Transferts de technologies : un euro investi dans une Satt produit 15 euros dans les start-up

Les sociétés d'accélération du transfert de technologies (Satt), créées en 2012 pour faciliter le transfert de technologies de la recherche académique vers la mise sur le marché, ont permis le dépôt de 3.400 brevets. Leur impact sur le développement des entreprises qu'elles accompagnent est indéniable : un euro investi par une Satt en maturation crée 15 euros de valeur économique dans les start-up accompagnées. Le lien avec les collectivités s'est approfondi. Certaines, comme la région Occitanie, ont pris des parts dans leur capital. Elles comptent jouer leur rôle dans le cadre de la relance et de l'accélération des filières stratégiques définies par le programme d'investissement d'avenir 4.

Au 30 juin 2021, les sociétés d'accélération du transfert de technologies (Satt) ont analysé quelque 15.400 opportunités d'innovations. Elles ont permis le dépôt de 3.387 brevets sans compter les autres types de propriété intellectuelle, et ont signé 1.300 licences d'exploitation. Elles ont aussi permis la création de 598 start-up. Ces chiffres sont en progression chaque année, et même en 2020, malgré la crise liée à l'épidémie de Covid-19. "Nous sommes dans une progression et une volumétrie qui croient au fil des années", assure Caroline Dreyer, présidente du Réseau des Satt. Des innovations ou produits ont même pu être développés durant la crise pour répondre aux besoins du moment, comme la start-up EverCleanHead, créée en 2016 qui installe des bornes de désinfection des mains sans contact, ou Global Stim qui travaille sur une solution d'e-santé, ExoStim.

Ces Satt ont été instaurées entre 2012 et 2014 pour faciliter le transfert des innovations issues de la recherche académique vers la mise sur le marché. Créées par plusieurs établissements de recherche publics et l'Etat dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir (PIA), ce sont des sociétés par actions simplifiées. Leur mission : augmenter les impacts socio-économiques des résultats de la recherche et favoriser la création d'emploi en simplifiant, facilitant et accélérant le transfert de technologies. Leur rôle consiste ainsi à identifier les projets innovants, protéger les résultats de la recherche (brevets), mettre en place et gérer des projets, et commercialiser les innovations, sous forme de licences ou de création de start-up. "Même si de plus en plus de chercheurs s'intéressent aux démarches de valorisation, il y a un gros travail de sensibilisation qui reste nécessaire, explique Caroline Dreyer, il faut identifier ces pépites, et ensuite leur permettre, à travers le développement de toute une ingénierie, de se transformer et de devenir des produits."

Liens très forts avec les collectivités

Deux études réalisées ces dernières années montrent l'impact de ces structures. La première, réalisée fin 2019 à partir d'un panel de 404 entreprises, montre qu'elles sont valorisées à plus d'un milliard d'euros. Une valorisation cent fois supérieure au montant de leur capital à la création, et quinze fois au montant investi par les Satt en maturation technologique et en incubation. "Un euro investi par une Satt dans la maturation de résultats de recherche produit 15 euros de valeur économique", affirme Caroline Dreyer.

L'autre étude, portant sur un panel d'une centaine d'entreprises qui ont bénéficié du transfert de technologies grâce aux Satt, montre que leur performance est en progression de 17% par rapport à des entreprises qui n'ont pas bénéficié de ce soutien.

Ces Satt entretiennent des liens très forts avec les collectivités territoriales, qui les soutiennent de différentes manières. Les régions sont ainsi amenées à cofinancer des programmes de maturation ou financer des outils structurants comme pour la sensibilisation des jeunes chercheurs ou doctorants, l'aide à la constitution des équipes de direction pour les start-up qui se créent et portent les innovations. Pour exemple, la région Grand Est a ainsi soutenu l'opération "Team-to-market.fr", lancée par les Satt Conectus, Nord, Sayens. "Cette équipe de direction est cruciale pour la bonne conduite de la création d'entreprise, détaille la présidente du réseau, c'est l'équipe projet autour de qui tout se monte."

L'entrée des régions au capital des Satt

Depuis la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (Notr), les collectivités territoriales peuvent entrer au capital des Satt. La région Occitanie a ainsi pris des parts dans la Satt Toulouse Tech Transfer, tout comme Toulouse Métropole, et dans la Satt AxLR, avec Montpellier Méditerranée Métropole. "C'est une démarche assez récente qui peut se faire dans d'autres régions", souligne Caroline Dreyer. Dans le cadre de la Satt AxLR, 12.645 projets ont été évalués, 95 start-up accompagnées et 370 dossiers de propriété intellectuelle valorisés.

Côté financement, les Satt peuvent bénéficier du PIA 4, lancé en janvier 2021 et doté de 20 milliards d'euros sur quatre ans. "Il y a en particulier les filières stratégiques définies par l'Etat* sur lesquelles il y a des enjeux de souveraineté, explique Caroline Dreyer, il est évident que les Satt sont pleinement engagées dans ce dispositif, cela fait partie de ce qu'elles peuvent offrir : identifier des technologies qui ont des enjeux de souveraineté et développer toute l'ingénierie pour les rendre accessibles."

 

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