Strasbourg devient la troisième "capitale européenne de l'ESS"

Promouvoir l'économie sociale et solidaire et sa place dans le projet européen, affirmer la vocation de "capitale européenne" de Strasbourg, y lancer le programme "territoire French impact"... c'était le triple objet de la réunion du 2 avril à Strasbourg entre des acteurs européens, nationaux et locaux de l'économie sociale et à l'invitation du haut-commissaire à l'ESS. Si Strasbourg devient "capitale européenne de l'ESS", c'est parce que la France préside en 2019 le comité de suivi de la déclaration de Luxembourg.

La ville de Strasbourg est devenue officiellement ce 2 avril "capitale européenne de l'ESS 2019". L'occasion, pour certains, d'apprendre que l'économie sociale et solidaire a chaque année depuis 2016 sa "capitale européenne", cela dans le cadre du comité de suivi de la déclaration de Luxembourg. Adoptée en 2015, initialement par les gouvernements espagnol, français, italien, luxembourgeois, slovaque et slovène, cette déclaration vise à favoriser "la création d'un écosystème plus complet pour les entreprises de l'économie sociale".

En 2019, après le Luxembourg, l'Espagne et la Slovénie - ces deux derniers avaient désigné les villes de Madrid et Maribor comme "capitale" en 2017 et 2018 -, la France préside le comité de suivi de la déclaration de Luxembourg, désormais constitué de 14 États membres (1), selon un communiqué du 6 décembre 2018.

Double promotion "ESS" et "capitale européenne" pour Strasbourg

Dans ce cadre, Christophe Itier, haut-commissaire à l'ESS et à l'innovation sociale, a proposé à la ville de Strasbourg de "porter" ce projet de capitale européenne de l'ESS. "La ville et l’eurométropole de Strasbourg allient leurs compétences en matière de social, de développement économique et d’innovation au service des publics afin de développer une économie où la personne est au centre du projet et où la coopération se concrétise au bénéfice du territoire", peut-on lire dans le communiqué.

Sous la houlette de la chambre régionale de l'ESS Grand Est, plusieurs événements devraient avoir lieu cette année pour promouvoir l'ESS, à commencer par un forum des projets qui a réuni ce 2 avril acteurs européens - dont la Commission européenne -, nationaux et locaux de l'ESS. Récent, le projet de "capitale européenne de l'ESS" est à ce stade peu cadré puisque, contrairement aux projets de capitale européenne de la culture ou de capitale verte européenne, la ville n'est pas sélectionnée à l'issue d'un appel à projets mais à la discrétion du président du comité de suivi de la déclaration de Luxembourg.  

"C’est une bonne nouvelle pour notre ville qui permettra de conforter la vocation européenne de Strasbourg", avait déclaré en décembre son maire Roland Ries. Une nécessité de "conforter" qui se pose d'autant plus aujourd'hui, à moins de deux mois des élections européennes et alors que la question du transfert du siège du Parlement européen de Strasbourg à Bruxelles a tout récemment refait surface.

Strasbourg a également été labellisé ce 2 avril "territoire French impact", dans le cadre du lancement de la démarche par le haut-commissariat à l'ESS dans les 20 territoires lauréats (voir notre article du 26 février 2019). Transition écologique, inclusion par l'accès à l'emploi et par l'entrepreneuriat, amélioration de la santé et du bien-être sont les trois "défis" que la métropole strasbourgeoise s'est fixée dans ce cadre.

La France pour un soutien global aux "entreprises engagées"

Christophe Itier et les autres membres du comité de suivi de la déclaration de Luxembourg entendent s'atteler à une "feuille de route ambitieuse" qui placerait l'ESS et l'innovation sociale "au cœur de la refondation du projet européen". Une feuille de route qui mériterait d'être précisée, concernant en particulier le champ des entreprises considéré. Le haut-commissaire à l'ESS a publié le 20 mars dernier une tribune sur le site de Forbes appelant à soutenir de façon globale les "entreprises engagées" et la responsabilité sociale des entreprises (RSE), à "sortir des frontières et des héritages qui nous enferment" et à cesser de "s’interroger sur la différence entre l’entreprise de l’économie sociale et solidaire et l’entreprise à mission, entre l’entreprise sociale et l’entreprise engagée".

(1) Les 14 pays membres du comité de suivi de la déclaration de Luxembourg sont : le Luxembourg, la France, l'Italie, la Slovaquie, la Slovénie, l'Espagne, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, Malte, la Suède, la Roumanie, le Portugal et la République tchèque.