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Fonction publique - Salaires : le gouvernement prêt à un geste pour les agents les plus "mal payés"

Le ministre de l'Action et des Comptes publics propose une hausse des salaires ciblée sur les seuls agents qu'il considère "mal payés", comme certains agents de catégorie C.  

Le gouvernement réfléchit à un geste pour les agents publics les plus "mal payés". Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, l'a annoncé vendredi, au lendemain de la journée de grève et de manifestations dans la fonction publique. L'exécutif entend "faire du rattrapage sur des métiers" comme celui d'"infirmière" ou "un certain nombre de métiers de catégorie C", a détaillé le ministre. Gérald Darmanin souhaite agir "pour certains métiers", ayant "décroché" soit "par rapport au secteur privé", soit "parce que les rémunérations sont faibles au regard de la difficulté des missions qui sont exercées", précise-t-on à Bercy. "Il y a des agents dans la fonction publique qui sont payés correctement et d'autres qui sont effectivement mal payés", a aussi expliqué le ministre. Le coup de pouce ne concernera donc pas "tout le monde". Gérald Darmanin a ainsi réaffirmé que le point d'indice, qui sert au calcul de la rémunération des fonctionnaires des trois versants de la fonction publique, resterait gelé. Son augmentation coûte "deux milliards" d'euros, pour "quelques euros sur la feuille de paie de ceux qui sont mal payés dans la fonction publique", a-t-il affirmé. Ce sujet "pourra être évoqué à l'occasion du prochain rendez-vous salarial", initialement prévu à l'automne et avancé à la mi-juin à la demande des organisations syndicales, indique le ministère (sur le rendez-vous salarial, voir notre article du 9 mars 2018).
Gérald Darmanin a par ailleurs confirmé la volonté de l'exécutif d'augmenter la part du salaire au mérite des agents. Il s'agit de l'un des quatre chantiers que son secrétaire d'Etat, Olivier Dussopt, abordera avec les représentants des syndicats et des employeurs publics, lors d'une concertation qui sera lancée le 29 mars et s'achèvera peu avant les élections professionnelles du 6 décembre prochain.

Hausse plus modérée des salaires en 2016

Dans les heures qui ont suivi les annonces du ministre, l'Insee révélait la décélération, entre 2015 et 2016, du rythme de progression du pouvoir d'achat des agents publics. Sur la période, le salaire net moyen des 5,67 millions d'agents a augmenté de 0,4% inflation comprise, alors qu'il s'était accru de 0,6% entre 2014 et 2015 (également en tenant compte de l'inflation), indique une étude de l'institut (à consulter ci-dessous dans son intégralité). Le rythme de croissance du pouvoir d'achat a ralenti dans tous les versants. Dans les hôpitaux et les collectivités territoriales, la hausse du salaire net moyen a été limitée à 0,4% (inflation comprise) entre 2015 et 2016 (contre respectivement 0,9% et 0,8% entre 2014 et 2015). De leur côté, les agents de l'Etat n'ont connu qu'une hausse de 0,2% entre 2015 et 2016 (après + 0,4% sur la période précédente).
Selon la même étude, les agents présents pendant deux ans chez le même employeur (soit les deux tiers des agents) ont bénéficié d'une progression effective de leur rémunération moyenne de 1,4%. Un résultat qui, là encore, s'avère en deçà de celui de 2015 (+1,8%). Et qui masque de forts écarts entre les versants, puisque la rémunération moyenne des agents de l'Etat et des hôpitaux concernés a augmenté respectivement de 1,7% et 1,4%, mais n'a progressé que de 1,1% pour les agents territoriaux.

 

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