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Un premier bilan pour les Territoires d'industrie

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Michel Tendil / Localtis
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Développement économique

France

Les Territoires d'industrie montent en puissance : 85% d'entre eux auront finalisé leur plan d'actions d'ici la fin de l'année. 29 ont déjà contractualisé leur feuille de route. Trois nouveaux territoires rejoignent le programme, portant le nombre total à 144. L'Etat prévoit un coup de pouce pour les 25 territoires les plus "fragiles" en termes d'ingénierie.

Dix mois après leur lancement, les Territoires d’industrie sont en train de s’enraciner. 85% des 144 territoires aujourd’hui labellisés auront finalisé leur plan d’actions d'ici la fin de l'année, selon un premier bilan présenté le 24 septembre, à l’occasion du 3e comité de pilotage des Territoires d’industrie, présidé par la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Hervé Morin, président des Régions de France et Laurent Trogrlic, président de la commission économie de l’Assemblée des communautés de France (AdCF).
Sur le total, 29 territoires ont contractualisé leur feuille de route. Déjà plus de 260 millions d’euros (sur le 1,36 milliard annoncé pour la durée du quinquennat) ont déjà été engagés, dont près de 180 millions d’euros de la Banque des Territoires. A noter que trois nouveaux Territoires d’industrie complètent la liste des 141 territoires déjà labellisés : Vendée-Est, Lamballe Terre et Mer et Saint-Brieuc Baie d’Armor.

474 projets recensés

Toutes les régions ne sont pas au même niveau d’avancement. Le Centre-Val de Loire fait carton plein avec 9 contrats signés sur les 9 territoires de la région. En revanche, un seul des 14 territoires des Pays de la Loire a signé son contrat. Avec 18 Territoires d’industrie, la région Auvergne-Rhône-Alpes est la mieux représentée dans ce programme de "reterritorialisation" de la politique industrielle jusqu’ici cantonnée à une approche par filière.

Animé localement par des binômes intercommunalités-industriels, "ce dispositif décentralisé d’accompagnement de territoires industriels vise à répondre à leurs principaux enjeux de développement, notamment en matière d’attractivité, d’innovation, de recrutement ou encore de simplification", rappellent les partenaires dans un communiqué commun.

Signe de la montée en puissance du programme, depuis le printemps, le nombre de projets a doublé, avec un total de 474 projets recensés auprès des territoires. Près de la moitié d’entre eux (231) ont d’ores et déjà fait l’objet d’un engagement de l’Etat et des opérateurs pour un montant de 108 millions d’euros. Il en va de projets de reconversion de friches industrielles, de l’appropriation des technologies du numérique, de l’attractivité et de l’export ou encore de l’adaptation de l’offre de formation aux besoins des industriels, "un enjeu crucial pour les entreprises de ces territoires", soulignent les partenaires. Et bien sûr d’implantations de nouvelles usines. Parmi les projets les plus avancés figure la création d’une unité de fabrication de farine animale à base d’insectes, à Amiens.

25 territoires "fragiles" accompagnés

A l’occasion du comité de pilotage, Jacqueline Gourault a annoncé que 25 territoires "fragiles" bénéficieraient du financement de postes de chefs de projets pour deux ans (la moitié du coût sera pris en charge par l’Etat). Un coup de pouce à l’amorçage : "Si les territoires locaux ne prennent pas en main leurs projets de développement, cela ne va pas marcher, le but n’est pas de pérenniser les animateurs des territoires d’industrie mais de soutenir au démarrage certains territoires, en particulier les plus ruraux qui ont moins de moyens en matière d’ingénierie", souligne François Blouvac, responsable du programme à la Banque des Territoires.

Les Territoires d’industrie vont par ailleurs pouvoir s’appuyer sur les "volontaires territoriaux en entreprise" lancés au mois de mai avec Bpifrance sur le modèle du volontariat international en entreprise (VIE) qui existe depuis une vingtaine d’années.

S’agissant de l’allègement des procédures d'installation de nouvelles usines  – la complexité administrative étant considérée comme le talon d’Achille du site France – le Premier ministre vient d’annoncer un train de mesures visant notamment à fournir des sites "clés en main" aux industriels. Sans pour autant brader les obligations environnementales. La transition écologique fait d’ailleurs l’objet du cinquième pilier de "territoires d’industrie". Cet enjeu fera l’objet "dans les prochaines semaines, d’un travail approfondi entre l’Etat et les collectivités, en lien avec les stratégies régionales climat-air-énergie", précise le communiqué. "Le programme a de nombreuses portes d’entrée : il y a aussi une dimension de revalorisation de ce qu’est l’industrie en termes d’impact environnemental et d’attractivité des métiers proposés", insiste François Blouvac.

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