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Revenu universel d'activité : le grand public consulté à partir du 3 octobre

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C.M., avec AFP
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Social

À l'occasion de la Conférence nationale des acteurs de la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, organisée à Aubervilliers, Agnès Buzyn a annoncé le lancement d'une consultation sur le RUA. Sa secrétaire d'État, Christelle Dubos, est revenue sur le bilan du plan Pauvreté... tandis que du côté d'Adrien Taquet, on annonce une "offre 1.000 jours" en faveur de la petite enfance.

Agnès Buzyn a annoncé ce vendredi 13 septembre qu'une "grande consultation citoyenne sur les aides sociales" et donc notamment sur le futur revenu universel d'activité (RUA) serait "lancée le 3 octobre", selon son discours à la Conférence nationale des acteurs de la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, organisée à Aubervilliers. "Elle reposera sur une consultation en ligne mais aussi sur des ateliers citoyens, avec un jury citoyen", a précisé la ministre.
Cette consultation, qui doit s'achever en janvier, "réunira physiquement les bénéficiaires des minima sociaux pour recueillir leur avis et travailler avec eux", selon la secrétaire d'État Christelle Dubos, qui porte le dossier. Une première réunion avec le public aura lieu début octobre en Gironde, a précisé à l'AFP son cabinet.
Le gouvernement avait donné début juin le coup d'envoi de la concertation avec les partenaires sociaux, les collectivités territoriales et les représentants des bénéficiaires pour définir les contours de ce futur RUA censé se substituer à plusieurs prestations sociales, dont le RSA.
Parmi les points ouverts aux discussions figurent son périmètre exact : devra-t-il inclure le minimum vieillesse, l'allocation pour adulte handicapé, ou encore l'allocation de solidarité spécifique ? Doit-il être élargi aux jeunes de moins de 25 ans, actuellement non éligibles au RSA ? Agnès Buzyn a déjà dit vouloir travailler sur "l'accès à la prime d'activité pour les apprentis".
La concertation doit aboutir à un projet de loi annoncé pour 2020 et une application progressive d'ici 2023.

Plan Pauvreté : de "premiers résultats concrets"

"On n'a pas de baguette magique, on a juste des mesures de bon sens qui évitent aux personnes de rentrer dans la pauvreté et qui permettent à celles y sont, d'en sortir", avait souligné la veille Christelle Dubos en prélude aux deux journées à Aubervilliers consacrées aux "perspectives" de la stratégie Pauvreté - deux journées ayant réuni plusieurs centaines de responsables associatifs ou d'élus locaux, auxquelles a également participé Julien Denormandie pour y annoncer un "acte II" du plan Logement d'abord (voir notre article de ce jour). En sachant que mercredi, un bilan du plan Pauvreté avait déjà été présenté en conseil des ministres. Les éléments sont toutefois désormais plus précis (voir ci-dessous le dossier du ministère)
La secrétaire d'État a fait valoir de "premiers résultats concrets", comme la création de places en crèches dans les quartiers sensibles ou l'aide financière versée par l'État à certaines communes, afin de permettre à terme à 100.000 enfants de manger à la cantine pour un euro.
Le gouvernement met également en avant les 100.000 élèves devant bénéficier cet automne de petits-déjeuners gratuits à l'école, les 160 nouveaux centres sociaux devant être construits dans les quartiers en difficulté qui en étaient dépourvus, ou encore les 150 "points conseils budget" - sur 400 prévus d'ici la fin du quinquennat - qui doivent aider les familles à éviter le surendettement.
Lundi, le collectif Alerte s'était alarmé des conditions de vie "globalement dégradées" des personnes les plus précaires. Pour le délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, Olivier Noblecourt, "tout n'est certes pas parfait" mais "il n'est pas exact que les 10% les plus pauvres ont vu leur pouvoir d'achat se dégrader ces derniers mois, aucun chiffre ne le démontre". Christelle Dubos, de son côté, a dit "entendre l'impatience" des associations". "Nous faisons un investissement massif sur l'accompagnement",  a-t-elle insisté, rappelant le lancement quelques jours plus tôt de la consultation pour créer en 2020 un "service public de l'insertion".

Petite enfance : le gouvernement prépare une "offre 1.000 jours"

Le gouvernement veut lancer en 2020 une "offre 1.000 jours" pour accompagner les parents et leur bébé durant les mille premiers jours de la vie de l'enfant, dès le quatrième mois de grossesse, a indiqué jeudi le secrétaire d'État à la Protection de l'enfance, Adrien Taquet. "Afin de lutter contre les inégalités de destin, nous voulons surinvestir cette période où beaucoup se joue", a-t-il déclaré devant quelques journalistes. Ce sujet est l'un des chevaux de bataille d'Emmanuel Macron, qui s'est intéressé en particulier à la lutte contre le déficit de vocabulaire qui se manifeste dès le plus jeune âge chez les enfants de milieux défavorisés.
Il s'agira, selon Adrien Taquet, de proposer aux parents un "parcours d'accompagnement" dès le quatrième mois de grossesse et jusqu'au deuxième anniversaire de l'enfant environ, avec des services et conseils dans plusieurs domaines tels que la nutrition, la prévention contre les perturbateurs endocriniens, l'exposition aux écrans des enfants, l'impact de l'arrivée de l'enfant sur le couple, la naissance d'un bébé prématuré ou en situation de handicap, la place du père... Il pourrait leur être proposé un "Pass services", qui recenserait, via une application internet, des initiatives éducatives ou dans le domaine de la santé au niveau national et local.
Pour les moins de trois ans, le secrétaire d'État souhaite en outre réexaminer les modes de gardes disponibles ou encore revoir le fonctionnement des centres de protection maternelle et infantile (PMI), en difficulté dans certains départements. Au mois de juin, Adrien Taquet avait annoncé qu'une enveloppe financière supplémentaire serait votée dans le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Pour élaborer le parcours 1.000 jours durant les prochains mois, il souhaite s'appuyer sur des avis scientifiques ainsi que sur la consultation de "1.000 parents". Il souhaite associer à cette démarche les acteurs publics et privés et s'inspirer d'expériences étrangères, citant l'exemple de la Finlande.

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