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Un appel à manifestation d’intérêt pour favoriser le "changement d’échelle" de projets associatifs dans les quartiers

Publié le
par
Caroline Megglé pour Localtis
dans

Associations

Economie sociale et innovation

Politique de la ville

Doté de 15 millions d'euros, un appel à manifestation d'intérêt piloté par le ministère de la Ville, en lien avec le haut-commissariat à l'économie sociale et solidaire et la démarche "French Impact", vise à accélérer le déploiement de projets associatifs ayant "fait leur preuve".  

Suite aux annonces de vendredi dernier (voir notre article du 15 février 2019), Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, a annoncé ce 19 février le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) destiné à "permettre aux associations de développer leurs solutions à plus grande échelle dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville" (QPV). La clôture des candidatures est fixée au 15 mars.
Doté comme prévu de 15 millions d’euros, l’AMI est lancé "en lien avec Christophe Itier, haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale". Il s’agit en effet de favoriser l’essaimage cher au haut-commissaire à l’ESS. Parmi les associations agissant pour la solidarité et la citoyenneté, "certaines, prêtes au changement d’échelle, ont mis en place des solutions qui ont fait leur preuve et qui peuvent être développées dans d’autres territoires fragiles en lien avec les acteurs locaux et les associations de proximité", peut-on lire dans le communiqué de presse.

Des projets "structurants" et intégrés dans le tissu local 

Le cahier des charges définit des "thématiques prioritaires" : "éducation, petite enfance et soutien à la parentalité ; logement et cadre de vie ; emploi, insertion sociale et professionnelle ; lien social, culture, accès aux droits et aux soins et participation citoyenne". Plusieurs conditions et critères d’éligibilité sont listés, dont la nécessité de projets structurants et portés en lien avec les ressources locales : "L’intégration dans le projet d’associations locales installées sur les quartiers ciblés, ou la collaboration avec ces associations est encou­ragée, ainsi que l’intégration dans le projet de jeunes volontaires en service civique."
L’AMI aura lieu en deux temps : une première étape de "labellisation d’initiatives" puis, pour les associations sélectionnées, un temps d’élaboration de "plans de déploiement, en lien étroit avec les acteurs des territoires". À l’issue de la première phase, les associations labellisées disposeront d’une aide de 7.000 euros maximum pour "couvrir les frais d’ingénierie liés à la construction des dossiers de déploiement".

Des "plans de déploiement" financés de façon dégressive pendant trois ans

Chaque plan devra ensuite être assez étoffé et comporter : une stratégie de déploiement et un budget "sur trois ans", un "budget d’une évaluation indépendante", "des courriers d’avis des collectivités concer­nées et des services de l’État", "des lettres d’intention des acteurs associatifs locaux mobilisés autour du projet". À l’issue d’une "évaluation de cette stratégie" et de "dialogues de partenariat et d’engagement" sur la base de ces plans, "des conventions pluriannuelles d’engagement seront signées et pourront donner lieu à des événements spécifiques de lancement". Aucun ordre de grandeur des montants de l’aide attribuée n’est indiqué, ni du nombre de projets qui seront retenus et devront se partager les 15 millions d’euros. "Le financement des plans de déploiement sera dégressif, à raison de 70% des coûts en année 1, 60% en année 2 et 50% en année 3", mentionne simplement l’AMI.
Selon le communiqué, "les associations lauréates s’inscriront dans la démarche de l’accélérateur d’innovation sociale et environnementale Le French Impact, pour consolider leur développement, leurs partenariats, lever les freins réglementaires et renforcer leur impact social et environnemental".
A priori, les projets labellisés feront forcément l’objet d’un "plan de déploiement", mais le ministère de la Ville se réserve le droit de procéder à une deuxième "vague de labellisation", c’est-à-dire de ne pas retenir certains, cela "en fonction du degré de maturité des projets".

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