Pour manger mieux, les "paniers solidaires" du CCAS de Grenoble

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Drôme

Depuis 2009, le CCAS de Grenoble a développé un système de "paniers solidaires" pour redonner l'envie de manger mieux et local, sans forcément dépenser plus. Accessible à tous, avec des tarifs adaptés aux ressources, cette action repose sur la participation des habitants.

Un tarif progressif, pratique à mettre en œuvre

Le CCAS a eu l'idée d'organiser lui-même un circuit court pour rendre les fruits et légumes accessibles à des ménages à bas revenus, qui souvent n'en consomment plus ou très peu. Pour cela, les responsables ont contacté des producteurs locaux de fruits et légumes et le CCAS a passé contrat avec trois d’entre eux pour leur acheter une quantité définie de produits à un prix fixé. Le CCAS les revend ensuite avec une tarification solidaire : de 4 euros le panier de 3,5 kg pour les plus bas revenus à 9 euros pour le tarif haut. Ce qui lui permet d’étendre le service à un public plus large. Le coût d'achat par le CCAS est de 7,5 euros. Chaque ménage s'abonne pour trois mois minimum. Le coût de son panier est déterminé à partir du quotient familial. La distribution des paniers ayant lieu dans les "maisons des habitants" (les anciens centres sociaux, qui hébergent les CAF), les familles qui souhaitent s’abonner peuvent y consulter directement la borne CAF pour connaitre leur quotient, sans avoir besoin de faire une demande. En 2011, un abonné sur cinq a payé le prix fort (9 euros), 18% le prix de 7 euros, plus d'un tiers 5,50 euros, et un gros quart le plus bas prix.

Les habitants mettent la main au panier

L'initiative a d'abord été expérimentée à parti de 2009 sur un quartier vieillissant où se réinstallent aujourd’hui de jeunes couples, "avec une bonne diversité sociale" souligne l'élu. A l’issue de cette phase test, l’action a été étendue aux onze centres sociaux, progressivement transformés en maisons des habitants.
Une fois par semaine, les producteurs livrent sur des palettes leurs fruits et légumes aux maisons des habitants. Des habitants bénévoles se chargent ensuite de remplir les paniers. "C'est l’occasion pour eux de se retrouver autour d’une activité simple à mettre en œuvre", commente Olivier Noblecourt, maire adjoint, président du CCAS de Grenoble.

Une perception nouvelle du service social

Grâce à cela, certains habitants qui évitaient le centre social franchissent désormais le seuil de la maison des habitants avec plaisir. "Nous voulons sortir de la logique du service social - déconsidéré - et nous avons pour cela besoin d'actions collectives fortes qui véhiculent une nouvelle image et ouvrent les maisons des habitants à un plus large public. Les paniers solidaires entrent parfaitement dans ce projet", souligne le président du CCAS. De fait, la mayonnaise a pris : des cours de cuisine se sont rapidement mis en place, puis un concours de master chef. Des habitants se sont également organisés pour faire des achats groupés sur d'autres types de produits et mettent en place des paniers d'épicerie solidaire.

Préserver la dimension conviviale et la mixité

"Le CCAS a très vite été débordé par le nombre de demandes", se délecte l’élu, qui remarque que le public est fort varié. Familles nombreuses, jeunes couples sans enfants, demandeurs d'asile, etc. Début 2012, le CCAS comptabilisait près de 500 familles abonnées. Le CCAS veut limiter le nombre de bénéficiaires à une cinquantaine par maison des habitants : à la fois pour des questions de place (stockage, distribution des paniers), mais également pour garder une dimension conviviale.

Premiers enseignements

Le démarrage a été la période la plus difficile. "Un tel projet ne peut pas se monter en trois mois. Il faut trouver le producteur et des habitants réactifs, et prendre le temps d'informer et d'accompagner”, insiste l’élu. Ensuite, lors du premier renouvellement des abonnements, 20 à 30% des ménages ne se sont pas réinscrits. “Cela nous a inquiété et après analyse, nous avons constaté que c'était un taux de déperdition normale. Si certains arrêtent car ils jugent le système trop contraignant, à d'autres cela a donné l'envie d'acheter eux mêmes ces produits." La formule de l'abonnement reste quoi qu'il en soit indispensable pour pouvoir travailler avec des producteurs locaux.

Coût limité

A terme, l'opération doit être neutre financièrement. Mais ce n'est pas encore le cas, en raison notamment du coût des livraisons. L'objectif pour 2011 a été rempli : 11.000 paniers livrés. Le coût de la collectivité étant d'un euro par panier, le delta pour le CCAS devrait donc se situer entre 10 et 15.000 euros.

Emmanuelle Stroesser / Agence Traverse pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

 

CCAS - Grenoble

Nombre d'habitants :

158221
28 Gallerie de l'Arlequin
38100 Grenoble Cedex
ccas@ccas-grenoble.fr

Olivier Noblecourt

Adjoint au maire, Vice président du CCAS
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