Taputapuatea en Polynésie entre au patrimoine mondial et le périmètre de la Neustadt à Strasbourg élargi

Contrairement à nombre d'éditions précédentes, la 41e session du comité du patrimoine mondial de l'Unesco - qui se tient à Cracovie du 2 au 12 juillet 2017 - s'est déroulée sans anicroche pour les candidatures françaises. Les deux dossiers présentés par la France ont en effet obtenu gain de cause sans difficulté (voir notre article ci-dessous du 27 janvier 2016). Il s'agit en l'occurrence de l'inscription sur la liste du patrimoine mondial de Taputapuatea, sur l'île de Raiatea en Polynésie française, et de l'extension à la Neustadt du site de Strasbourg, qui avait été inscrit, dans son périmètre initial, en 1988.

Un point de rencontre entre le monde des vivants et celui des ancêtres

Située au cœur du "Triangle polynésien" - que l'Unesco présente comme "une vaste portion de l'océan Pacifique parsemée d'îles" -, le site de Taputapuatea, sur l'île de Raiatea, fait ainsi partie de la dernière zone du globe a avoir été peuplée par des sociétés humaines.
En pratique, le bien inscrit - d'une superficie de 2.124 hectares - se compose de deux vallées boisées, d'une portion de lagon et de récif corallien, ainsi que d'une bande de pleine mer. Il s'agit à la fois d'un paysage naturel et marin, mais aussi culturel (le site est d'ailleurs classé comme bien culturel et non pas naturel). Au cœur du site se trouve en effet le "marae Taputapuatea", qui est un espace politique, cérémoniel et funéraire, composé d'une cour pavée et d'une grande pierre dressée en son centre. Fréquents en Polynésie, les marae étaient des points d'intersection entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Selon le comité du patrimoine mondial, "Taputapuatea apporte un témoignage exceptionnel de 1.000 ans de civilisation ma'ohi".
Cette inscription au patrimoine mondial constitue une première pour la Polynésie française, mais aussi la troisième inscription pour un département ou territoire d'outre-mer, après les lagons de la Nouvelle-Calédonie (2008) et les pitons, cirques et remparts de l'île de La Réunion (2010), tous deux classés comme bien naturels.
Il sera également intéressant de mesurer l'impact touristique de cette inscription pour un site situé sur une île peuplée de seulement 12.000 habitants et située à plus de 200 kilomètres de Tahiti.

La trace d'une histoire complexe entre deux peuples

Le second site, qui bénéficie d'une extension de son périmètre, est celui de "Strasbourg : de la Grande-Ile à la Neustadt, une scène urbaine européenne", inscrit pour la première fois en 1988 et présenté aujourd'hui, de façon simplifiée, comme le site de la Neustadt.
L'extension autorisée par l'Unesco concerne en effet précisément la Neustadt, autrement dit la ville nouvelle réalisée sous administration allemande entre 1871 et 1918. Jusqu'alors, le périmètre inscrit concernait le cœur de Strasbourg, autour de la cathédrale et du quartier de la Vieille France.
Outre la trace d'une histoire complexe entre les deux peuples, l'intérêt de la Neustadt réside dans le fait qu'elle "s'inspire dans sa composition urbaine du modèle haussmannien, tout en adoptant un vocabulaire architectural germanique pour ses édifices. Cette double influence a permis de créer un schéma urbain spécifique à Strasbourg, où des perspectives construites à partir de la cathédrale modèlent un paysage singulier organisé autour des cours d'eau et des canaux".
L'attractivité culturelle et touristique de Strasbourg devrait se trouver encore accrue par ce classement qui, au même titre que la récente inscription des immeubles d'Auguste Perret au Havre, fait entrer dans le patrimoine mondial l'histoire et l'architecture contemporaine de la ville alsacienne.
 

 

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