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Un sondage révèle "une forte demande de ruralité de la part des Français"

Publié le
par
Virginie Fauvel / Localtis
dans

Aménagement et foncier

Les Français plébiscitent la campagne et les villes moyennes, malgré le manque de services de proximité, et les grandes villes ne font plus rêver, selon une enquête menée par le Cevipof (Sciences Po) avec l'Association des maires de France (AMF) rendue publique le 22 octobre 2019. 

À la question "dans l'idéal, si vous aviez le choix, où préféreriez-vous vivre ?", 
• 45% des 15.308 sondés répondent "à la campagne"
• 41% "dans une ville moyenne" 
•  et 13% seulement dans une métropole. 
Une répartition qui ne varie quasiment pas en fonction de l'âge ou du niveau de diplôme.
"L'enquête montre que le rural est bien plus demandé que l'urbain et qu'en milieu urbain, les villes moyennes sont bien plus attractives que les villes de 200.000 habitants et plus", selon cette étude conduite auprès de plus de 15.000 personnes.
Un résultat qui va à l'encontre d'"idées reçues concernant la fracture territoriale", estime Luc Rouban, directeur de recherches au Cevipof. "L'explication la plus courante du mouvement des gilets jaunes est (...) que les périphéries rurales, de plus en plus dépourvues de services privés ou publics, s'opposent désormais à des agglomérations métropolitaines attractives qui concentrent les richesses", poursuit-il. Or, "l'absence de services de proximité" en milieu rural "ne produit pas une désaffection pour la campagne". "Le rural reste très demandé", alors que les grandes villes "constituent des destinations imposées par leur offre d'emplois ou leurs ressources éducatives", selon cette étude.

Rejet de la grande commune 

L’enquête révèle également que les habitants des communes de moins de 500 habitants sont fortement attachés à leur commune comme à son autonomie. L’idée de créer de grandes communes ou de transférer de nouvelles compétences aux intercommunalités est assez vivement rejetée dans les communes rurales alors même que 54 % des enquêtés qui y habitent estiment qu’ils se trouvent dans un territoire en difficulté. Cette absence de services de proximité ne débouche paradoxalement pas sur une demande de fusion ou de renforcement des intercommunalités "puisque 43% des habitants en milieu rural estiment que leur commune devrait rester comme elle est, en gardant ses compétences actuelles de proximité, et que 25% demandent même qu’elle retrouve plus de compétences par rapport à l’intercommunalité", d'après l'enquête.

Satisfaction des ruraux malgré les difficultés 

Malgré les difficultés auxquelles ils se heurtent dans la vie quotidienne, notamment en matière de transports, les enquêtés des communes de moins de 500 habitants déclarent être satisfaits de la vie qu’ils mènent en proportion supérieure (64%) à ce qu’elle est parmi les habitants des communes de 200.000 habitants et plus (60%). 
Inversement, le "handicap (des communes de moins de 500 habitants, NDLR) est moindre, comparé à la situation moyenne que l'on observe dans toutes les communes, en matière d'éducation, d'accès aux services de sécurité, mais aussi d'internet haut débit".
Le sondage se penche également sur la confiance envers les élus et montre que la confiance dans le "personnel politique" évolue en raison inverse de sa proximité. En moyenne, les enquêtés disent avoir tout à fait ou assez confiance en leur maire à proportion de 71%, contre 55 % en leur conseiller départemental, 49 % en leur conseiller régional, 40% en leur député et 36% en leur sénateur. En moyenne, 21% des enquêtés s’avèrent incapables de donner le nom de leur maire.

Surprise, un bilan des maires ruraux jugés satisfaisants

L'une des "surprises" de l’enquête tient à ce que si la moitié des maires des communes de moins de 500 habitants annonçaient, lors de l'enquête de 2018 pour l’AMF, leur volonté de ne plus se représenter aux élections municipales de 2020, leurs administrés sont bien plus satisfaits de leur bilan qu’ils ne le sont dans des communes de dimension plus importante.
Cela se traduit tout d’abord par "le fait que le bilan global de la municipalité est jugé bon à 60%, bien au-delà de ce que l’on observe dans les grandes villes, car cette proportion tombe à 44% dans les villes de plus de 30.000 habitants et à 39% dans les villes de 200.000 habitants et plus, pour une moyenne générale de 50%", détaille le sondage. 
Trois motifs de satisfaction parmi les habitants des communes rurales sont mis en évidence :
•  "le dynamisme et la volonté de monter des projets (12,8%)", 
•   "la capacité de dialogue et la disponibilité du maire (11,4%), un item bien plus bas en moyenne dans l’ensemble des communes (5%)", 
•  "la bonne gestion du budget (9,4%)". 
A contrario, les trois premiers motifs d’insatisfaction sont : 
•  "l’absence de projets ou l’incapacité à les mettre en œuvre (12,8%)", 
•  "l'absence de résolution d’un problème local précis (10%)" . "Souvent, l’absence de connexion internet à la fibre optique mais aussi parfois parce qu’il manque un feu au pont de X", est-il précisé dans l’enquête, 
•  "les mauvais contacts avec le maire liés à sa personnalité ou aux clivages locaux (5,4%)".

Concernant l'avenir 

Quant à l’avenir, le sondage montre que les attentes des habitants des communes de moins de 500 habitants sont très similaires à ce que l’on trouve dans des communes de taille plus importante, à quatre exceptions près : 
• des attentes plus fortes en matière de préservation de l’environnement (58% contre une moyenne de 48%)", 
• dans le domaine de la prise en charge des personnes âgées (23% contre 17%),
• "la demande d’un renforcement de la sécurité y est plus faible bien que réelle" (23% contre 33%),
•  "les attentes d’une politique attractive pour les entreprises sont plus basses (15% contre 30%)". 

L'enquête AMF-Cevipof a été conduite à partir d'un questionnaire de 68 questions par Ipsos Sopra-Steria, du 14 au 20 juin 2019 auprès de 15.308 Français de métropole constituant un échantillon représentatif de personnes inscrites sur les listes électorales.

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