Politique de la ville : Nadia Hai lance les 14 premiers "quartiers productifs"

Pour redynamiser le tissu économique des quartiers prioritaires de la politique la ville, le gouvernement lance le dispositif "Quartiers productifs", avec plusieurs partenaires dont la Banque des Territoires. Le Printemps des Territoires a été l’occasion de revenir sur la façon d’accompagner plus globalement ces territoires et leurs élus, alors que s’achève le première programme de rénovation urbaine et que s’accélère la mise en œuvre du deuxième.

Le programme "Quartiers productifs" sera déployé sur 14 territoires pilotes où sont implantés des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Annoncé le 29 janvier dernier lors du Comité interministériel des villes (voir notre article du 29 janvier 2021), ce nouveau dispositif visant à accompagner la "dynamique économique" des QPV a été lancé le 18 mars par Nadia Hai, ministre de la Ville, à l’occasion du Printemps des Territoires organisé par la Banque des Territoires. "Il est temps de changer de regard et d’accompagner la dynamique de créativité" des quartiers sous l’angle économique, et non plus seulement social, a mis en avant Nadia Hai.

Soutien à l’entrepreneuriat, implantation d’activités nouvelles, numérique : un label pour faciliter la mise en œuvre de projets

Porté par le ministère de la Ville et "mis en œuvre conjointement par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), la Banque des Territoires de la Caisse des Dépôts et Bpifrance", le programme est destiné à "accompagner les collectivités dans la définition de stratégies territoriales de développement économique et rendre plus accessible l’offre de dispositifs existants", selon un communiqué du ministère de la Cohésion des territoires. L’accent sera mis sur quatre priorités : le soutien à l’entrepreneuriat, le développement du commerce et de l’artisanat, l’implantation d’activités productives nouvelles et l’accélération de la transition numérique. Sur des sujets tels que l’entrepreneuriat féminin et la création d’espaces de co-working, "le label quartiers productifs permettra de faciliter, d’accélérer la mise en œuvre des projets", a illustré la ministre de la Ville.

Les 14 premiers territoires concernés sont la communauté urbaine d’Arras, les communautés d’agglomération de Laval, de Maubeuge Val de Sambre, du pays de Montbéliard, du grand Narbonne, les établissements publics territoriaux (EPT) Est Ensemble et Grand Paris Sud, les métropoles d’Aix-Marseille, de Montpellier, de Nancy et de Toulouse, les communes Orly-Choisy, Roubaix et Saint-Louis de la Réunion.

2021, année charnière pour la rénovation urbaine

Le soutien de la Caisse des Dépôts / Banque des Territoires à ce programme s’inscrit dans le cadre de la nouvelle convention d’objectifs pour les quartiers prévoyant 225 millions d’euros d’investissements et d’ingénierie sur trois ans. Outre la redynamisation économique, la Banque des Territoires intervient dans le déploiement des bus France services dans les quartiers. Elle finance, surtout, la construction et la réhabilitation de logements et d’équipements publics dans les quartiers, via les fonds d’épargne, avec "plus de 3,5 milliards d’euros" de prêts depuis 2014, selon Marina Alcalde, directrice de projet politique de la ville à la Banque des Territoires.

En matière de rénovation urbaine, l’année 2021 sera celle de la "fin du premier programme" et de "l’amplification du deuxième programme", a rappelé Nicolas Grivel, directeur général de l’Anru. Avec un "effet de levier fois quatre" par rapport aux 12 milliards désormais dédiés à ce sujet, "près de 50 milliards d’euros tout financeurs confondus" permettront de "poursuivre la transformation profonde de ces quartiers", a-t-il salué, mettant en avant les champs d’intervention complémentaires (services, qualité de vie, économie, santé…) à celui de la rénovation urbaine.

Pour réussir cette transformation, "il faut tout faire en même temps et le faire sur la durée", avec un tableau de bord et un suivi précis par quartier et par immeuble, a témoigné Jean-François Copé, maire de Meaux. Avec cependant deux préalables selon lui : "il faut casser ce qui n’est plus habitable et il faut mettre le paquet sur la sécurité et la qualité de vie, sinon on ne peut pas y arriver". Désormais, à Meaux, "les gens se sentent appartenir à une même ville, là où j’étais maire de deux villes en une", a-t-il ajouté.

Le contexte sanitaire complique la concertation avec les habitants

La séquence a également été l’occasion de mettre l’accent sur deux défis pour cette nouvelle étape de la rénovation urbaine des QPV. D’une part, un défi très actuel : le contexte sanitaire qui, de l’avis d’Anne-Sophie Grave, présidente du directoire de CDC Habitat, "complique" le travail indispensable de concertation avec les habitants sur les projets. "On invente autre chose", a-t-elle expliqué, évoquant des réunions en pied d’immeuble, l’intervention d’habitants-relais ou encore de sociologues pour travailler sur les "usages" avec les habitants. D’autre part, il importe, de l’avis des participants, d’accélérer sur la gestion et la rénovation des copropriétés dégradées. CDC Habitat a créé un outil spécifique d’intervention d’urgence dans des situations critiques, tandis ce que la Banque des Territoires étudie actuellement la possibilité d’accompagner financièrement les collectivités sur la rénovation du bâti privé.

 

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