, vont ainsi bénéficier l'an prochain d'une enveloppe de 129,25 millions d'euros, contre 65 millions en 2019.

Cette montée en charge n'est d'ailleurs qu'un début. La Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques) doit en effet investir 3,2 milliards dans les ouvrages olympiques, dont environ 1 milliard provenant de l'État.

 

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