Transports - TER : la région Paca rompt les négociations avec la SNCF et ouvre la voie à la concurrence

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) a décidé de rompre les négociations avec la SNCF pour la reconduction de la convention régissant le réseau des transports express régionaux (TER), et d'accélérer l'ouverture à la concurrence, a annoncé mercredi 5 octobre son président, Christian Estrosi. En cause : une qualité de service de la part de l'opérateur historique jugée comme étant "la pire de France".

Rien ne va plus entre la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) et la SNCF au sujet de l'exploitation des trains express régionaux (TER). "Je romps toute négociation avec la SNCF pour la reconduction d'une convention qui avait été signée il y a dix ans et qui voyait son terme arriver en décembre prochain", a affirmé Christian Estrosi lors d'une conférence de presse à Marseille, le 5 octobre. "J'engage l'accélération de l'ouverture à la concurrence dès 2019", et "même avant si l'Etat le permet", a indiqué le chef de l'exécutif régional, affirmant qu'il s'agissait d'une "première en France" et qu'il voulait faire de Paca une "région pilote" en la matière.
Le bras de fer entre la région et la SNCF a été engagé depuis plusieurs mois. En cause : une qualité de service que Christian Estrosi juge "la pire de France" avec 20% de trains en retard, 10% de trains annulés et un taux de fraude de 18%. Le président de Paca conteste le devis de 291 millions d'euros établi par la SNCF pour l'année en cours, estimant qu'il y avait "36 millions de trop" au vu des 40 trains supprimés en moyenne par jour depuis janvier, entre les grèves (86 jours depuis le début de l'année), les annulations et les "pannes de conducteur".
Du coup, la région veut franchir un pas supplémentaire. "Nous travaillons à la création d'un groupement européen de coopération territoriale qui associerait au moins Monaco et la Ligurie", en Italie, a déclaré Christian Estrosi, évoquant une collaboration possible avec la société italienne Thello, qui concurrence déjà la SNCF en assurant des liaisons ferroviaires entre la France et l'Italie. "Le train n'est pas toujours le plus adapté, des offres alternatives sont à l'étude", a ajouté Christian Estrosi, citant les "cars régionaux" et les "bus à haut niveau de service". Le président de région a également déclaré étudier la possibilité d'une gestion en régie pour organiser certaines lignes de transport ferroviaire, "sur le modèle des chemins de fer de Provence" pour contrecarrer "le monopole de la SNCF".
Le chef de l'exécutif régional a précisé avoir communiqué sa décision lundi au président de la SNCF Guillaume Pepy. "Le 3 novembre nous soumettrons aux élus (de la région) un budget unilatéral pour le devis de 2016", a affirmé Christian Estrosi, tout en assurant que les transports continueraient d'être assurés. La région "ne paiera que ce qu'elle doit", a-t-il dit.
Début septembre, les régions Paca et Auvergne-Rhône-Alpes avaient déjà annoncé leur intention d'imposer des pénalités à la SNCF en raison de suppressions de TER par manque de conducteurs, un problème reconnu par la compagnie ferroviaire qui avait dit vouloir "régler cette situation d'ici la fin de l'année". Guillaume Pepy avait admis en mars une "erreur de prévision" du nombre de départs à la retraite et promis le recrutement de 1.000 nouveaux conducteurs en 2016.
 

 

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