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Territoires zéro chômeur : la dimension financière "ne doit pas être le critère n°1"

La proposition de loi "Territoires zéro chômeur" sera examinée au Sénat en octobre. Alors que les débats se poursuivent sur les coûts et bénéfices de ce dispositif, la rapporteure du texte à l’Assemblée nationale, Marie-Christine Verdier-Jouclas, estime qu’il ne peut être évalué sous le strict angle financier. 

Adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, la proposition de loi sur l’insertion par l’activité économique et l’expérimentation "territoires zéro chômeur" continue de susciter la polémique. Comme l’an dernier, c’est à nouveau l’économiste Pierre Cahuc,  membre du comité scientifique d’évaluation du dispositif, qui a exprimé, à titre personnel, des critiques quant au coût et au ciblage du dispositif dans les quotidiens Les Echos et Le Monde, en s’appuyant sur certaines données issues de trois rapports publiés à ce sujet l’an dernier (voir notre article).

Des externalités non prises en compte

Alors qu’un nouvel avis de ce même comité scientifique est attendu à l’automne, la rapporteure du texte à l’Assemblée nationale, Marie-Christine Verdier-Jouclas, conteste une approche strictement budgétaire qui ne tient pas compte de l’ensemble des externalités positives qui sont difficiles à inscrire dans une évaluation. "Je sais qu’il y a des sujets où la finance ne doit pas être le critère n°1", a-t-elle affirmé lors d’une rencontre organisée par l’association des journalistes pour l’information sociale (Ajis) le mardi 22 septembre. Malgré les débats autour du rapport entre le coût et les bénéfices du projet, "on a fait le choix de dire que cela vaut le coup", explique-t-elle.

Amélioration de la vie familiale, accès à une meilleure couverture santé, progrès de la consommation locale… pour la députée, les impacts du retour au travail sont multiples. L’avantage de ce dispositif est qu’il "redonne confiance en soi" et permet de capter des publics éloignés de l’emploi qui ne sont pas intéressés par les formules classiques d’insertion par l’activité économique, uniquement sous CDD. Par ailleurs, plus de 600 personnes qui ne sont même pas passées par les EBE (entreprises à but d’emploi) ont retrouvé du travail dans des entreprises classiques à travers l’expérimentation "parce qu’il y avait une dynamique de projet", avance Marie-Christine Verdier-Jouclas. Si la députée ne se déclare "pas opposée à ce qu’il y ait des évaluations constructives", elle doute de la possibilité de "tout mesurer".

L’évaluation, un sujet "fondamental"

Pourtant, pour le président de l’association Territoires zéro chômeur de longue durée Laurent Grandguillaume, la question de l’évaluation n’en reste pas moins "fondamentale". "Dans notre pays, il y a un problème d’évaluation sur l’innovation sociale", a estimé le porte-parole de cette association, également présent à cette rencontre, qui porte le dispositif depuis son lancement en 2016. "On va s’appuyer sur des chercheurs et des universités à l’international pour aller plus loin", a-t-il expliqué afin de démontrer que le projet Territoires zéro chômeur a "un impact territorial mais aussi un impact pour les personnes", a-t-il déclaré.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il insiste sur l’importance, pour la prochaine évaluation du dispositif, de tenir compte des "critères de richesse" tels que le taux d’emploi, l’endettement des ménages, l’espérance de vie en bonne santé, la satisfaction des concitoyens, les inégalités de revenus ou la "pauvreté en conditions de vie". Une disposition qui a déjà été adoptée par amendement dans le texte lors de son examen à l’Assemblée nationale.

 

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