Près d'un Français sur quatre concerné par le travail le dimanche
La direction de la statistique du ministère du Travail et de l’Emploi (Dares) publie une étude qui dresse un état des lieux du travail dominical dans l’Hexagone en 2025. Avec des comparaisons selon différents critères remontant jusqu’à 1990.
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En 2025, 23,2% des personnes en emploi ont travaillé au moins un dimanche sur une période de quatre semaines consécutives. Un pourcentage inférieur d’un point à celui relevé en 2024 et globalement bien en deçà du niveau enregistré en 2019 (25,8%), année de référence d’avant la crise sanitaire. Par comparaison avec l’année 2013, date à laquelle l’approche statistique a évolué en la matière, la Dares constate cette année-là que 13,9% des salariés déclaraient avoir travaillé au moins deux dimanches sur une période de quatre semaines consécutives et 21,2% un dimanche sur quatre semaines consécutives. S’agissant des indépendants, en 2013, ils étaient 36,1% à déclarer avoir travaillé au moins deux dimanches sur une période de quatre semaines consécutives et 47,8% au moins un dimanche sur quatre.
En 2025, toujours concernant les indépendants, le pourcentage de ceux ayant travaillé au moins un dimanche sur une période de quatre semaines consécutives fleurte avec la barre des 40% tandis qu’il s’établit à 20,7% pour les salariés.
Le travail du dimanche, constate la Dares, concerne tout particulièrement les métiers de l’agriculture où 54,3% des personnes en emploi ont travaillé au moins un dimanche sur une période de quatre semaines consécutives en 2025. Sans surprise, le phénomène est également très répandu dans les métiers de l’hébergement et de la restauration (47,3%), la santé (43,2%), la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac (27,6%) ou encore dans le transport et la logistique (23,6%). Également en 2025, 55,6% des personnes en emploi dont l'activité relève de la protection et de la sécurité des personnes et des biens ont travaillé au moins un dimanche au cours d'une période de quatre semaines, contre 23,2% parmi l'ensemble des actifs en emploi. A contrario, ils ne sont que 7,6% à être concernés dans le secteur de la construction.
Le travail dominical concerne davantage les femmes
En la matière, le secteur public n’est pas en reste puisque 55,3% des agents des hôpitaux publics ont travaillé au moins un dimanche sur une période de quatre semaines consécutives en 2025 ; ils sont même 33,6% à avoir travaillé au moins deux dimanches sur la même période. Au global, 36,1% des agents de l’Etat ont travaillé au moins un dimanche sur une période de quatre semaines consécutives en 2025. Les agents des collectivités locales sont 14,1% à connaître cette situation contre 17,2% des employés du privé.
Si les indépendants forment le contingent le plus important à être concerné par le travail dominical, l’étude révèle que 24,3% des personnes en CDD le sont également, comme 12,8% de celles en intérim ou encore 11,9% des personnes en alternance ou en stage. S’agissant enfin de la répartition par catégorie d’âge comme par niveau de diplôme, la Dares ne relève pas de distinctions significatives.
Elle indique également que le pourcentage de femmes concernées par le travail dominical est légèrement supérieur en 2025 (23,7%) à celui des hommes (22,7%).
Près de 11% des personnes en emploi concernées par le travail de nuitEn 2025, 10,9% des personnes en emploi ont travaillé au moins une fois de nuit sur une période de quatre semaines consécutives. Une part supérieure de 0,9 point au niveau enregistré en 2020 mais en deçà de celui de 2019 (11,9%). Dans le détail, 13,1% des indépendants ont travaillé au moins une fois de nuit sur une période de quatre semaines consécutives en 2025 contre 10,6% parmi les salariés. La part des indépendants concernés par le travail de nuit progresse de près d’un point sur un an, une croissance qui atteint +1,7% si l’on considère la période 2021-2025, souligne la Dares. Sur cette même période, la part des salariés qui ont travaillé de nuit au moins une fois sur une période de quatre semaines consécutives progresse elle aussi de +0,8 point. L’étude de la Dares relève que le travail de nuit "est particulièrement répandu" dans le secteur de la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac où 28% des personnes en emploi ont travaillé au moins une fois de nuit sur une période de quatre semaines consécutives en 2025. On observe un phénomène comparable dans le transport et l’entreposage (24,8%), la santé humaine (17,5%) ou encore l’hébergement et la restauration (16,4%). L’étude souligne enfin que les hommes sont plus nombreux à déclarer avoir travaillé au moins une fois de nuit sur une période de quatre semaines consécutives (environ 14,3%) que les femmes (7,4%). G.D. |