Printemps des Territoires 2026 : revivez les temps forts de l'évènement

Le 21 mai, la 7e édition du Printemps des Territoires s'est de nouveau positionné comme un véritable carrefour de rencontres pour les acteurs locaux. Dans l’effervescence du 104 Paris, tous ont partagé une même ambition, celle d’agir face aux grandes transitions de notre époque et améliorer concrètement le quotidien des Français. Temps fort de la journée, la plénière a mis en lumière trois grandes priorités pour 2026 : l’intelligence artificielle, la santé et le grand âge et le logement.

Une journée inspirante, un cap de 3 priorités pour 2026

Rendez-vous annuel des acteurs territoriaux, le Printemps des Territoires confirme, édition après édition, être un véritable lieu de dialogue, de mobilisation et de partage d’expériences. Au fil des tables rondes, des rencontres et des prises de parole, l’idée que les transitions ne pourront réussir qu’à partir des territoires, au plus près des besoins des habitants, s’est imposée comme une conviction commune.

Quelques mois après le début du nouveau mandat municipal, les élus locaux doivent composer avec un contexte géopolitique tendu, des marges budgétaires contraintes et des attentes toujours plus fortes en matière de services publics, de logement, de santé, de vieillissement ou encore de transition numérique. C'est pourquoi l’euro public doit être encore plus efficace, pour assurer les transitons de notre époque et la cohésion territoriale. En 2025, plus de 49 milliards d'euros ont été mobilisés et 11 000 projets ont été accompagnés par la Banque des Territoires.

Cette plénière a ainsi posé les bases d’une feuille de route 2026 avec trois priorités majeures : renforcer l’accès aux soins et agir pour le Grand Âge, structurer le développement de l’intelligence artificielle, s’engager face à la crise du logement.

Au cœur de ces trois grandes thématiques, c’est l’impact des moyens déployés sur la vie des Françaises et des Français qui nous guide. Cet impact dépend de la mobilisation de tous les territoires. 

Antoine de Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires, directeur adjoint de la Caisse des Dépôts.

Cet avenir se construit ensemble. Votre engagement transmet votre croyance en cet avenir. Les territoires, c’est la réalité de la France et de la société. Partout, malgré les spécificités territoriales, il y a matière à agir, à faire et à devenir. Je crois en notre capacité à bouger et à faire ensemble.

Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation.

Le lancement de Territoires d’IA pour une IA souveraine dans tous les territoires

Alors que l’intelligence artificielle connaît une accélération fulgurante, les acteurs locaux expriment une attente croissante pour leurs usages quotidiens tels que la simplification des démarches, l’optimisation des services publics, une meilleure exploitation de la donnée locale, etc. 

Cela ouvre nouvelles perspectives mais soulève aussi des questions essentielles de souveraineté, de maîtrise des données, de coûts, de cybersécurité et d’appropriation de l’usage par les agents comme par les citoyens. Il est nécessaire, pour les collectivités, d’avoir des solutions fiables, sécurisées et alignées avec les valeurs du service public.

C’est précisément pour répondre à ces défis que nous avons construit le programme Territoires d’IA. Par ce programme, l’ambition est d’accompagner, d’ici 2030, 100 000 agents publics dans l’usage de l’IA et de déployer 15 cas d’usage opérationnels, duplicables à grande échelle. Trois collectivités vont d’ores-et-déjà travailler au sein de l’IA Factory sur des usages liés à l’appui aux tâches quotidiennes, à la gestion des anomalies routières et au traitement des signalements citoyens.

Ce changement d’échelle s’inscrit dans un enjeu plus large de souveraineté numérique. Comme pour le déploiement de la fibre optique il y a une dizaine d’années, l’ambition est aujourd’hui de faire de l’intelligence artificielle un pilier majeur de transformation des territoires, dans un cadre souverain, éthique et responsable.

En Europe, nous voulons développer une IA qui nous ressemble, fidèle à nos valeurs. Mais il faut aller vite : face aux investissements engagés par d’autres pays, nous sommes dans une véritable course.

Olivier Sichel, Directeur général Groupe Caisse des Dépôts

© Romain Bodereau

Pour accélérer ce déploiement, un partenariat stratégique a été conclu avec Mistral AI, qui partage nos valeurs d’humanisme et de souveraineté. Arthur Mensch, CEO de Mistral A, était présent sur scène pour l’occasion. Il est important d'activer le levier de la commande publique pour soutenir ces pépites tech au niveau français et européen. 

Logement : Présentation de la feuille de route 2026 

Le secteur du logement traverse une crise depuis plusieurs années qui se traduit notamment par le recul de la production neuve, la saturation du marché locatif et le blocage des parcours résidentiels. Dans ce contexte, nous réaffirmons notre rôle d’acteur historique du logement

Chiffres clés

  • 1M de personne sans logements

  • 3M mal-logés et presque autant en attente d’un logement HLM 

  • 100 000 logements sociaux financés en 2025 par la Banque des Territoires

  • 40 000 rénovations thermiques soutenues en 2025 par la Banque des Territoires 

Pour 2026, nous avons un double objectif de relancer la production de logements abordables à court terme, en développant l’offre locative et l’accession à la propriété, tout en accompagnant l’innovation dans l’industrie immobilière à moyen et long terme. Innovation, inclusion et transformation du parc existant sont les maîtres mots, avec l’ambition de faire sortir de terre 650 000 logements abordables d’ici 2030.

Car la réponse à la crise ne peut pas reposer uniquement sur la construction neuve. La remobilisation des logements vacants, la réhabilitation du parc ancien et l’adaptation des logements aux nouveaux usages constituent également des leviers essentiels, dans un contexte où les modes de vie évoluent : mobilités professionnelles, familles recomposées, habitat partagé, colocation ou encore parcours résidentiels plus discontinus.

 Il s’agit non seulement de produire des logements mais bien des conditions de l’habiter. Le logement ne se réduit pas au bien matériel, encore mois à un produit financier, c’est ici que chacun façonne sa vie.

Marie-Christine Jaillet, Directrice de recherche émérite au CNRS

Au-delà de la production nouvelle, les échanges ont aussi mis en avant l’enjeu de l’urbanisme de transformation. Alors que 85 % des logements qui seront présents en 2050 existent déjà, la rénovation est une priorité à ne pas négliger.

De manière plus globale plusieurs pistes d’innovation ont ainsi été évoquées lors des échanges : mieux objectiver les besoins dans chaque territoire, renforcer la visibilité sur l’état du parc existant, faciliter le dialogue entre acteurs publics, collectivités, professionnels de l’immobilier, architectes de France et financeurs, etc.

Logement : Le programme AGiLE fête ses 1 an ! 

Cette journée était aussi l’occasion de dresser un premier bilan du programme AGiLE, lancé un an plus tôt pour répondre à l’urgence du logement étudiant. Son ambition : accompagner d’ici 2030 la production de 75 000 logements étudiants, dont 50 000 logements sociaux, en cohérence avec le plan gouvernemental annoncé en 2025. Où en est-on un an après ? Quel bilan et quels enjeux d’ici 2030 ? 

Depuis un an, le programme a permis de structurer une stratégie partenariale nationale avec le Cnous, France Universités, l’USH, l’AVUF et la FNAU. Près de 24 000 logements ont déjà été accompagnés, dont 47 % de logements sociaux, avec plus de 400 millions d’euros d’investissement en fonds propres et plus de 570 millions d’euros de prêts.

Grâce à ces actions et en lien avec les partenaires, nous avons déjà atteint 30% de l’objectif des 75 000 logements accompagnés en financement. Ce bilan démontre l’efficacité du programme pour répondre aux enjeux de logement dans tous les territoires. 

Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires, directeur adjoint de la Caisse des Dépôts.

L’enjeu est d’autant plus fort que le logement constitue l’un des premiers facteurs de précarité étudiante.  Pour les étudiants les plus fragiles, il représente une charge considérable.

Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace

Santé : Le bien-vieillir et l’accessibilité aux soins, fer de lance de notre engagement

D’ici 2050, la France comptera 5 millions de personnes de plus de 60 ans supplémentaires, une évolution qui appelle à adapter les services, les parcours résidentiels et les solutions d’accompagnement. Toutefois, cette transition démographique n’est pas identique à chaque territoire.

Cette réflexion ne peut pas être uniforme, car il y a des spécificités entre les territoires, que ce soit en matière de densité, de santé, de niveau de vie. Le défi du Grand Age, est avant tout un défi territorial.

Gisèle Rossat-Mignod, Directrice du Réseau Banque des Territoires

Face à ces enjeux, la Banque des Territoires confirme la montée en puissance de son programme Santé et Grand Âge. En 2025, 1,8 milliard d’euros ont été engagés, soit plus d’un tiers de l’enveloppe de 5 milliards d’euros mobilisable d’ici 2028.

 

Rendre l’offre de soin accessible sur tous les territoires 

Chiffres clés

  • 6 M de Français sans médecin traitent en 2024

  • 87% du territoire confronté à des difficultés d’accès aux soins 

  • En 2025, 42 établissements publics hospitaliers ont bénéficié d’un accompagnement et d’un prêt de la Banque des Territoires 

  • 770M€ de prêts engagés en 2025, principalement en faveur des établissements de santé

Début 2026, notre mobilisation en faveur de l’accès aux soins a continué avec le lancement du Prêt Territoires Santé, un outil visant à accélérer la création de maisons et centres de santé pluriprofessionnels dans les territoires prioritaires identifiés par les Agences Régionales de Santé (ARS).

Cet engagement se poursuit également avec des unités de consultation itinérantes : 70 nouveaux Médicobus ont été déployés, avec l’idée « d’aller vers » les populations éloignées de l’offre de soins, de la médecine générale aux spécialités médicales. 

Plus que des infrastructures, on façonne aussi des organisations et un territoire. L’enjeu est de permettre à chaque patient d’entrer dans le même parcours de soins, quel que soit son point d’accès.

 

Favoriser le bien-vieillir d’une population vieillissante 

Le vieillissement de la population appelle également une transformation profonde des solutions d’habitat et d’accompagnement, en accompagnant toutes les étapes du parcours résidentiel des personnes âgées, du maintien à domicile aux établissements médico-sociaux, en passant par les habitats partagés et inclusifs.

Cette approche suppose de mieux cartographier les besoins, de simplifier la recherche de logements adaptés et de développer des solutions qui permettent à la fois de sécuriser les parcours, de lutter contre l’isolement social et d’optimiser les déplacements liés à la santé.

Les besoins sont considérables : 120 000 places supplémentaires en résidences autonomie seraient nécessaires d’ici 2040. La rénovation et la modernisation des EHPAD constituent également une priorité.

En 2025, 945 millions d’euros de prêts ont été engagés en faveur du Grand Âge, soit une hausse de 87 % par rapport à l’année précédente. Une dynamique appelée à s’intensifier dans les prochaines années.

Conclusion 

Cette 7e édition du Printemps des Territoires a confirmé une conviction : les grandes transitions se construisent au plus près des territoires. De l’intelligence artificielle au logement, en passant par la santé et le grand âge, la Banque des Territoires entend poursuivre son engagement aux côtés des acteurs locaux.