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Pour remédier à la désertification bancaire, Brink's propose ses propres distributeurs

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Michel Tendil / Localtis
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Cohésion des territoires

Depuis cet été, la société Brink's développe une offre de distributeurs automatiques de billets dans les villages, sans passer par les réseaux bancaires. Une offre qui vise à suppléer la disparition des distributeurs mais aussi à accompagner les communes désireuses de revitaliser le commerce de leur centre.

Depuis cet été, la petite commune de Locmaria-Plouzané, 5.180 habitants, dans le Finistère, dispose d’un distributeur de billets bien visible baptisé "Point Cash". Il ressemble à n’importe quel distributeur, sauf que derrière, il n’y a aucune banque. C’est la Brink’s, célèbre société de convoyage de fonds, qui l’a installé, bien décidée à suppléer la disparition des distributeurs automatiques de billets (DAB) dans les territoires ruraux mais aussi à participer à la redynamisation des centres-villes. C’est ce qu’elle a annoncé lundi 26 août. "Fruit d’un partenariat avec la collectivité locale, cette première implantation de l’offre Point Cash vient répondre aux préoccupations des communes rurales", se félicite la société, dans un communiqué. La formule "vise à préserver et à dynamiser l’activité économique en apportant un service de distribution d’espèces, là où la densité du maillage du réseau de distribution bancaire ne le permet plus", développe-t-elle, alors que de nombreuses communes sont dépourvues de distributeurs, dans un contexte de fermeture de nombreuses agences. "Nous avions une agence bancaire jusqu'en juin 2018, mais elle a fermé et emmené le distributeur de billets. Nous avons alors cherché d'autres solutions", a ainsi expliqué à l'AFP Viviane Godebert, maire de la commune. Et d’après l'élue, le distributeur installé le 17 juillet "ramène du flux, des gens dans le bourg".

Plus de soixante-dix demandes

L’automate est fourni clé en main. Pour les communes, il faut avoir un local disponible répondant aux normes de sécurité. Elles doivent ensuite acquitter un forfait maximum de 1.500 euros par mois pour la supervision et la maintenance technique, mais il peut être rapidement compensé par le dégrèvement des commissions interbancaires. En clair, plus les retraits sont nombreux, plus la compensation sera élevée. Les usagers, eux, n’ont à supporter aucun frais.

Selon la société, plus de soixante-dix mairies ou intercommunalités sont déjà intéressées, on compte aussi dans le lot des demandes de banque en marque blanche voire des commerces. "On a des situations très variées, des villages de 700 habitants ou des communes de plus de 5.000 habitants, certaines ayant perdu un distributeur, d’autres n’en ayant jamais eu, ou qui en veulent plus ; très souvent les communes se placent dans une démarche de redynamisation du centre-ville ou du centre du village", explique à Localtis Stéphanie Courtois, directrice de la communication de Brink’s France. Sachant, comme elle le rappelle, que "plus de 80% des Français effectuent leurs achats du quotidien en espèces".

3.000 distributeurs fermés en trois ans

Le sujet de la présence des distributeurs était au cœur des revendications des gilets jaunes, alors que 3.000 distributeurs ont fermé en trois ans, selon un récent rapport de la Banque de France. Rapport qui, toutefois, relativise le constat de "désertification bancaire" dénoncée quelques mois plus tôt par des sénateurs. Car avec 53.000 distributeurs automatiques de billets et de plus de 23.000 points de distribution d’espèces, par exemple chez des commerçants ou des débitants de tabac, la France conserve une "très bonne accessibilité aux espèces", assure la Banque de France, expliquant que les fermetures d’agences ont surtout affecté des villes de plus de 10.000 habitants. Seulement, la Banque de France se place dans une logique de temps d’accès minimum. Or 28.664 communes métropolitaines sont non équipées de distributeur, essentiellement des communes de moins de 2.000 habitants. Et quatre intercommunalités en sont dépourvues : les communautés de communes du Canton d'Oulchy-le-Château (Aisne), du Pays de Sanon (Meurthe), des Côtes de Meuse Woëvre (Meuse) et d’Entre Aire et Meuse-Triaucourt-Vaubécourt (Meuse).

D’autres modalités sont actuellement développées comme le "cash back" - consistant à payer à un commerçant plus que la somme due pour se faire restituer le solde en espèces - autorisé depuis un décret du 24 décembre 2018.

Brink's espère déployer rapidement un millier de ses distributeurs.

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