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Renforcement de la lutte contre les pics de pollution à Lyon

Le préfet du Rhône, Stéphane Bouillon, a présenté ce 17 novembre un nouveau dispositif de lutte contre les pics de pollution, qui prévoit notamment la mise en place de la circulation différenciée à Lyon et des "mesures d'urgence déclenchées plus vite". L'alerte de niveau 1 interviendra désormais dès le deuxième jour de prévision d'un taux de particules fines supérieur à 50 microgrammes par mètre cube ou dès la première prévision supérieure à 80 microgrammes/m3. Le niveau 2 sera déclenché quand un taux constaté de 80 microgrammes/m3 sera suivi d'une prévision similaire, ou après quatre jours de dépassement du seuil de 50 microgrammes/m3. Selon le préfet, il s'agit "d'agir plus tôt" et "d'éviter le phénomène de yoyo de l'alerte (d'un jour à l'autre, NDLR) qui était peu compréhensible".
En cas de déclenchement du niveau 2, au premier jour, seuls les automobilistes détenteurs d'une vignette Crit'Air pourront circuler dans le périmètre de Lyon-Villeurbanne. Après deux jours, seuls les véhicules affichant une vignette Crit'Air 0, 1, 2 ou 3 seront autorisés à circuler. En cas de dégradation de la situation, la procédure d'alerte de niveau 2 aggravée sera activée. Les restrictions de circulation pourront alors être renforcées avec l'interdiction de rouler pour les véhicules porteurs de la vignette Crit'Air 3. Les contrevenants encourront une amende de 45 euros (montant minoré). "L'idée n'est pas de punir les gens mais c'est une forme de précaution pour éviter de rejeter des particules", a souligné le préfet.
Avec la mise en place de la circulation différenciée au lieu de la circulation alternée (fondée sur les plaques d'immatriculation), "on multiplie le gain par deux", a assuré Yannick Mathieu, directeur adjoint à la Direction régionale de l'environnement (DREAL), soulignant que "20% des véhicules les plus anciens sont responsables de 80% des émissions de particules fines". Au 6 novembre, plus d'un million de vignettes Crit'Air avaient été commandées en Auvergne-Rhône-Alpes, dont environ 340.000 dans le Rhône.
Dans les transports en commun, une tarification spéciale, appelée Tick'Air et proposée au prix de 3 euros la journée - contre 5,6 euros habituellement -, sera également introduite en cas de pic de pollution.
Quant à la Métropole de Lyon, elle a récemment voté dans le cadre de son plan Oxygène une prime allant de 500 à 1.000 euros pour inciter les utilisateurs d'un chauffage au bois ancienne génération à le remplacer par un neuf, plus performant. "Nous menons une action de fond, qui comprend également l'extension de Velo'V (système de vélos en libre-service, ndlr), la concertation sur la mise en place d'une zone à faible émission, le déclassement des autoroutes A6/A7, pour diminuer la pollution de manière récurrente et pas seulement pendant les pics", a déclaré le vice-président de la Métropole, Bruno Charles, en rappelant qu'en 2015 il y avait eu 42 jours de pics de pollution, 31 en 2014, 57 en 2013, 52 en 2012 et 65 en 2011. Selon la directrice de l'observatoire de la qualité de l'air Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, Marie-Blanche Personnaz, "on constate une baisse des pics de pollution comme de la pollution chronique mais ce n'est pas suffisant".