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Fonction publique territoriale - Saisonniers : des agents au statut précaire pour renforcer les services durant l'été

Une étude de l'Observatoire du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) dresse le portrait des agents saisonniers. Elle confirme la grande précarité de leur statut, alors que les missions qu'ils remplissent s'avèrent précieuses, en particulier durant l'été.

La saison touristique va bientôt battre son plein. Sur le littoral et à la montagne, certaines communes vont, de ce fait, voir leur population exploser. Dans les mêmes communes et ailleurs, les centres de loisirs vont se remplir. Pour faire face à l'afflux de touristes et offrir aux enfants des activités durant l'été, les collectivités locales sont dans l'obligation d'embaucher, parfois massivement, des agents saisonniers. Animateurs de centres de loisirs, agents techniques, agents de surveillance, manutentionnaires, agents d'accueil, animateurs sportifs, maîtres-nageurs, tous vont être "sur le pont". Dans les services administratifs et sociaux, certains saisonniers sont d'ailleurs recrutés pour remplacer les fonctionnaires partis en congés, nombreux en juillet-août. Les missions des nouvelles recrues nécessitent en général peu de qualification, sauf sur certains emplois - celui de chauffeur de poids lourd par exemple.
"La très grande majorité des agents saisonniers sont des étudiants de tous niveaux de diplômes, à la recherche d'une expérience professionnelle ou d'un financement pour leurs études", note l'Observatoire du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) dans une étude qu'il vient de consacrer à ces agents. Mais de plus en plus de chômeurs postulent aussi sur les emplois saisonniers, notamment dans l'espoir d'être titularisés plus tard. C'est ce que constatent les auteurs de cette étude, qui a été réalisée à partir d'entretiens avec les responsables d'une vingtaine de collectivités, principalement des stations balnéaires, des stations de haute montagne et des grandes collectivités.

Une vague de candidatures spontanées

Les emplois saisonniers sont rémunérés le plus souvent au Smic et rares sont ceux qui bénéficient des avantages sociaux offerts aux agents les plus anciens dans la collectivité. Ils sont recrutés sur des contrats courts, d'une durée de 15 jours à six mois au plus. La situation des personnes concernées est donc de facto précaire. Cela ne s'arrange pas forcément avec le temps : ce sont parfois les mêmes saisonniers qui sont recrutés d'année en année.
Malgré la précarité des emplois, les collectivités n'ont en général pas de trop de difficultés à trouver des candidats. Et ce, sans même faire de publicité. Sauf lorsqu'il s'agit de pourvoir des postes qui nécessitent une qualification bien précise, comme celle des maîtres-nageurs-sauveteurs. Pour attirer ces professionnels courtisés aussi par le privé, les collectivités doivent faire un effort certain en matière de rémunération.
L'un des principaux intérêts de l'étude est de décrire le processus de gestion des saisonniers par les collectivités. Un processus qui s'étale sur toute l'année, puisque les services définissent, dès la fin de la saison estivale, leurs besoins pour l'année suivante. Il appartient à l'assemblée délibérante de déterminer exactement, à l'occasion du vote du budget durant l'hiver, le nombre des saisonniers qui seront recrutés. Les candidatures spontanées commencent alors à arriver. Les collectivités réalisent les recrutements et informent les candidats très tôt, dès avril.
L'étude cite le chiffre de 76.750 "emplois saisonniers et occasionnels" au 1er janvier 2010. Mais on sait bien que cette date du 1er janvier, utilisée dans les études statistiques sur l'emploi, ne permet pas de prendre en compte les agents saisonniers estivaux, c'est-à-dire les plus nombreux. L'étude relève aussi que les centres de gestion ne disposent pas d'indication statistique sur ces emplois dans la mesure où ces derniers "ne sont pas soumis à une procédure obligatoire de déclaration de vacance de postes". L'Observatoire est toutefois en mesure de constater que "la tendance actuelle est à la baisse des effectifs" de saisonniers en lien avec la volonté de maîtrise du budget du personnel. Ceci, en s'appuyant sur plusieurs leviers : meilleure gestion des congés des permanents, heures supplémentaires,  redéploiement de certains postes.

 

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