Tri des déchets ménagers : du mieux mais les marges de progression restent importantes

En 2023, la quantité d’ordures ménagères résiduelles (OMR) était de 223,5 kg en moyenne par habitant, soit une baisse de 172 kg depuis 1993, selon l’édition 2025 de Modecom®, une étude nationale analysant la composition des poubelles des Français publiée par l’Ademe. Malgré ces progrès, il reste d’importantes marges d’amélioration, près de 7 déchets sur 10 jetés dans la poubelle "grise" pouvant être triés ou valorisés autrement.

Peut toujours mieux faire : si la poubelle "grise" des Français s’est allégée de 172 kg par an et par habitant depuis 1993, pour atteindre en moyenne 223,5 kg d’ordures ménagères résiduelles (OMR) en 2023 (contre 252,7 kg en 2017), près de 7 déchets sur dix retrouvés dans ces OMR auraient pu être triés ou valorisés autrement, selon l’édition 2025 de Modecom®, une étude nationale analysant la composition des poubelles des Français publiée par l’Ademe le 19 décembre. 

En France métropolitaine, ce sont près de 37 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés (DMA) qui ont été collectés par le service public de gestion des déchets (SGPD) en 2023, indique l’étude qui note plusieurs mutations profondes concernant le contenu des OMR. Elle constate notamment une réduction nette des biodéchets dans les poubelles grises (-10%), signe selon l’Ademe que le tri des biodéchets commence à produire ses effets, et une diminution des papiers et emballages (-17%), "liée à la fois à l’amélioration du tri et à l’évolution des usages (moins d’impressions, plus d’utilisation du numérique)". "En toile de fond, ces tendances confirment l’impact des politiques publiques : extension des consignes de tri à tous les emballages, généralisation du tri à la source des biodéchets depuis 2024, montée en puissance des filières de responsabilité élargie du producteur", estime l’Ademe.

Du tri à faire dans la poubelle grise

Mais malgré les progrès, l’étude Modecom® montre que, en volume, 32% des OMR restent constitués de biodéchets, pourtant concernés par l’obligation de tri à la source depuis 2024, 27% correspondent à des déchets qui auraient dû être triés dans le bac jaune ou déposés en colonne d’apport volontaire pour les papiers et emballages (papiers, cartons, plastiques, etc.), 5% relèvent de la collecte séparée du verre et 5% également renvoient à d’autres filières de collecte dédiées (textiles, équipements électriques, médicaments…). La part des déchets véritablement résiduels - qui ne disposent pas à ce jour de filière de recyclage et qu’il est donc normal de retrouver dans la poubelle grise – reste stable, autour de 30%, tout comme la part d’erreur de tri, qui se maintient à environ 69%.

De nouvelles consignes qui portent leurs fruits

Les nouvelles consignes contribuent à l’amélioration du geste du tri, confirme également l’étude. Ainsi, avec plus de 3,4 millions de tonnes en 2023, soit 52,8kg par habitant, la collecte séparée multimatériaux (CSM), qui regroupe les papiers et les emballages ménagers hors verre destinés à être collectés dans le bac jaune ou les colonnes de tri, sont en hausse de 10% par rapport à 2017. Si la quantité totale de matériaux correctement triés demeure globalement stable, leur composition évolue sensiblement, selon l’étude qui révèle une diminution des papiers – un effet direct de la numérisation des usages – tandis que les emballages en carton et en plastique augmentent, à la fois sous l’effet des nouveaux modes de consommation et de la généralisation du tri à l’ensemble des emballages. "Ces éléments montrent que les Français trient mieux et davantage qu’auparavant, même si les nouvelles consignes du geste de tri (extension à tous les emballages) s’accompagnent d’une légère hausse des erreurs de tri", analyse l’Ademe.

Concernant les flux de collecte séparée des biodéchets, l’étude montre qu’ils proviennent à 12,5% de gaspillage alimentaire, à 69,4% d’autres biodéchets alimentaires et à 1,5% de déchets de jardin.  Une part non négligeable relève toutefois de déchets qui ne sont pas des biodéchets : papiers souillés (5,3%), emballages papiers (2,6%), sacs plastiques (3,3%) et déchets non conformes - putrescibles, autres papiers (5,4%).

Rôle central des déchèteries

Tout comme ceux de la dernière enquête "collecte" de l’Ademe (lire notre article), les résultats de Modecom® montrent que les déchèteries jouent un rôle central dans la collecte des déchets. "Les filières bien identifiées, comme le mobilier ou les métaux, affichent déjà d’excellentes performances, preuve que lorsque l’organisation est claire, le tri fonctionne", souligne l’Ademe. 

L’étude révèle également un important gisement de progression : une large part des déchets présents dans le tout-venant (75%) relève en réalité de filières REP, offrant un potentiel significatif pour augmenter la valorisation et réduire les tonnages résiduels. "Ces constats traduisent des marges d’amélioration structurantes, notamment pour accompagner la montée en puissance de la filière PMCB (produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment), renforcer la lisibilité des consignes, optimiser l’organisation des sites et renforcer la formation des personnels en déchèterie, relève l’Ademe. Ces actions, portées par les exploitants et les collectivités, feront des déchèteries des leviers majeurs pour améliorer la qualité des flux et accélérer les performances environnementales des territoires."

 

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