Prix à la pompe : 5% des stations-service en "anomalie" volontaire
"5% des établissements contrôlés ont fait l'objet de suites correctives et répressives", a déclaré le ministre du Commerce Serge Papin mercredi 11 mars, à l’issue du conseil des ministres, présentant un premier bilan du plan de contrôle des stations-service lancé lundi 9 mars. "513 contrôles" ont été effectués en deux jours par les services de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), a déclaré le ministre.
Face à l’augmentation soudaine des prix à la pompe dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, le Premier ministre avait demandé, dimanche, de contrôler 500 stations en trois jours. "L’Etat ne peut pas fixer les prix, il ne peut pas sanctionner une station-service qui pratiquerait un prix trop élevé", rappelle le cabinet de Serge Papin, la DGCCRF peut en revanche s’assurer qu’il n’y ait pas de "tromperie du consommateur" ni de "déstabilisation du marché".
Les agents de la DGCCRF étaient donc chargés de "vérifier que le prix qui s'affiche sur l'écran quand vous payez à la pompe corresponde bien au prix indiqué sur le totem à l'entrée de la station-service et aussi au prix renseigné par les stations-service sur le site du gouvernement" prix-carburants.gouv.fr, a expliqué Serge Papin. Environ 10.000 stations en France ont ainsi l’obligation de renseigner ce site "extrêmement fréquenté en ce moment", qui permet aux consommateurs de comparer les prix.
Les anomalies involontaires font l’objet d’une réponse "pédagogique" et les tromperies de mesures "répressives", précise la DGCCRF. Ces dernières ont donné lieu à une amende", a indiqué Serge Papin, expliquant que l’addition pouvait doubler en cas de récidive. En cas de "mauvaise foi", elle peut aller jusqu'à "300.000 euros" pour une personne physique et 1,5 million d’euros pour une personne morale. Le taux d’anomalies est cependant jugé conforme aux tendances habituelles. En 2025, 1.342 établissements ont été contrôlés, 24% étaient en anomalie, dont 6% ont fait l’objet de suites correctives et répressives, selon la DGCCRF.
Le ministre a aussi indiqué qu’il fallait être attentif aux autres maillons de la chaîne, notamment les raffineries. Serge Papin s’attend à présent à ce que la baisse des cours du pétrole observée depuis mardi se traduise par une baisse des prix à la pompe de l'ordre "de 20 centimes d'euros au moins sur le gazole" dans les prochains jours. "Il faut évidemment qu'on contrôle que ce qui s'est passé à la hausse, se passe aussi rapidement à la baisse", a-t-il dit, évoquant "une situation extrêmement instable".
Mercredi matin sur Franceinfo, Michel-Edouard Leclerc a promis une baisse de 30 centimes par litre d'ici deux jours.