Police municipale : les épreuves sportives des concours vont être modifiées
Les candidats aux concours des cadres d'emplois des policiers municipaux vont devoir revoir leur préparation aux épreuves physiques. La nature de celles-ci va en effet évoluer à partir de l'an prochain. Un test d’endurance cardio-respiratoire et un parcours d’habileté motrice seront au programme. Ces évolutions étaient à l'ordre du jour ce 18 février d'une séance du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale. L'instance a par ailleurs adopté un vœu pour défendre les droits syndicaux dans les collectivités.
© Capture vidéo Police Nationale / test d’endurance cardio-respiratoire
A la phase de l'admission, les candidats aux concours des cadres d'emplois des agents de police municipale (catégorie C), des chefs de service de police municipale (catégorie B) et des directeurs de police municipale (catégorie A) sont soumis actuellement à un entretien avec un jury et à des épreuves physiques. Affectées d'un coefficient 1, ces dernières comprennent une épreuve de course à pied et une autre épreuve physique, choisie par le candidat au moment de son inscription au concours parmi plusieurs disciplines (saut en hauteur, saut en longueur, lancer de poids ou natation).
Mais il n'en sera bientôt plus ainsi. En effet, ces épreuves vont changer de nature : elles seront remplacées par les épreuves physiques qui sont aujourd'hui prévues pour les concours de la police nationale. C'est ce que prévoit un projet de décret que le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) a examiné – et adopté à l'unanimité – lors de sa séance plénière, ce 18 février.
Les candidats aux trois cadres d'emplois précités devront ainsi se soumettre à un test d’endurance cardio-respiratoire, qui consiste à accomplir des allers et retours sur une distance de 20 mètres, à une vitesse progressivement accélérée. Ils devront aussi réaliser en un temps limité un parcours d’habileté motrice composé de dix ateliers (porter d'un sac lesté, pompes, franchissement de haies, passage en équilibre sur une poutre...).
Les candidats seront évalués selon le barème qui est aujourd'hui utilisé pour les concours de la police nationale, comme le prévoit un projet d'arrêté.
Du changement aussi pour la filière sportive
La modification concernera les concours externe et interne des trois cadres d'emplois, ainsi que l'examen professionnel d'accès par voie de promotion interne au cadre d'emplois des chefs de service de police municipale.
Le décret entrera en vigueur le lendemain de sa publication. Néanmoins, indique le gouvernement, les concours et les examens professionnels d'accès aux cadres d’emplois visés par la réforme mais ouverts avant cette date "se poursuivront jusqu'à leur terme, dans les conditions fixées par l'arrêté d'ouverture". Compte tenu du calendrier des concours et examens professionnels fixé par la Fédération nationale des centres de gestion, les premiers concours concernés "seront ceux organisés en 2027 pour le recrutement des agents de police municipale", précise-t-il.
Un autre projet de décret, sur lequel le CSFPT était consulté, porte sur les épreuves physiques constituant la phase d'admission des concours d'accès à la filière sportive de la fonction publique territoriale. Il prévoit notamment de rendre facultative l’épreuve physique du concours d’accès au cadre d’emplois des conseillers territoriaux des activités physiques et sportives (catégorie A). Aujourd’hui obligatoire, celle-ci comporte de la natation et de la course à pied. Le CSFPT a adopté ce projet de texte à l'unanimité.
Garantie des droits syndicaux : le CSFPT monte au créneauLors de la séance, les membres du conseil supérieur ont adopté à l'unanimité un vœu sur les conditions d'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale. Ils entendent protester contre la disparition d'une disposition du décret du 3 avril 1985 relatif à l'exercice de ce droit dans les collectivités. L'article en question prévoyait que l'autorité territoriale et les organisations syndicales peuvent s'accorder pour instaurer des "conditions plus avantageuses" s'agissant des droits accordés aux représentants du personnel (mise à disposition de locaux, possibilités d'affichage, crédits de temps, etc.). Mais il est passé à la trappe avec la codification de la partie réglementaire du code général de la fonction publique, censée pourtant être menée à droit constant. "Cette suppression inattendue et non concertée provoque de facto une remise en cause des accords existants" et empêche "la négociation de nouveaux accords ou leur actualisation, notamment à l'issue des prochaines élections professionnelles", dénonce l'instance. Affirmant "leur profond attachement au dialogue social", ses membres (qui sont des élus locaux et des représentants des syndicats) appellent à ce que les dispositions aujourd'hui disparues soient introduites dans le projet de loi de simplification des normes applicables aux collectivités territoriales, qui sera examiné au Sénat après les municipales. |