Réinventons nos cœurs de ville : onze villes ont déjà désigné leurs groupements lauréats

Sur les 37 appels à projets locaux "Réinventons nos cœurs de ville" lancés, onze villes ont déjà désigné leurs groupements et sont prêtes à mettre en oeuvre leurs projets. La démarche menée depuis décembre 2018 dans le cadre du programme national Action cœur de ville doit permettre de rénover des sites emblématiques de centre-ville.

Au 31 mars 2021, 37 appels à projets locaux ont été lancés dans le cadre de la consultation nationale "Réinventons nos cœurs de ville" démarrée en décembre 2018. Un premier bilan de cette consultation, qui s'inscrit dans le programme national Action cœur de ville, a été présenté le 28 avril 2021. La démarche permet aux villes volontaires d'être soutenues pour lancer un appel à projets urbain innovant, destiné à rénover un site emblématique de leur centre-ville. Ces villes sont accompagnées sur le plan technique, méthodologique et financier par l'Etat et les partenaires nationaux du programme (Banque des Territoires, Action Logement, Agence nationale de l'habitat). L'idée est aussi d'inventer de nouveaux modes de production urbaine dans ces villes moyennes, en favorisant les partenariats entre institutions publiques et opérateurs privés. Ce sont les villes qui choisissent les offres d'opérateurs immobiliers, en groupement avec des concepteurs (architectes, paysagistes). "Il s'agit d'une négociation de gré à gré entre un investisseur ou un groupement d'investisseurs privés et la collectivité locale qui maîtrise le foncier. C'est d'ailleurs une des conditions pour lancer un appel à projets, les villes doivent maîtriser le foncier disponible ou les bâtiments en friche", a expliqué Hélène Peskine, secrétaire permanente du Plan urbanisme construction architecture (Puca) durant la présentation du bilan le 28 avril, soulignant la grande différence avec la commande publique classique. "L'orientation n'est pas fixée par la ville. Il peut y avoir des préconisations, mais ce sont les investisseurs qui fixent eux-mêmes les orientations du programme en fonction de la rentabilité visée, y compris en termes de mètres carrés à livrer. Il s'agit donc d'une négociation de gré à gré particulière."

"Un effet démultiplicateur"

112 villes se sont portées candidates pour se lancer dans la démarche. "La moitié des villes du programme Action cœur de ville a répondu banco, s'est félicité Rollon Mouchel-Blaisot, directeur du programme national Action Cœur de ville à l'ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires), il est intéressant qu'elles s'impliquent en si grand nombre dans cette dynamique ; ces initiatives doivent déboucher sur des réalisations concrètes." Trois objectifs principaux sont ainsi poursuivis dans le cadre des appels à projets : l'émergence de projets et de programmes urbains innovants en centre-ville adaptés aux marchés et aux besoins locaux, la réalisation d'opérations mixtes en matière d'habitat, de développement économique et de commerces en centre-ville, et l'appel à l'excellence professionnelle des architectes, paysagistes, urbanistes au profit des villes moyennes. "Le dispositif marque un changement de posture de l'Etat et des opérateurs nationaux qui se présentent comme de véritables facilitateurs pour accompagner les processus de projets et accélérer le passage à l'opérationnel", indique aussi le bilan. Des facilitateurs apportant ingénierie, financement et visibilité aux projets.

Un catalogue des 112 projets a été présenté aux investisseurs privés et aux professionnels. "Cela a eu un effet démultiplicateur, a insisté le directeur d'Action cœur de villes, des grands groupes privés ont trouvé intéressant de voir qu'il se passait des choses dans ces 112 villes."

Sur les 37 appels à projets lancés, onze villes ont déjà désigné leurs groupements d'opérateurs lauréats*. Pour 16 villes, les appels à projets sont toujours en cours. 10 villes s'orientent quant à elles vers des solutions différentes suite à leur appel à projets, et pour celles-ci, "nous n'avons pas perdu le contact pour un projet plus favorable à venir", a assuré Hélène Peskine.

Quinze villes prêtes à lancer des appels à projets en 2021

Parmi les villes qui ont d'ores et déjà désigné leurs opérateurs : Cahors, avec le Palais de Via. Le groupement choisi, mené par Icade, se lance dans la recomposition complète du site en veillant aux contraintes écologiques tout en mettant en valeur le patrimoine. Autre exemple, avec la réhabilitation de l'ancienne usine de jouets GéGé à Montbrison, qui est inoccupée depuis quarante ans, faute de repreneur. Le groupement lauréat porté par l'office HLM local, Loire Habitat, prévoit de créer un lieu de vie intergénérationnel à destination de seniors en autonomie, associé à des services de proximité et de nouveaux logements. "C'était une verrue depuis 40 ans, le site a trouvé preneur grâce à l'appel à projets", a souligné Hélène Peskine. A Pau, c'est un ancien cinéma de centre-ville qui sera transformé en résidence intergénérationnelle. Le site était inoccupé depuis le début des années 2000. Quinze logements locatifs sociaux répartis sur trois étages et un niveau de combles, des espaces verts et un commerce sont prévus. A Châteaubriant, le site de l'ancienne école qui a été transférée en 2018 vers un autre pôle éducatif, sera transformé en lieu de vie intergénérationnel : 127 logements incluant une résidence-services seniors, un foyer de jeunes actifs et des logements libres et sociaux. "Le programme s'autofinance en partie ; en s'adressant à des cibles particulières, on développe des projets autoportants, ou solidement portés par les investisseurs privés", a fait remarquer Hélène Peskine.

Les appels à projets vont se poursuivre. Au cours de l'année 2021, quinze nouvelles villes seront prêtes pour lancer leur appel à projets.

* Dunkerque, Château-Thierry, Nogent-le-Rotrou, Morlaix, Châteaubriant, Autun, Montceau-les-Mines, Montbrison, Cahors, Revel, Pau.