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Développement des territoires - Pour le Cner, le regroupement des agences de développement économique ne générera pas d'économies

Le Cner est surpris des préconisations du rapport sur les aides aux entreprises, présenté le 18 juin 2013 à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Le rapport propose de rationaliser la carte des agences de développement économique pour n'en garder qu'une par région. Pour le délégué général du Cner, Antoine Angeard, ce mouvement ne donnera pas les économies escomptées, soit 70 millions d'euros.

Le Conseil national des économies régionales (Cner) qui fédère les agences de développement et les comités d'expansion économique, a vivement réagi au rapport sur les aides aux entreprises remis le 18 juin à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Le rapport propose de "rationaliser la carte des 110 agences de développement économique pour n'en garder qu'une par région". Une mesure qui permettrait d'économiser 70 millions d'euros. "Il y a beaucoup de points positifs dans ce rapport, mais nous concernant, il acte des choses qui sont déjà en cours, explique Antoine Angeard, délégué général du Cner, l'articulation avec les régions est déjà en cours, le dialogue avec bpifrance également."
Pour le Cner, l'idée de rationaliser, de manière systématique, l'organisation des agences de développement, ne va pas conduire à des économies. "Arrêtons de faire croire qu'en supprimant les agences départementales on aura 70 millions d'euros d'économies ! Il va y avoir au contraire de la perte. Si on supprime ces agences départementales et qu'on recrée des antennes ou relais de proximité, comme le propose le rapport, on va augmenter les frais !", explique le responsable du Cner, qui craint aussi une perte de compétences au passage, les métiers du personnel des agences de développement étant bien spécifiques, avec une nécessité de polyvalence (urbanisme, aides aux entreprises…). D'après lui, il est plus judicieux de "poursuivre le mouvement de rapprochement engagé entre certaines agences de développement" et de réfléchir au cas par cas sur chaque territoire pour voir quelle est la structure la mieux adaptée.
Le Cner a déjà mené une étude sur le sujet (cf notre article ci-contre), publiée le 13 février 2013, qui portait sur trois régions (Bretagne, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais). Elle prônait un travail de coordination entre les agences régionales et les agences départementales ou locales.
Côté économie, les agences de développement estiment faire leur part. "Depuis trois ans, on a en moyenne 10% de budget en moins chaque année, sachant que le budget moyen d'une agence de développement économique n'atteint que 1,5 million d'euros", détaille Antoine Angeard. "Nous sommes d'accord pour faire des efforts, nous les faisons, et nous pouvons le prouver, mais aujourd'hui c'est sur nous qu'on tape pour faire des économies !", souligne le délégué général, estimant que ce sont en effet les opérateurs des collectivités, tels que les agences de développement, qui souffrent en premier lieu des conséquences des réductions budgétaires.
Le Cner a été d'autant plus surpris par les annonces du rapport qu'il a bien été auditionné dans le cadre de l'évaluation des aides aux entreprises, mais à aucun moment sur l'organisation des agences… Le Conseil espère pouvoir faire part de ses interrogations au ministre du Redressement productif ainsi qu'aux auteurs du rapport.


Emilie Zapalski

Les agences métropolitaines créent le club "Invest in French Metropolises"
Les agences métropolitaines (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Toulouse) ont créé, le 18 juin 2013 à Lyon, le club "Invest in French Metropolises", un cercle d'influence et de collaboration. Objectif : favoriser une meilleure collaboration entre les agences, faire reconnaître les métropoles comme des acteurs majeurs de l'attractivité et de la compétitivité nationales, et renforcer l'attractivité des métropoles. Actuellement, les métropoles françaises représentent 80% des projets d'investissements attirés en France et leur attractivité ne s'essouffle pas, contrairement à l'attractivité nationale.
D'après le dernier baromètre d'Ernst & Young, publié en juin 2013, la France est en 2013 le troisième pays d'accueil de projets d'investissements. Elle recule d'une place au profit de l'Allemagne. C'est l'Ile-de-France qui tire une bonne partie de ces investissements. Le club considère qu'il faut davantage miser sur les métropoles pour renforcer l'attractivité de la France. "Les villes françaises souffrent d'un déficit de notoriété, accentué par la vision française de l'attractivité. Le fait métropolitain est en train de s'imposer et constitue une vraie chance pour la compétitivité nationale, expliquent ainsi les directeurs généraux des agences de Invest in French Metropolises dans leur dossier de présentation, les agences métropolitaines françaises souhaitent mettre leurs talents au service de l'attractivité nationale."
Pour le délégué général du Cner, Antoine Angeard, c'est une démarche tout à fait cohérente, les agences étant adhérentes au Cner, qui vise à mettre l'accent sur l'attractivité. "Il s'agit d'une opération de marketing territorial pour promouvoir les métropoles", explique-t-il.
E.Z.