Wifi4EU : démarrage imminent pour le réseau Wifi européen

En application du programme européen Wifi4EU, la Commission européenne devrait lancer dans les prochains jours un premier appel à projets pour attribuer 20 millions d’euros aux collectivités européennes souhaitant mettre à disposition le Wifi de l’UE dans leur territoire. Les acteurs français du secteur se mobilisent pour tirer parti de cette politique de rattrapage, malgré la concurrence croissante du réseau mobile dont les frais d’itinérance ont été supprimés dans le même périmètre en juin dernier.

Annoncé une première fois par Jean-Claude Junker en septembre 2016, puis confirmé par les institutions européennes en mai dernier, le plan programme Wifi4EU entame sa phase opérationnelle avec une première vague de projets au printemps 2018.
120 millions d’euros sont fléchés pour le déploiement de 6.000 à 8.000 bornes Wifi dans les collectivités européennes où l’offre existante est considérée comme insatisfaisante. Il s’agit d’un plan de rattrapage, qui cible les zones hors grandes métropoles, c’est-à-dire des collectivités aux moyens limités qui renoncent à la constitution d’un réseau Wifi propre leur permettant par exemple de promouvoir leurs commerces locaux, ou bien de récupérer les statistique d’utilisation afin de cibler leur clientèle touristique. Car c’est bien là une attente forte des collectivités qui se sont dotées d’un “Wifi territorial” : pouvoir exploiter, en plus des services de connectivité, une couche servicielle qui permet d’approcher les visiteurs et citoyens en accompagnant les parcours et en diffusant de l’information locale (voir notre article sur l’appropriation du Wifi par Marseille, Saint-Etienne, Strasbourg ou encore Tours).

Une première vague Wifi4EU lancée ce mois-ci

Le premier des six appels à projets prévus a été annoncé pour la mi-mars, avec un budget de 20 millions d’euros qui devrait impacter 1.000 collectivités sur tout l’Europe. L’enveloppe réservée aux collectivités françaises n’est pas précisée, mais l’esprit de péréquation qui anime ce programme devrait privilégier les pays les moins dotés sur le plan de la connectivité. Une centaine de collectivités françaises pourraient être concernées dans l’ensemble des six vagues de projet.
Les collectivités intéressées ont déjà pu pré-renseigner leur dossier sur le site internet de la Commission européenne, sans toutefois pouvoir dévoiler leurs projets ou fournisseurs pressentis. A compter du lancement, désormais imminent, de l’appel à projets, elles auront 6 à 8 semaines pour finaliser leur candidature, puis la sélection se fera selon le principe du “premier arrivé, premier servi”, même si, précise le CGET qui se fait le relais de l’initiative européenne, “l’équilibre géographique entre tous les pays de l’UE sera respecté”. Enfin, pour les collectivités sélectionnées, restera à faire réaliser les travaux par un prestataire qui sera remboursé directement par la Commission.

15.000 euros par collectivité sélectionnée : une incitation suffisante ?

Les espaces ciblés pour la couverture Wifi sont les points d’accueil du public (mairies, bibliothèques, maisons de santé, offices de tourisme) et les espaces publics structurants (places de marché, promenades). Ils seront équipés avec une enveloppe pouvant aller jusqu’à 15.000 euros par collectivité, à charge pour celle-ci d’assumer les frais de maintenance pendant au moins 3 ans, c’est-à-dire l’essentiel de l’effort financier total. Cette incitation n’est toutefois pas négligeable, quand on sait que Tours Métropole a installé près de 200 bornes pour un investissement de 100.000 euros.
Quelle est cependant la place du Wifi dans un territoire massivement couvert par les réseaux mobiles ?
Cette technologie a pour elle un coût de déploiement tout à fait abordable pour des collectivités en zone blanche, ou bien pour des élus qui souhaitent court-circuiter les opérateurs mobiles dans leur relation avec les internautes. Dans le cas d’un réseau Wifi4EU, ce n’est plus l’opérateur qui fera obstacle à la collecte de ces données de connexion mais les dispositions européennes d’encadrement du programme.
Sur le plan touristique, le Wifi doit composer depuis juin 2017 avec la suppression des frais d’itinérance dans toute l’UE. Les résultats n’ont pas tardé : la consommation de données en itinérance a connu une croissance de 435% dans l’Union Européenne entre l’été 2016 et l’été 2017. Les clientèles extra-européennes seront-elles plus captives des réseaux Wifi mis à disposition du public ?

Une mobilisation forte de l’écosystème Wifi français

La Firip entend bien soutenir le CGET dans la mobilisation des acteurs français du Wifi. “La Firip a été créée pour fédérer un écosystème alors éclaté, celui des RIP. Cinq ans plus tard, les acteurs du Wi-Fi se retrouvent dans le même cas. Rassembler, coordonner et porter l’action des prestataires Wi-Fi est une continuité logique de l’action de la FIRIP” explique son président, Etienne Dugas. D’autres intermédiaires, comme le Sictiam en région Paca, proposent d’accompagner les communes éligibles dans leur candidature.

 

Pour aller plus loin

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis

* champs obligatoires

Choix du format

 

Pour en savoir plus sur le traitement de vos données nous vous invitons à consulter notre Politique de protection des données à caractère personnelle