Un guide pour aider les collectivités à développer l'autopartage

L'Association des acteurs de l'autopartage vient de publier un guide à destination des collectivités pour accélérer le développement de l'autopartage, entravé par la pandémie. Si le service reste pour l'heure l'apanage des grandes agglomérations, l'association souligne qu'il peut se développer dans des villes moyennes et même des territoires peu denses, "s'il existe une forte volonté des collectivités". Et, dans le dernier cas au moins, quelques subsides…

L'autopartage – la mise en commun d'un ou d'une flotte de véhicules (véhicules légers et petits utilitaires) au profit d'utilisateurs abonnés ou habilités par le gestionnaire – n'a pas été épargné par la pandémie. Ses promoteurs estiment néanmoins qu'il a plutôt bien résisté. "Le nombre d'usagers [uniques] a été réduit seulement de 13% en 2020 par rapport à 2019" (de 339.000 à 294.000), souligne l'Association des acteurs de l'autopartage (AAA, qui regroupe 14 acteurs du secteur et 6 membres associés), en présentant les résultats du baromètre national établi par le Laboratoire ville, mobilité, transport (LVMT). "À périmètre constant", l'offre de véhicules est restée stable. Au 1er janvier dernier, 11.546 véhicules étaient partagés en France, contre 11.618 l'année précédente (à noter que l'association ne tient compte que des services disponibles 24h24, 7j/7, avec des conditions d'utilisation permettant a minima les trajets d'1h ou moins).

100% des métropoles, 2% des communes concernées

Dans le détail, on compte 9.312 véhicules disponibles dans 4.949 stations implantées dans 181 unités urbaines (soit 7% des 2.467 unités urbaines) et 2.234 véhicules "hors station", disponibles dans 12 unités urbaines. L'autopartage reste l'apanage des grandes villes : si le service est disponible dans toutes les métropoles, il ne l'est que dans 2% des communes (100% des villes de plus de 250.000 habitants, 83% de celles entre 50.000 et 249.999 habitants et 2% de celles de moins de 49.999 habitants).

Le classement établi en fonction du nombre de véhicules par milliers d'habitants (hors "B2B") montre toutefois que la taille ne fait pas tout. Ainsi, c'est la communauté de communes du Territoire de Lunéville à Baccarat (avec 1,01 véhicule/1.000 habitants) qui arrive en tête, devant la métropole du Grand Paris (0,85) et la communauté de communes de la Grande Vallée de la Marne (0,74). "Si l'autopartage s'est initialement développé dans les grandes agglomérations, il peut également être présent dans des territoires peu denses et des villes moyennes s'il existe une forte volonté des collectivités locales", estime l'association.

Plusieurs modalités d'autopartage…

Pour aider les décideurs locaux à mettre en œuvre ou favoriser le développement de l'autopartage, l'AAA vient d'éditer un guide particulièrement riche et didactique, élaboré avec le soutien de l'Ademe, et piloté par un comité réunissant notamment des représentants de l'Ademe, du Cerema, de la direction générale des transports, des infrastructures et de la mer (DGTIM), du Groupement des autorités responsables de transport (Gart), de France Urbaine ainsi que plusieurs élus.

Le guide rappelle d'abord les différentes formes que peut revêtir ce service :
- en boucle, système reposant sur une récupération et une restitution du véhicule au même point (une station), l'usager réservant le véhicule à l'avance pour une durée prédéfinie ;
- hors station (ou free floating), qui permet à l'usager d'emprunter un véhicule sans réservation et sans s'engager au préalable sur une durée précise. En outre, il peut restituer le véhicule sur n'importe quelle place libre située dans une zone prédéfinie ;
- combiné, c'est-à-dire mêlant les deux formes précédentes, chaque véhicule étant toutefois dédié à un seul mode ;
- entre particuliers, dans la sphère privée ou par l'intermédiaire d'une plateforme.

Le guide rappelle ensuite le mode de fonctionnement, le cadre juridique et réglementaire, les modalités économiques, de gestion et de développement de ces différents services, qui ne sont toutefois pas tous envisageables dans l'ensemble des collectivités.

… qui ne sont pas toutes ouvertes à l'ensemble des territoires

Le guide se divise enfin en trois parties, en fonction de la typologie des territoires, à savoir :
- les zones denses, "où tous les types de service peuvent y être envisagés". Le rôle des collectivités se borne alors essentiellement à créer les conditions favorables à leur déploiement ;
- les villes et agglomérations de taille moyenne, où "l'autopartage en boucle est presque toujours le service le mieux adapté, présentant le meilleur rapport coût/efficacité". Les auteurs du guide estiment que la rentabilisation d'un service d'autopartage y est possible, "mais un engagement de la collectivité est souvent nécessaire pour accompagner a minima les premières années de montée en charge" ;
- les zones de faible densité, où "l'unique forme d'autopartage accessible est celui en boucle". Son développement nécessite que "les collectivités compétentes s'impliquent dans le financement du service car l'équilibre économique est quasiment impossible à atteindre à partir des seules recettes commerciales", indique le guide. Il prend toutefois le soin de préciser que "le taux de couverture des dépenses par les recettes est en moyenne bien meilleur que pour beaucoup d'autres services de mobilité (transports collectifs interurbains, transport à la demande…)".

Modalités d'action

Le guide détaille les différentes options qui s'offrent aux collectivités pour mettre en œuvre un service d'autopartage : en régie, sous forme de marché public ou via un appel à projets, par le biais d'une délégation de services public ou encore via la constitution d'une société coopérative d'intérêt collectif.

Dans tous les cas, les collectivités sont invitées, d'une part, à réduire l'attractivité de la voiture individuelle, et d'autre part, à offrir des avantages à l'autopartage, comme la gratuité du stationnement sur voirie, l'autorisation de circulation dans les zones à trafic limité… Les collectivités sont également appelées à faciliter l'installation des stations aux endroits les plus propices et visibles, à intégrer le service dans les projets d'aménagement ou d'urbanisme, à fixer des montants de redevance d'occupation temporaire du domaine public "aussi incitatifs que possible", ou encore à montrer l'exemple, en s'inscrivant au service ou en rendant partageable une partie de leur flotte. Sans oublier la nécessaire promotion du service, notamment en lui donnant de la visibilité dans tous les supports de gestion de la mobilité : plans, signalétique, sites internet, applications, MaaS (Mobility as a Service)…

 

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