Risques majeurs : l’outre-mer a son délégué interministériel

Un décret paru ce 25 avril au Journal officiel met en place un délégué interministériel aux risques majeurs outre-mer, pour mieux prendre en compte les spécificités de ces territoires.

Un décret, paru ce 25 avril, met en place un délégué interministériel aux risques majeurs outre-mer, auprès du ministre de la Transition écologique, et ce pour une durée de deux ans. L’annonce en avait été faite, le 25 février, lors du dernier comité interministériel des outre-mer. Un choix justifié par le triple constat selon lequel les collectivités ultramarines sont exposées à des "aléas spécifiques" - par leur nature (cyclones, volcanisme) ou leur ampleur (séisme, tsunamis, submersion marine) -, parfois "atypiques" - à l’exemple de la prolifération des algues sargasses -, rendant éminemment vulnérables les populations "sous l'effet d'une concentration urbaine sur le littoral et d'une forte vulnérabilité du bâti". 
Un pilotage qui devrait permettre d’activer dans ces territoires une partie des mesures préconisées par la délégation sénatoriale aux outre-mer, dans son rapport d’information sur les risques majeurs, remis en juillet 2018, dans le sillage du livre bleu issu des Assises des outre-mer qui dessinait déjà quelques orientations sur ce volet. Son rôle pourrait en particulier permettre de "dynamiser" le plan Séismes Antilles, lancé en 2007 mais dont le rythme de réalisation reste très insuffisant. Même attente s’agissant du "plan d'actions interministériel relatif à la prévention et à la lutte contre les sargasses", auquel six ministères participent (dont la Santé, la Recherche, l’Intérieur…), qui a lui aussi connu un certain retard à l’allumage. 
Ce référent outre-mer aura également un rôle à jouer pour accroître les "connaissances sur les aléas", aménager des outils permettant d’augmenter "le taux de pénétration des assurances outre-mer, notamment au travers du respect des normes constructives" ou gagner en réactivité lors de la survenance d’une crise. Et, sur ce point, en lien avec la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), au sein du ministère de l’Intérieur, qui reste l’interlocuteur de référence. Il devra par ailleurs sans nul doute nourrir la réflexion dans la perspective du plan stratégique et du programme d’action pour les risques outre-mer promis d’ici l’été. 
Fin de la mission en revanche pour Philippe Gustin, l’actuel préfet de Guadeloupe, nommé délégué interministériel pour la reconstruction de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, en septembre 2017, au lendemain du passage dévastateur de l'ouragan Irma dans les Antilles. Le ministère de la Transition écologique estime qu’après une première phase, "qui nécessitait un délégué interministériel pour définir, animer et coordonner cette politique de reconstruction", s'ouvre à présent "une nouvelle phase où le relais doit être pris par chaque ministère compétent pour poursuivre sur le long terme la reconstruction des deux îles". Le comité interministériel pour la reconstruction étant, lui, maintenu.

 
Référence : décret n° 2019-353 du 24 avril 2019 instituant un délégué interministériel aux risques majeurs outre-mer et modifiant le décret n° 2017-1335 du 12 septembre 2017 portant création du comité et du délégué interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, JO du 25 avril 2019, texte n° 2. 

 

 

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