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Développement des territoires - Un avis du Cese vante les bienfaits de l'économie de proximité

L’idée n’est pas neuve mais elle a fait son chemin : l’économie de proximité serait, selon le titre du projet d’avis voté par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) le 29 septembre, "une réponse aux défis majeurs de la société française". Son auteur, Pierre Martin, avait déjà, au nom de l’Union professionnelle artisanale (UPA) qu’il préside, plaidé la cause de cette économie (voir notre article du 19 septembre 2008). Depuis, les préoccupations environnementales, le chômage et la crise mondiale ont conforté l’économie de proximité dans un rôle essentiel. S’il n’existe aucune mesure de cette économie, Philippe Martin note tout de même que "la sphère présentielle (économie marchande de biens et services résidentiels), dans laquelle l’économie de proximité prend une place majeure, représentait en 2005, selon l’Insee, 40% de l’emploi salarié en France". Ces chiffres ont donc dû augmenter car, comme le souligne l’avis présenté au Cese, "les engagements du Grenelle de l’environnement ont renforcé l’émergence […] des circuits courts d’approvisionnement. 16,3% des exploitations agricoles font de la vente directe". Reste pourtant des obstacles difficiles à surmonter, comme "la difficulté à proposer une offre régulière et pérenne". L’avis propose de coordonner les acteurs de l’économie de proximité, en passant des conventions solides à l’intérieur de chaque territoire. Pierre Martin prend notamment exemple sur les systèmes productifs locaux (SPL)créés à la fin des années 1990 pour concentrer dans une zone géographique des entreprises qui mutualisent moyens, outils et savoir-faire. Il note que "la centaine de SPL labellisés représente 18.000 entreprises et 530.000 emplois directs" et que "ce dispositif a permis de dynamiser des territoires qui peinaient à trouver les clés de leur valorisation". De la même manière, les sociétés coopératives de production (Scop) permettent d’augmenter "le volume, la qualité de production mais également l’efficacité économique". Ainsi, les exemples du vin de Champagne et des jouets dans le Queyras sont, pour le rapporteur, éloquents. Les coopératives agricoles sont également à l’honneur dans le rapport du Cese avec "les initiatives des coopératives agricoles de l’Aquitaine d’approvisionnement en productions locales de la restauration collective [qui] méritent d’être développées dans d’autres régions". Mais pour l’ensemble de ces initiatives, Pierre Martin sollicite l’engagement des politiques et des territoires qui "doivent montrer leur attractivité selon d’autres critères [que le coût de la main d’œuvre], […] engager une action qui s’inscrive dans une vision stratégique à long terme afin d’éviter la logique souvent contre-productive du 'localisme' et s’attacher à favoriser une attractivité qui soit le produit du territoire lui-même". Des actions qui entraînent un changement des politiques publiques : "un nouvel urbanisme, fondé sur des lieux multifonctionnels et un freinage de l’étalement urbain", "une volonté politique forte de renforcer la présence de l’économie de proximité dans les centres-ville" et "le développement de nouveaux modes de financement public (avances remboursables, prêts à taux zéro, aides régionales…)". Le rapporteur souligne en effet que "les régions Bourgogne, Limousin et Rhône-Alpes sont allées jusqu’à conditionner [ces aides] à la création d’emplois". Enfin, il propose de "généraliser le fonds de soutien à la reprise d’entreprise" et de simplifier "les dispositifs de soutien à l’économie". Six grands chantiers ont donc été retenus par le Cese pour l’avenir. Leur objectif étant de favoriser les coordinations et les synergies au niveau des territoires.
Muriel Weiss