Relance : 150 millions d’euros de plus dans les Territoires d’industrie

C'est sous le sceau de la réindustrialisation que le Premier ministre a voulu marquer le premier anniversaire du plan de relance, lundi 6 septembre. Il a annoncé à cette occasion une enveloppe de 150 millions d'euros supplémentaires pour les Territoires d'industrie et la prolongation de six mois des aides à l'apprentissage.

Annoncé le 12 juillet par le président de la République lors de son allocution télévisée, le grand plan d’investissement "France 2030" est toujours dans les limbes. La grande campagne de communication déployée ce lundi par le gouvernement sur le front de la réindustrialisation, pour fêter la première année du plan de relance, n’a pas permis d’y voir plus clair. La préparation du budget 2022, le dernier du quinquennat, sur fond de sortie du "quoi qu’il en coûte", rend les arbitrages complexes. D’autant qu’il faudra aussi financer le "revenu d’engagement" voulu par le président. "J’ai demandé aux ministres concernés d’engager au cours des prochaines semaines, des consultations avec les filières et l’ensemble des acteurs de la technologie et de l’innovation, mais également des partenaires sociaux, des collectivités territoriales, dans le cadre d’une consultation la plus large possible", a ainsi déclaré le Premier ministre, lundi, à l’issue du Conseil national de l’industrie, au salon Global industrie, à Lyon. L’objectif de ce futur plan : "consolider" les filières où la France est déjà bien positionnée et "reconquérir" la souveraineté du pays dans certaines filières, comme la santé.

Pour autant, le chef du gouvernement n’a pas abordé cette date anniversaire les mains vides. Il a fait deux annonces importantes : le rajout d’une enveloppe supplémentaire de 150 millions d’euros pour les Territoires d’industrie et la prolongation de six mois des aides du plan de relance à l’apprentissage. "Pendant de longues décennies la France a fait le choix volontaire ou subi de se détourner de son industrie. Erreur funeste", a-t-il déclaré, devant un parterre d’industriels. "La crise a renforcé notre volonté et notre conviction à soutenir l’industrie nationale", a-t-il ajouté, rappelant que la part de l’industrie dans le PIB avait chuté de 22% en 1980 à 13% en 2017. Il s’est aussi félicité d’un rebond de l’emploi industriel en 2019, avant l’irruption de la crise.

"Excellent exemple de partenariat entre l’Etat et les régions"

Le Premier ministre a salué le programme Territoires d’industrie comme un "excellent exemple de partenariat entre l’Etat et les régions". "Je vous annonce ce matin ma décision de redoter ce programme à hauteur de 150 millions d’euros pour soutenir des projets de qualité qui n’avaient pas pu être retenus, mais surtout pour renforcer spécifiquement le soutien aux territoires les plus durement touchés par les restructurations industrielles", a-t-il ainsi déclaré. Il s’agira de crédits "redéployés" au sein de l’enveloppe de France Relance. Le Premier ministre en a appelé aux régions pour se mobiliser "à la même hauteur". Ces Territoires d’industrie portent le volet territorial du programme de relocalisation du plan de relance. Doté à l’origine de 400 millions d’euros, cet appel à projets dit de "soutien à l’investissement industriel dans les territoires" avait déjà reçu un effort supplémentaire de 300 millions d’euros, financés par l’Etat et les régions. Ces dernières y ont déjà contribué à hauteur de 157 millions d’euros. 252 projets de relocalisations ont déjà reçu 57 millions d’euros de leur part. L’appel à projets "sera clôturé dans chaque région à l’épuisement des enveloppes régionales, et au plus tard le 29 octobre 2021", précise le dossier de presse du CNI. A noter que ce volet territorial se double d’un volet national de relocalisation de la production dans les secteurs critiques (santé, agroalimentaire, électronique, instants de l’industrie, 5G). Au total, 553 projets de relocalisations ont été soutenus grâce au plan de relance, comme l'installation d'une usine de bottes Aigle dans la Nièvre, une start-up de terres rares à Lyon ou encore l'usine Seqens de Roussillon en Isère qui fabrique du paracétamol...

50 milliards d'euros engagés

Autre annonce du chef du gouvernement : les aides à l’apprentissage seront "prolongées de six mois, au 30 juin 2022". "Ce sont 2,6 millions de jeunes qui ont à ce jour directement bénéficié d’aides de France Relance pour l’emploi, l’insertion ou la formation", s’est-il félicité. "Plus de 500.000 contrats d'apprentissage ou d'alternance signés par les entreprises, un record historique."
Le Premier ministre est enfin revenu sur les trois axes de travail arrêtés avec les partenaires sociaux la semaine dernière : au niveau des branches (attractivité des métiers, conditions de travail et salaires), entrée en vigueur de la réforme de l’assurance chômage (suspendue par la crise sanitaire), compétence et formation. "Pour alléger les tensions en matière de recrutement (…), je présenterai très prochainement avec Elisabeth Borne un nouveau plan d’action", a-t-il dit. Il doit s’entretenir avec les nouveaux exécutifs régionaux le 13 septembre.

Jean Castex s’est plus globalement réjoui du rythme de déploiement de France Relance : 50 milliards sur les 100 ont été engagés et 70 milliards le seront d’ici la fin de l’année.

 

Un train pour renforcer la visibilité du plan de relance dans les territoires

Le gouvernement redouble d'efforts pour améliorer l'accessibilité et la transparence du plan de relance au niveau territorial. Une nouvelle version du tableau de bord mensuel sera ainsi disponible en septembre, annonce Matignon, lundi 6 septembre, dans son dossier de presse sur la mise en oeuvre du plan de relance. Elle permettra pour une trentaine de mesures représentant plus de 50 millions d'euros de visualiser à la maille du département la mise en œuvre du plan, avec une mise à jour mensuelle. Un tableau de bord portant sur une quinzaine de mesures est déjà disponible depuis novembre 2020.

Pour communiquer davantage sur cette territorialisation du plan, un "Train de la Relance" va sillonner les douze régions de l'Hexagone à partir du 6 septembre et tout au long du mois, permettant d'expliquer l'ambition du plan et d'aider les Français à se saisir de toutes les opportunités offertes. Il est décliné en Corse et dans les régions d'outre-mer par une tournée de la relance, autour d'un plateau TV en partenariat avec France Télévisions.

Le gouvernement insiste aussi sur la méthode choisie pour concevoir le plan de relance : la concertation "la plus large possible", à savoir avec les élus, parlementaires, partenaires sociaux, représentants de filières, associations, économistes. Un accord de méthode entre l'Etat et les régions a ainsi été conclu dès l'été 2020 pour mettre à jour les modalités de compensation de la baisse des impôts de production. "Cette méthode a été maintenue tout au long de la mise en œuvre du plan", assure Matignon dans son dossier. En plus du comité national de suivi mis en place fin 2020, 75 comités de pilotage régionaux et plus de 500 comités départementaux se sont tenus. Le gouvernement met en avant le travail du réseau des référents et des sous-préfets à la relance pour relayer les retours des acteurs locaux sur les dispositifs de relance. Des améliorations ont ainsi eu lieu : simplification du processus de candidatures des aides à l'industrie en octobre 2020 avec le regroupement sur une seule plateforme de dépôt des dossiers des quatre appels à projets, portail unique pour la deuxième vague de sélection des fonds pour la réhabilitation des friches et réduction par trois du temps d'instruction des projets de l'industrie du futur grâce à sa digitalisation.
Emilie Zapalski pour Localtis

 

 

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