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Risque d’exposition au virus : les conseils de prévention de l’Anses s’appliquent aux employeurs publics

S’adressant aux employeurs privés et publics, la note que l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) vient de publier sur la prévention du risque d’exposition au virus Sars-Cov-2 intéresse les agents des collectivités et leurs délégataires, dont l'activité se poursuit sur le terrain.

Comment protéger les personnes dont l'activité professionnelle ne peut se faire en télétravail et se poursuit pour maintenir des services aussi cruciaux que la distribution d’eau et d’énergie, la gestion des transports et des déchets ? Dans une note qui ne constitue "ni une norme, ni un élément réglementaire", "ne crée pas d’obligations légales, contient des orientations articulées en matière de prévention et rappelle la réglementation en vigueur" (notamment l’article L. 4121-2 du code du travail ), l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) s’efforce d’apporter, dans un court délai et suite à une autosaisine, un appui scientifique et technique pour aider les employeurs à protéger leurs salariés, "autres que ceux exerçant en contexte de soin de santé".

Une aide pragmatique

Les recommandations qu’elle fixe s’appuient sur divers sources et rapports officiels (Organisation mondiale de la santé, Organisation internationale du travail), ainsi que des expertises des agences de santé au travail, de santé publique et instituts d’une dizaine d’autres pays. Ces orientations qui vont être complétées "par des fiches pratiques élaborées sous l’égide du ministère du Travail" dressent donc un cadre général à décliner par les employeurs.
On y retrouve l’indispensable application des gestes barrières limitant les deux voies de transmission préférentielles via les gouttelettes et le manu-portage, mais également d’autres mesures de protection ou de réduction des risques notamment de nature technique : vérification du bon fonctionnement des systèmes de ventilation et/ou climatisation ; mise en place de barrières ou marquage guidant, quand il y en a, les flux de personnes externes (clients, usagers) "de manière à créer ou faire observer une distance minimale".
L’Anses conseille aussi, parmi les mesures à prendre sur le plan organisationnel, d’élaborer des plans d’information "y compris un forum pour répondre aux préoccupations des travailleurs", de sécuriser les postes de travail, de fournir une information et une formation à jour sur les facteurs de risque, les comportements de protection de base (distanciation sociale, hygiène) et le port des équipements de protection individuelle -EPI (toujours se laver les mains après les avoir retirés). Comment continuer de prendre des repas en collectif ? Là aussi, un autre conseil concret, "élargir la plage horaire d’ouverture en laissant plus d’un mètre de distance entre les places à table et en mettant en place des alternatives à la restauration collective".

Le masque, ce dernier rempart

Cette note aborde aussi la délicate question du port de masque : "Dans les situations de travail pour lesquelles le recours à un tel équipement de travail individuel sera mis en œuvre, il convient de souligner que chaque utilisateur reste conscient que cet accessoire constitue le dernier maillon d’un ensemble de dispositions à prendre et de gestes nécessaires, dont les gestes barrières, pour béné́ficier d’une protection globale". Enfin, concernant les masques alternatifs qui vont être produits dans l’urgence par l’industrie française, l’agence souligne qu’ils "ne sont pas considérés comme des EPI au sens de la réglementation, mais comme des équipements de travail".

Déchets: pas besoin de protections spécifiques pour les employés, selon Elisabeth Borne

"Il n'y a pas besoin d'avoir des équipements de protection particuliers" en matière de collecte des ordures ménagères, au-delà des gestes de prudence en vigueur face au Covid-19 a déclaré Elisabeth Borne lors d'une audition dématérialisée au Sénat ce 2 avril. La ministre de la Transition écologique a dit se référer à un avis du Haut Conseil de la Santé publique, sollicité sur ce point par le gouvernement. Selon cette instance, les gestes "barrières", demandés à l'ensemble des Français, sont suffisants, comme le fait de maintenir une distance d'un mètre entre deux personnes.
Ce sont "les bons gestes, y compris pour les salariés qui interviennent dans la collecte et le tri des déchets", a insisté Elisabeth Borne. De fait, elle a remarqué que les entreprises du secteur avait réorganisé le travail de manière, par exemple, à ce qu'il n'y ait pas plus de deux personnes à la fois dans la cabine d'un camion d'éboueurs.
La ministre a également rappelé qu'en temps normal, il était déjà imposé à certains employés du secteur de porter des masques et que ces obligations restaient en vigueur, conduisant même le gouvernement à puiser dans un stock stratégique face aux difficultés d'approvisionnement. "Nous nous assurons qu'ils continuent à en avoir", a-t-elle affirmé.
Plus largement, Elisabeth Borne a fait un point sur l'activité du secteur du tri et de la collecte des déchets, tous flux confondus, aussi bien ordures ménagères que déchets industriels. "Le flux des déchets est en forte baisse (...) de l'ordre de 50%", a-t-elle résumé.
AFP

 

 

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