Soutien de l'État aux énergies renouvelables : la filière répond aux critiques de la Cour des comptes

Le soutien aux énergies renouvelables (EnR) en France est d'une "très grande transparence" et constitue un investissement dans la résilience du système énergétique français, a estimé la filière ce 18 mars en réponse à la Cour des comptes qui a demandé à l'État une meilleure maîtrise des dispositifs existant en la matière (lire notre article).

"Que la Cour des comptes cherche à améliorer le pilotage de la dépense publique dédiée est légitime, et en tant que syndicat professionnel nous souscrivons pleinement à cette nécessité", a réagi Jules Nyssen, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). "Je regrette néanmoins vivement que la Cour altère le message général de son rapport en laissant entendre l'existence de fraudes généralisées", a-t-il poursuivi. Selon le dirigeant, le rapport de la Cour ne s'appuie que sur un seul document administratif - le rapport de conformité des installations — "dans lequel 849 suspicions d’écart ont été signalées représentant 0,11% des 755.297 contrats de soutien publics en vigueur fin 2024".

En outre, la recommandation de la Cour d'écarter systématiquement 20% des projets qui répondent aux appels d'offres pour renforcer la pression concurrentielle est à ses yeux un "non-sens" alors que le contexte actuel, avec la guerre au Moyen-Orient qui fait flamber les prix des hydrocarbures, "devrait au contraire nous inviter tous collectivement à accélérer la transition énergétique".

"Dans un contexte de forte volatilité des énergies fossiles, les énergies renouvelables ne sont pas seulement une ligne de dépense : elles sont un investissement dans notre souveraineté et notre résilience énergétique", a assuré pour sa part Jérémie Almosni, délégué général de France renouvelables.

L'association porte-parole des énergies renouvelables électriques en France rappelle que "le coût du soutien (public) est directement lié au cadre de développement fixé par l'État" qui s'est progressivement complexifié - restrictions d’usage des surfaces, contraintes paysagères et militaires, plafonds de hauteur, limitations de dimensionnement, raréfaction foncière organisée ou encore allongement des délais administratifs. "Ces conditions, combinées à une expression publique souvent critique à l’égard des projets, ont obéré les possibilités d’économies d’échelle et d’optimisation technologiques, ce qui conduit inéluctablement à renchérir le coût de production du MWh renouvelable en France", estime l'association. "Aujourd'hui, la France se distingue ainsi par le cadre de développement le plus contraignant d'Europe, ce qui pèse directement sur la compétitivité des projets et, mécaniquement, sur le niveau de soutien nécessaire", souligne-t-elle. 

 

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